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Abattement fiscal des retraités : Ce qui change en 2026

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans
Mis à jour le 18 juin 2026 · 7 min de lecture
Retraité consultant des documents fiscaux et relevés de pension à son domicile pour comprendre les nouvelles règles d’abattement fiscal applicables en 2026.

En 2026, l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite est maintenu, avec un plancher de 454 € par pensionné et un plafond de 4 439 € par foyer fiscal. La réforme qui visait à le remplacer par un forfait de 2 000 € a été écartée. Seule évolution : une revalorisation de 0,9 % des montants, alignée sur le barème de l’impôt sur le revenu.

Concrètement, si vous déclarez vos pensions perçues en 2025 ce printemps 2026, rien ne change sur le principe. C’est précisément ce qui rend l’année particulière : après des mois d’incertitude budgétaire, le dispositif vieux de près de cinquante ans reste en place, légèrement réévalué. Voici le détail des montants, du calcul, et de l’abattement supplémentaire réservé aux plus de 65 ans.

Abattement 10 % — montants 2026 (revenus 2025). L’administration applique automatiquement un abattement de 10 % sur le total des pensions du foyer. Minimum : 454 € par pensionné. Maximum : 4 439 € par foyer fiscal. Aucune démarche, aucune condition d’âge ni de ressources.

Source : Service-Public.fr — Déclarer les pensions de retraite (vérifié le 15 avril 2026)

Comment fonctionne l’abattement de 10 %

Le principe est en vigueur depuis 1978. Il compense pour les retraités l’absence de frais professionnels que les actifs, eux, peuvent déduire. L’administration applique 10 % sur le montant net imposable de l’ensemble de vos pensions, puis calcule l’impôt sur le solde. L’abattement ne touche pas votre pension versée : il réduit uniquement la base imposable.

Ce taux de 10 % s’applique à toutes vos pensions de vieillesse : retraite de base (régime général, agricole, fonction publique), retraite complémentaire (Agirc-Arrco, RAFP), mais aussi pensions d’invalidité et de réversion. Un cadre du privé qui touche une retraite de base et une pension Agirc-Arrco voit les deux montants additionnés avant l’application du taux.

Le calcul est encadré par deux bornes. En bas, un plancher de 454 € par pensionné protège les petites pensions : si vos 10 % aboutissent à moins que ce montant, c’est le plancher qui s’applique. En haut, un plafond de 4 439 € par foyer fiscal limite l’avantage. Au-delà de 44 390 € de pensions cumulées, vous êtes au plafond, et chaque euro supplémentaire est imposé sans abattement additionnel.

Trois exemples concrets : pour une pension de 3 000 € par an, les 10 % donnent 300 €, mais le plancher relève l’abattement à 454 €. Pour 30 000 €, l’abattement plein de 3 000 € s’applique, et l’impôt porte sur 27 000 €. Pour un foyer à 50 000 € de pensions, les 10 % atteindraient 5 000 €, mais l’abattement est ramené au plafond de 4 439 €. Le détail du calcul figure dans notre guide complet de l’abattement fiscal retraite 2026.*

Femme retraitée analysant des documents fiscaux et des informations numériques concernant les nouveaux abattements fiscaux.

Ce qui change en 2026 : la réforme avortée

L’automne 2025 a tenu en haleine près de 17 millions de retraités. L’article 6 du projet de loi de finances pour 2026 prévoyait de supprimer l’abattement de 10 % et de le remplacer par une déduction forfaitaire fixe de 2 000 € par retraité. L’argument du gouvernement : le système actuel serait « anti-progressif », puisque plus la pension est élevée, plus l’économie d’impôt est forte.

Le rapporteur général du budget a chiffré l’impact : 39 % des retraités auraient été perdants, contre 12 % de gagnants, avec une hausse d’impôt déclenchée dès 1 667 € de pension mensuelle. Le 13 novembre 2025, l’Assemblée nationale a rejeté l’article par 213 voix contre 17, un vote transpartisan rare. Le Sénat a ensuite proposé une voie médiane — conserver les 10 % mais plafonner à 3 000 € — qui n’a pas davantage été retenue.

Au terme du parcours budgétaire, début 2026, le dispositif a été maintenu intégralement. Pour mémoire, l’abattement de 10 % représente, selon la Cour des comptes, un coût d’environ 4,5 milliards d’euros par an pour l’État — ce qui explique pourquoi le sujet revient régulièrement dans les débats. Mon conseil : ne considérez aucune de ces données comme figée d’une année sur l’autre, et vérifiez vos montants sur votre avis d’imposition.

L’abattement spécial pour les plus de 65 ans

Beaucoup de retraités l’ignorent : un second abattement existe, prévu par l’article 157 bis du Code général des impôts. Il est réservé aux personnes âgées d’au moins 65 ans au 31 décembre 2025 (nées avant 1961) ou aux titulaires d’une invalidité reconnue, et il est cumulable avec l’abattement de 10 %. Contrairement à ce dernier, il dépend de vos revenus.

Abattement spécial 65 ans et plus — montants 2026. Revenu net global jusqu’à 17 670 € : 2 822 € (une personne) ou 5 644 € (couple, deux éligibles). Entre 17 670 € et 28 430 € : 1 411 € (une personne) ou 2 822 € (couple). Au-delà de 28 430 € : aucun abattement.

Source : BOFiP — article 157 bis du CGI, abattement personnes âgées ou invalides

L’effet de ce cumul peut être décisif pour les foyers modestes. Un retraité seul de 68 ans percevant 15 000 € de pension, avec un revenu net global sous 17 670 €, déduit 1 500 € au titre des 10 % puis 2 822 € au titre de l’article 157 bis, soit 4 322 € de déduction totale. Pour un couple où les deux conjoints ont plus de 65 ans, l’abattement spécial peut effacer jusqu’à 5 644 € de revenu imposable, parfois de quoi sortir du seuil d’imposition.

Historique et évolution

L’abattement de 10 % a été instauré en 1978 pour aligner le traitement fiscal des pensions sur celui des salaires. Son plancher et son plafond sont depuis indexés chaque année sur la limite supérieure de la première tranche du barème de l’impôt. La revalorisation de 0,9 % retenue pour 2026 suit l’inflation hors tabac mesurée par l’INSEE.

Sur les dernières années, le plafond est passé de 4 399 € (revenus 2024) à 4 439 € (revenus 2025), et le plancher de 450 € à 454 €. Des hausses modestes, mais leur maintien constitue en soi l’événement de 2026 : la véritable nouveauté tient au fait que le mécanisme n’a pas été supprimé, alors qu’il était directement menacé dans le texte budgétaire initial.

Ce que ça change pour vous concrètement

L’abattement réduit votre revenu imposable, donc votre impôt, mais il agit aussi sur votre revenu fiscal de référence (RFR). Un RFR plus bas préserve l’accès à plusieurs droits : taux réduit ou exonération de CSG sur les pensions, certaines aides au logement, exonérations locales, complémentaire santé solidaire. Surveiller son RFR sur l’avis d’imposition est donc utile bien au-delà du seul montant d’impôt.

⚠️ Erreur fréquente

Le plafond de 4 439 € s’applique par foyer fiscal, pas par personne. Un couple de retraités ne cumule donc pas 2 × 4 439 € : il partage un seul plafond pour l’ensemble de ses pensions. Le plancher de 454 €, lui, s’apprécie bien par pensionné.

Une vérification s’impose chaque printemps : contrôlez que l’abattement a bien été appliqué. Le montant de vos pensions est prérempli à partir des données transmises par vos caisses ; en cas d’erreur de transmission, c’est à vous de corriger la case avant de valider. Le simulateur officiel de l’administration fiscale permet de recalculer votre impôt et de repérer un écart.

Centre des finances publiques avec des retraités effectuant des démarches administratives liées à leur fiscalité.

Optimiser au-delà de l’abattement

L’abattement étant automatique, il n’y a rien à « activer ». Le levier d’optimisation se situe surtout en amont, pendant la vie active ou en début de retraite, via les versements déductibles sur un Plan d’Épargne Retraite, qui réduisent le revenu imposable l’année du versement. Pour en comprendre le fonctionnement, voyez les avantages du Plan d’Épargne Retraite (PER).

Une précision indispensable : le PER est un placement de long terme, dont les sommes restent bloquées jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi (achat de la résidence principale, accidents de la vie). À la sortie, la fiscalité dépend du mode de récupération : à noter qu’un capital issu d’un PER ne bénéficie pas, lui, de l’abattement de 10 % réservé aux pensions versées sous forme de rente.

Questions fréquentes

L’abattement de 10 % est-il supprimé en 2026 ?

Non. La suppression prévue par le projet de loi de finances a été écartée. L’abattement de 10 % est reconduit pour l’imposition des revenus 2025, avec ses plafonds revalorisés de 0,9 % : 454 € de plancher et 4 439 € de plafond par foyer.

Faut-il faire une démarche pour en bénéficier ?

Aucune. L’abattement de 10 % est appliqué automatiquement par l’administration sur la base des montants déclarés par vos caisses de retraite, sans condition d’âge ni de ressources. L’abattement spécial des plus de 65 ans est lui aussi automatique, dès lors que vos revenus respectent les seuils.

Les deux abattements sont-ils cumulables ?

Oui. L’abattement de 10 % sur les pensions et l’abattement spécial de l’article 157 bis se cumulent. Pour un retraité de plus de 65 ans à revenus modestes, l’effet combiné peut réduire fortement, voire annuler, l’impôt sur le revenu.

Quelles pensions n’ouvrent pas droit à l’abattement ?

L’ASPA (minimum vieillesse), l’ASI et les allocations du minimum vieillesse sont exonérées d’impôt : elles n’entrent pas dans le calcul. Un capital retraité d’un PER en sortie en capital ne bénéficie pas non plus de l’abattement de 10 %.

Quand les montants seront-ils à nouveau révisés ?

Les plancher, plafond et seuils sont réindexés chaque année dans la même proportion que la première tranche du barème de l’impôt, généralement fixée en loi de finances de fin d’année. Les montants 2027 dépendront de l’inflation constatée et des arbitrages budgétaires à venir.

Sources

Cet article fournit une information générale sur la fiscalité des pensions de retraite. Les montants et seuils cités correspondent à l’imposition des revenus 2025 (déclaration 2026) et sont susceptibles d’être révisés chaque année. Ce contenu ne constitue pas un conseil en investissement ni un conseil fiscal personnalisé. Pour une situation individuelle, rapprochez-vous de l’administration fiscale ou d’un professionnel agréé.

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Antoine Mercier

Investisseur particulier · Diplômé en économie (Dauphine)

Antoine investit depuis 12 ans et partage sur Placer Mon Argent ses analyses indépendantes pour vous aider à faire les bons choix financiers.