Les pensions de retraite de base ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026, conformément à la règle légale d’indexation sur l’inflation. Pour une pension de base de 1 000 € par mois, cela représente +9 € bruts mensuels, soit environ 108 € sur l’année. La première mensualité majorée a été versée le 9 février 2026 pour les retraités du régime général.
Mais cette hausse modérée masque une réalité plus contrastée. La retraite complémentaire Agirc-Arrco du secteur privé reste gelée jusqu’au 31 octobre 2026, ce qui signifie qu’aucune augmentation n’interviendra sur cette part de la pension pendant 12 mois. Voici ce que cela change concrètement pour votre budget.
Taux officiel 2026. Les pensions de retraite de base de droit direct et de droit dérivé sont revalorisées par application d’un coefficient de 1,009, soit +0,9 %, au 1er janvier 2026. Cette mesure s’applique au régime général (Cnav, Carsat, MSA), aux régimes spéciaux et aux pensions civiles et militaires.
Source : Service-Public.fr — Revalorisation des pensions au 1er janvier 2026Combien va augmenter votre retraite en 2026
Le calcul est simple : multipliez votre pension brute actuelle par 1,009 pour obtenir le nouveau montant. La revalorisation s’applique au montant brut, avant prélèvements sociaux (CSG, CRDS, Casa). Selon votre niveau de pension, voici ce que cela représente :
- Pension de base de 800 € : +7,20 € par mois, soit 86,40 € sur l’année
- Pension de base de 1 000 € : +9 € par mois, soit 108 € sur l’année
- Pension de base de 1 500 € : +13,50 € par mois, soit 162 € sur l’année
- Pension de base de 2 000 € : +18 € par mois, soit 216 € sur l’année
À titre de repère, la retraite moyenne tous régimes confondus atteint 1 541 € nets selon la Drees, mais ce chiffre inclut la part complémentaire — qui représente environ un tiers de la pension totale pour les anciens salariés du privé. Pour ceux-ci, l’augmentation effective sera donc plus limitée que les 0,9 % affichés, puisque la complémentaire est gelée.
Pourquoi 0,9 % et pas plus
Le mécanisme de revalorisation des pensions de base est encadré par l’article L. 161-23-1 du Code de la sécurité sociale. Le taux n’est pas politique : il est calculé à partir de l’évolution de la moyenne annuelle des prix à la consommation hors tabac, mesurée par l’Insee sur les douze derniers mois précédant octobre.
Pour 2026, l’inflation constatée sur cette période s’est établie à environ 0,948 %, arrondie à 0,9 % selon la confirmation du ministère du Travail et des Solidarités. C’est ce qui explique l’écart avec les hausses de ces dernières années — 5,3 % en janvier 2024, par exemple — qui reflétaient une inflation bien plus forte.
Notez un point important : le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 prévoyait initialement un gel total des pensions de base. Cette mesure d’économie a finalement été retirée du texte adopté le 16 décembre 2025 par les députés. Sans ce retrait, vous n’auriez touché aucune augmentation cette année.
⚠️ Point de vigilance
La hausse de 0,9 % s’applique sur le montant brut. Si la revalorisation vous fait franchir un seuil de CSG (de l’exonération vers le taux réduit de 3,8 %, ou du taux médian 6,6 % vers le taux normal 8,3 %), votre pension nette peut paradoxalement baisser. Vérifiez votre revenu fiscal de référence avant de calculer votre gain réel.
Calendrier de versement par caisse
La revalorisation s’applique sur les pensions dues au titre du mois de janvier 2026, mais le versement intervient en réalité en février — la mensualité de début janvier correspond en effet au mois de décembre. Les dates varient selon votre caisse :
- Cnav, Carsat, MSA (régime général et agricole) : premier versement majoré le 9 février 2026
- Régime local Alsace-Moselle : versement le 2 février 2026 avec rappel pour janvier
- Fonctionnaires d’État (SRE) : versement entre le 26 et le 30 janvier 2026
- Agents territoriaux et hospitaliers (CNRACL) : versement entre le 24 et le 28 janvier 2026
Deux exceptions ponctuelles sont à signaler pour 2026 : la pension d’avril sera versée le 7 mai (en raison du pont du 8 mai) et celle d’août le 7 septembre. Pour vérifier que la revalorisation a bien été appliquée, connectez-vous à votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr et comparez le brut versé avec votre montant 2025 multiplié par 1,009.
Le gel Agirc-Arrco : une perte sèche pour les anciens salariés du privé
Voilà le point qui change tout pour les 14 millions de retraités du secteur privé. La valeur du point Agirc-Arrco reste figée à 1,4386 € depuis le 1er novembre 2024 et le restera jusqu’au 31 octobre 2026. Concrètement, votre retraite complémentaire n’augmente pas d’un centime pendant 24 mois consécutifs, alors que l’inflation continue de progresser.
Cette situation est inédite depuis la fusion des régimes Agirc et Arrco en 2019. Elle résulte de l’échec des négociations entre partenaires sociaux lors du conseil d’administration du 17 octobre 2025. L’accord national interprofessionnel (ANI) signé en 2023 prévoyait pourtant une revalorisation égale à l’inflation hors tabac diminuée d’un facteur de soutenabilité de 0,4 point — soit une fourchette possible entre 0,2 % et 1 %. Faute de compromis entre syndicats et patronat, c’est le gel intégral qui s’est imposé.
L’impact financier est tangible. Pour un ancien cadre dont la complémentaire représente 50 % de la pension totale, la hausse réelle sur l’ensemble de la retraite n’est que de 0,45 % en 2026 — pas 0,9 %. Pour un retraité non-cadre dont la complémentaire pèse environ un tiers, le gain effectif tourne autour de 0,6 %.
Les minima sociaux suivent la même trajectoire
Plusieurs prestations adossées au système de retraite sont également revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026. C’est le cas de l’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (Aspa), ex-minimum vieillesse, qui passe à 1 043,59 € par mois pour une personne seule (contre 1 034,28 € en 2025) et 1 620,18 € pour un couple. Ce montant constitue à la fois le plafond de ressources et le seuil garanti par cette aide différentielle.
Le minimum contributif (Mico), qui complète les retraites des assurés ayant peu cotisé au régime général, suit une règle distincte : il est indexé sur le SMIC et a été revalorisé de 1,18 %, conformément à l’article L. 351-10 du Code de la sécurité sociale. Au 1er janvier 2026, son montant atteint 756,29 € pour le Mico non majoré et 903,93 € pour le Mico majoré.
Le minimum de pension de réversion du régime général est porté à 334,92 € par mois pour les conjoints survivants justifiant d’au moins 60 trimestres d’assurance. L’allocation veuvage, elle, atteint désormais 719,58 € mensuels.
Aspa et succession. Le seuil de récupération sur succession de l’Aspa, indexé sur l’inflation, passe à 108 586,14 € en métropole au 1er janvier 2026 (contre 107 616,60 € en 2025). Dans les DROM, ce seuil reste à 150 000 €. En deçà, l’État ne récupère pas les sommes versées au défunt.
Source : Bulletins officiels — Instruction interministérielle DSS du 15 décembre 2025Ce que vous gardez vraiment après prélèvements
L’augmentation de 0,9 % s’applique au brut. Sur le net que vous percevez réellement, plusieurs prélèvements interviennent : CSG (de 0 à 8,3 % selon votre revenu fiscal de référence), CRDS (0,5 %) et Casa (0,3 %). Pour une pension de base, la retenue totale peut atteindre 9,1 % du brut quand vous êtes au taux normal de CSG.
Les seuils 2026 d’application des taux de CSG ont été relevés de 1,8 % par rapport à 2025, le gel du barème prévu par le gouvernement Lecornu n’ayant finalement pas été retenu. Pour les pensions versées en 2026, votre taux de CSG est déterminé par votre RFR 2024 figurant sur l’avis d’imposition reçu en 2025 :
- Exonération totale (0 %) : RFR inférieur à 13 048 € pour 1 part (20 016 € pour 2 parts)
- Taux réduit (3,8 %) : RFR entre 13 049 € et 17 057 € pour 1 part
- Taux médian (6,6 %) : RFR entre 17 058 € et 26 472 € pour 1 part
- Taux normal (8,3 %) : RFR au-delà de 26 472 € pour 1 part
Bonne nouvelle côté impôt sur le revenu : l’abattement de 10 % sur les pensions est maintenu, le projet de remplacement par un forfait fixe de 2 000 € ayant été abandonné. Le plancher passe à 454 € et le plafond à 4 439 € par foyer fiscal, soit une revalorisation de 0,9 %.
Que faire pour compenser la stagnation Agirc-Arrco
Pour ma part, après avoir suivi de près l’évolution des régimes complémentaires depuis une décennie, je constate que ce gel inédit oblige à repenser sa stratégie de revenus à la retraite. Compter exclusivement sur les régimes obligatoires devient mécaniquement plus risqué quand l’un des piliers cesse de suivre l’inflation.
Plusieurs leviers existent pour compenser cette érosion. Le Plan d’Épargne Retraite (PER) reste un outil pertinent pour ceux qui sont encore en activité ou en début de retraite, avec une déduction des versements du revenu imposable et la possibilité d’une sortie en capital fractionné. Pour les retraités déjà liquidés, l’assurance-vie offre une enveloppe souple permettant de générer des compléments réguliers via des rachats partiels programmés, tout en bénéficiant d’une fiscalité avantageuse au-delà de 8 ans de détention.
Pour aller plus loin sur le sujet, vous pouvez consulter notre dossier sur la réforme des retraites et ses conséquences sur votre budget, ainsi que notre analyse des avantages du PER pour les actifs préparant leur sortie.
Quand on regarde les chiffres froidement : un retraité du privé avec 1 800 € de pension globale dont 600 € de complémentaire perd environ 6 € par mois en pouvoir d’achat réel sur la part Agirc-Arrco gelée, si on retient une inflation 2026 autour de 1 %. Sur 12 mois, c’est 72 € qui s’évaporent. Ce n’est pas dramatique sur un budget mensuel, mais c’est une vraie alerte sur la dépendance aux régimes obligatoires. C’est précisément ce que mes parents constatent depuis novembre 2024.
Perspectives : que se passera-t-il à l’automne 2026
La prochaine échéance majeure se joue au 1er novembre 2026, date à laquelle les partenaires sociaux devront décider du sort de la valeur du point Agirc-Arrco pour la période suivante. Trois scénarios sont actuellement envisagés selon les analyses syndicales :
- Une revalorisation modérée entre 0,5 % et 1 %, alignée sur l’inflation à venir
- Un rattrapage partiel des 24 mois de gel, avec un ajustement supérieur à l’inflation
- Un nouvel échec des négociations, qui pourrait déboucher sur une action en justice — la CFDT et la CGT étudient une assignation devant le tribunal judiciaire fondée sur l’ANI 2024
Pour la retraite de base, le mécanisme reste automatique. Le taux applicable au 1er janvier 2027 sera connu fin décembre 2026, basé sur l’évolution de l’inflation hors tabac sur les 12 mois précédant octobre 2026. À ce stade, les premières estimations pourraient situer cette revalorisation autour de 1 à 1,5 %, mais ces projections restent conditionnées à la trajectoire effective des prix.
Questions fréquentes
Quand vais-je toucher la première pension augmentée ?
Cela dépend de votre caisse. Pour le régime général (Cnav, Carsat, MSA), le premier versement majoré a été effectué le 9 février 2026, et correspond à la pension du mois de janvier. Pour les fonctionnaires d’État, le versement est intervenu fin janvier 2026. Si vous relevez du régime local Alsace-Moselle, le versement a eu lieu le 2 février avec un rappel pour janvier.
Pourquoi ma retraite Agirc-Arrco n’a-t-elle pas augmenté ?
Le régime Agirc-Arrco, qui gère la retraite complémentaire des anciens salariés du privé, est piloté par les partenaires sociaux indépendamment de l’État. Faute d’accord entre syndicats et patronat lors du conseil d’administration du 17 octobre 2025, aucune revalorisation n’a été votée. La valeur du point reste donc à 1,4386 € jusqu’au 31 octobre 2026 au plus tôt. C’est la première fois que ce régime connaît un gel complet depuis sa création en 2019.
Comment vérifier que la hausse a bien été appliquée à ma pension ?
Connectez-vous à votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr (régime général) ou sur le site de votre caisse. Comparez le montant brut versé en février 2026 avec celui de décembre 2025 : il doit avoir augmenté de 0,9 % pour la part de base. Si le montant net diffère davantage, vérifiez votre taux de CSG — un changement de taux peut expliquer un net différent malgré la revalorisation du brut.
Les retraités modestes sont-ils mieux protégés ?
Oui, dans une certaine mesure. Les bénéficiaires de l’Aspa profitent d’une revalorisation similaire de 0,9 %, portant le minimum vieillesse à 1 043,59 € par mois pour une personne seule. De plus, les retraités exonérés de CSG (RFR inférieur à 13 048 € pour une part) conservent l’intégralité de la hausse en net. Enfin, l’allocation veuvage et le minimum contributif ont également été revalorisés.
Mes impôts vont-ils augmenter avec cette hausse ?
Pas mécaniquement. Les tranches du barème de l’impôt sur le revenu ont également été relevées de 0,9 % dans la loi de finances 2026, ce qui neutralise l’effet d’une revalorisation strictement équivalente. L’abattement de 10 % sur les pensions est maintenu, avec un plafond porté à 4 439 € par foyer fiscal. Vigilance toutefois : si votre RFR vous fait basculer dans une tranche supérieure de CSG, votre pension nette peut baisser malgré la hausse du brut.
Que faire si je touche moins que prévu en février 2026 ?
Plusieurs explications possibles : un changement de taux de CSG suite à l’évolution de votre RFR, un ajustement de prélèvement à la source, ou une régularisation de cotisations. Connectez-vous à votre espace personnel pour consulter le détail des prélèvements appliqués. Si l’erreur vient de la caisse, contactez-la directement avec votre numéro de Sécurité sociale et la copie de votre dernier décompte.
Sources
- Service-Public.fr — Pensions de retraite de base : revalorisation au 1er janvier 2026
- Info-retraite.fr — Revalorisation de la retraite de base en 2026
- Instruction interministérielle DSS du 15 décembre 2025 — Bulletins officiels Solidarités
- Ministère du Travail et des Solidarités — Ce qui change au 1er janvier 2026
- Circulaire Cnav du 22 décembre 2025 — Revalorisation au 1er janvier 2026
- Service des Retraites de l’État — Revalorisation au 1er janvier 2026
Cet article a une vocation informative. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les données présentées (taux, plafonds, seuils) sont valables au 1er janvier 2026 et peuvent évoluer. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Pour toute décision relative à votre retraite ou à votre épargne, consultez un professionnel agréé.


