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Les avantages du Plan d’Épargne Retraite (PER) en 2026

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans
Mis à jour le 23 avril 2026 · 10 min de lecture
avantages du plan d'epargne retraite

Donnée-clé : fin septembre 2025, le PER comptait 12,7 millions de titulaires pour un encours total de 141,1 milliards d’euros, en hausse de 19 % sur un an (source : ministère de l’Économie, février 2026).

Créé par la loi PACTE du 22 mai 2019, le Plan d’Épargne Retraite (PER) a remplacé en un produit unique les anciens PERP, contrats Madelin, PERCO et Article 83 — dont la commercialisation a cessé le 1er octobre 2020. Son ambition : simplifier l’épargne retraite en offrant un cadre fiscal attractif, une vraie souplesse de gestion et des options de sortie inédites.

Mais le PER n’est pas un produit miracle. Derrière l’avantage fiscal à l’entrée se cachent des subtilités à la sortie, des frais variables et un blocage de l’épargne qu’il faut mesurer. Cet article fait le tour des vrais atouts du PER — et de ses limites — pour vous aider à décider en connaissance de cause.

Qu’est-ce que le PER ? Les 3 compartiments

Le PER se compose de trois compartiments, chacun alimenté par des sources différentes :

Compartiment 1 — Versements volontaires. C’est le cœur du PER individuel (PERin). Vous effectuez des versements libres, déductibles ou non de votre revenu imposable selon votre choix. Ce compartiment concentre à lui seul plus de 82 milliards d’euros d’encours, soit près de 60 % du total.

Compartiment 2 — Épargne salariale. Il accueille les sommes issues de l’intéressement, de la participation, de l’abondement employeur et des jours de CET (Compte Épargne Temps, c’est-à-dire les jours de congé convertis en argent). Ces versements sont exonérés d’impôt sur le revenu à l’entrée.

Compartiment 3 — Versements obligatoires. Il reçoit les cotisations obligatoires de l’employeur ou du salarié dans le cadre d’un PER d’entreprise. La sortie se fait uniquement en rente viagère (rente versée à vie).

Grâce à cette architecture, le PER se distingue par une grande liberté de choix : vous pouvez centraliser toute votre épargne retraite dans un seul produit, quel que soit votre statut (salarié, indépendant, fonctionnaire ou sans activité).

PER assurance vs PER bancaire (comptes-titres)

Il existe aujourd’hui un très large choix de PER individuels sur le marché. Ils se répartissent en deux grandes familles qu’il est important de distinguer.

Le PER assurance

C’est le format dominant : environ 75 % des encours PER sont détenus par des assureurs (source : France Assureurs). Un PER assurance qui propose des fonds en euros permet d’accéder à une poche sécurisée dont le capital est garanti par l’assureur. Les rendements moyens des fonds en euros PER se situaient entre 2,5 % et 2,8 % nets de frais de gestion en 2025 — nettement au-dessus du Livret A, passé à 1,7 % en février 2026.

Le PER assurance intègre aussi un volet successoral grâce à la clause bénéficiaire : en cas de décès avant la retraite, le capital peut être transmis hors succession dans certaines limites, un peu comme une assurance vie.

Le PER comptes-titres (ou PER bancaire)

Le PER comptes-titres (ou PER bancaire) fonctionne différemment : il donne accès directement à des titres financiers — actions, obligations, ETF, OPCVM. Les frais de gestion y sont souvent plus bas et l’univers d’investissement plus large. En contrepartie, il n’y a ni fonds en euros garanti ni avantage successoral spécifique de type assurance.

Le choix entre les deux dépend de votre profil d’épargnant : le PER assurance convient aux profils prudents ou équilibrés qui recherchent un socle sécurisé, tandis que le PER bancaire s’adresse aux investisseurs dynamiques qui privilégient les frais réduits et la diversité des supports.

Les supports d’investissement disponibles

Les PER proposent une large gamme de supports d’investissement, qui s’est considérablement enrichie ces dernières années :

Fonds en euros : capital garanti, disponibles uniquement dans les PER assurance. Rendement moyen autour de 2,5 % à 2,8 % en 2025 (source : France Assureurs).

Unités de compte (UC) : fonds actions, obligataires, immobiliers (SCPI, SCI, OPCI) et diversifiés. Elles offrent un potentiel de rendement supérieur mais présentent un risque de perte en capital.

ETF (trackers) : de plus en plus accessibles dans les PER en ligne, ils répliquent un indice boursier (CAC 40, MSCI World…) à des frais très réduits (souvent inférieurs à 0,3 % par an).

Près de la moitié des encours PER est aujourd’hui investie en unités de compte. Ce basculement traduit une réalité : sur un horizon de 15 à 30 ans (typique de l’épargne retraite), les supports dynamiques ont historiquement surperformé les fonds garantis.

La loi Industrie Verte (2024) a par ailleurs renforcé l’orientation vers l’économie réelle : les PER en gestion pilotée doivent désormais flécher une part des actifs vers le capital-investissement (PME/ETI) et les fonds d’infrastructure.

L’avantage fiscal à l’entrée : déduction du revenu imposable

C’est l’argument phare du PER. Chaque euro versé volontairement peut être déduit de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel calculé ainsi (source : service-public.fr) :

Pour les salariés en 2026 : 10 % des revenus professionnels nets, avec un plafond de 37 680 € et un plancher de 4 806 €.

Pour les TNS (travailleurs non salariés) : le plafond peut atteindre 88 911 € grâce à la majoration de 15 % au-delà du PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale, fixé à 48 060 € en 2026).

Concrètement, un salarié imposé à la TMI (Tranche Marginale d’Imposition) de 30 % qui verse 5 000 € sur son PER économise 1 500 € d’impôt. À la TMI de 41 %, l’économie atteint 2 050 €. L’avantage est donc d’autant plus marqué que votre TMI est élevée.

Nouveauté 2026 : les plafonds non utilisés sont désormais reportables sur 5 ans (contre 3 ans auparavant), ce qui offre une marge de manœuvre appréciable si vos revenus fluctuent. En revanche, la déductibilité est supprimée après 70 ans (loi de finances 2026).

Option « non-déduction » : si vous êtes peu ou pas imposé, vous pouvez renoncer à la déduction fiscale à l’entrée. Dans ce cas, au moment de la sortie, le capital versé (hors gains) sera exonéré d’impôt — seules les plus-values subiront les prélèvements. Cette option rapproche le PER d’un fonctionnement comparable à l’assurance vie.

Les options de sortie : rente, capital ou mixte

C’est l’une des améliorations majeures par rapport aux anciens PERP et Madelin, qui imposaient quasi systématiquement une sortie en rente. Le PER vous laisse choisir au moment de la retraite :

Sortie en capital : vous récupérez votre épargne en une ou plusieurs fois. La part correspondant aux versements déduits est soumise au barème de l’IR (sans abattement de 10 %). Les gains sont soumis au PFU de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux — la CSG ayant été relevée de 1,4 point par la LFSS 2026).

Sortie en rente viagère : vous percevez un revenu régulier à vie. Le PER vous propose la rente par paliers, la rente avec annuités garanties, la rente réversible au conjoint ou encore la rente progressive. Ces options permettent d’adapter les versements à vos besoins réels à la retraite. La rente est imposée comme une pension après abattement de 10 %, plus les prélèvements sociaux sur une fraction qui dépend de votre âge au premier versement.

Sortie mixte : vous combinez capital et rente — par exemple en récupérant une partie pour financer un projet, tout en conservant le reste sous forme de rente pour vos revenus réguliers.

Déblocage anticipé : le PER prévoit 6 cas de sortie avant la retraite : acquisition de la résidence principale, invalidité (catégorie 2 ou 3), décès du conjoint ou partenaire de PACS, expiration des droits au chômage, surendettement et liquidation judiciaire (source : service-public.fr). Pour les accidents de la vie, la fiscalité est très favorable (exonération du capital versé). Pour l’achat immobilier, les versements déduits réintègrent votre revenu imposable — attention à l’impact sur votre TMI.

Transfert des anciens contrats (PERP, Madelin, Article 83) vers un PER

Si vous détenez un ancien PERP, un contrat Madelin, un PERCO ou un Article 83, le transfert de ces anciens contrats vers un PER est possible et souvent avantageux. Vous conservez l’antériorité fiscale de vos versements tout en accédant à la flexibilité du nouveau cadre : sortie en capital, gestion pilotée modernisée, supports diversifiés.

Le transfert est gratuit si votre ancien contrat a plus de 5 ans. Pour les contrats de moins de 5 ans, les frais sont plafonnés à 1 % de l’encours. Le délai réglementaire de transfert est de 2 mois maximum à compter de la réception du dossier complet.

Ce mécanisme de portabilité est un vrai atout : il vous permet de regrouper votre épargne retraite, de comparer les offres et de migrer vers un PER plus compétitif sans perdre vos droits.

Les limites et points de vigilance

Le PER n’est pas adapté à tous les profils. Voici les principaux écueils à connaître :

Blocage de l’épargne. Hors les 6 cas de déblocage anticipé, votre argent est indisponible jusqu’à la retraite. Si vous avez besoin de liquidité à moyen terme, une épargne de précaution sur livret ou une assurance vie seront plus adaptées.

Fiscalité à la sortie. L’avantage fiscal à l’entrée n’est pas un cadeau : c’est un report d’imposition. Si votre TMI à la retraite est identique ou supérieure à celle de votre vie active, le gain fiscal peut être nul voire négatif. Le PER est surtout pertinent quand vous anticipez une TMI plus basse à la retraite qu’en activité.

Hausse des prélèvements sociaux. Depuis le 1er janvier 2026, la CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 %, portant les prélèvements sociaux du PER à 18,6 % (contre 17,2 % pour l’assurance vie, qui a été épargnée). Le PFU global sur les gains PER atteint désormais 31,4 %.

Les frais. Frais sur versement (jusqu’à 3-5 % dans certains contrats bancaires classiques), frais de gestion annuels (0,5 % à 1 % sur les UC), frais d’arbitrage… Ces coûts grignotent le rendement sur la durée. Les PER en ligne affichent généralement des frais bien inférieurs.

Fin de la déduction après 70 ans. La loi de finances 2026 supprime la déductibilité des versements volontaires pour les épargnants de plus de 70 ans. Si vous approchez de cet âge, la fenêtre d’optimisation se referme.

FAQ — Questions fréquentes sur le PER

Le PER est-il intéressant si je suis peu imposé ?

Pas forcément via la déduction fiscale. Mais l’option « versements non déduits » peut rester pertinente : vos gains seront soumis au PFU à la sortie, mais le capital versé sera exonéré. Comparez avec une assurance vie avant de vous décider.

Puis-je avoir plusieurs PER ?

Oui, il n’y a pas de limite au nombre de PER. Mais le plafond de déduction fiscale s’applique globalement, tous PER confondus. Regrouper vos contrats simplifie la gestion et permet souvent de réduire les frais.

Que se passe-t-il en cas de décès ?

Pour un PER assurance, le capital est transmis aux bénéficiaires désignés dans la clause, avec un cadre fiscal avantageux (similaire à l’assurance vie pour les versements effectués avant 70 ans). Pour un PER bancaire, l’épargne entre dans la succession classique.

PER ou assurance vie : lequel choisir ?

Les deux sont complémentaires. Le PER est un outil de défiscalisation à l’entrée, idéal si votre TMI est de 30 % ou plus. L’assurance vie offre la liquidité et un cadre successoral supérieur. La plupart des stratégies patrimoniales combinent les deux. Pour en savoir plus sur les rendements comparés, consultez notre article sur l’estimation du rendement des SCPI, un support souvent logé dans ces deux enveloppes.

Conclusion

Le PER est un outil puissant pour préparer sa retraite — à condition de l’utiliser à bon escient. Son avantage fiscal réel dépend de votre TMI actuelle et future, de votre horizon de placement et de votre besoin de liquidité. Avant de souscrire, comparez les contrats (frais, supports, options de gestion) et n’hésitez pas à consulter un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) ou un conseiller en investissements financiers (CIF) pour adapter le PER à votre situation personnelle.


Avertissement : cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. placer-mon-argent.fr est un site éditorial indépendant ; il n’est ni conseiller en investissements financiers (CIF), ni courtier, ni établissement bancaire. Les informations présentées sont vérifiées aux meilleures sources disponibles (service-public.fr, economie.gouv.fr, France Assureurs) mais peuvent évoluer. La fiscalité décrite s’applique à la date de publication (avril 2026) et est susceptible de modifications législatives. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Avant toute décision, nous vous recommandons de consulter un professionnel habilité (CGP, CIF, notaire) adapté à votre situation.

Sources : service-public.fr (PER, fiche F34982) · economie.gouv.fr (communiqué PER T3 2025, 17/02/2026) · France Assureurs (bilan PER 2025) · Loi de finances 2026 n°2026-103 · LFSS 2026 n°2025-1403.

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Antoine Mercier

Investisseur particulier · Diplômé en économie (Dauphine)

Antoine investit depuis 12 ans et partage sur Placer Mon Argent ses analyses indépendantes pour vous aider à faire les bons choix financiers.