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Désindexation des Retraites : Qui Est Concerné et Quel Impact ?

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans
Mis à jour le 19 juin 2026 · 7 min de lecture
Femme retraitée comparant ses dépenses et ses revenus sur tablette.

La désindexation des retraites consiste à ne plus revaloriser les pensions au rythme de l’inflation. Pour 2026, cette mesure a finalement été écartée par le Parlement : les pensions de base ont augmenté de 0,9 % au 1er janvier 2026. Le débat n’est pas clos pour autant, et une partie des pensions — les complémentaires Agirc-Arrco — échappe déjà, de fait, à toute indexation automatique.

Revalorisation 2026 : au 1er janvier 2026, les pensions de retraite de base ont été revalorisées de 0,9 %, conformément à la règle légale d’indexation sur l’inflation. Le gel prévu par le projet de budget a été supprimé par les députés lors de l’examen du texte.

Source : Service-Public.fr — Pensions de retraite de base, revalorisation au 1er janvier 2026

Qu’est-ce que la désindexation des retraites ?

En France, les retraites de base sont indexées sur les prix : chaque année, elles sont revalorisées en fonction de l’inflation constatée, mesurée par l’Insee. Cette règle, inscrite à l’article L.161-25 du Code de la Sécurité sociale, s’applique depuis 1987 dans le privé et 2003 dans la fonction publique. Concrètement, le coefficient retenu correspond à la moyenne annuelle des prix à la consommation hors tabac sur les douze derniers mois connus.

La désindexation revient à rompre ce lien : on cesse d’augmenter les pensions au même rythme que les prix. Le montant en euros ne baisse pas, mais le pouvoir d’achat recule mécaniquement, puisque la vie continue de renchérir pendant que la pension stagne. C’est exactement ce mécanisme qui explique pourquoi certaines pensions n’ont pas augmenté en janvier 2025.

Il faut distinguer deux degrés. Le gel correspond à une revalorisation nulle (0 %), tandis que la sous-indexation applique une hausse inférieure à l’inflation (par exemple +0,5 % alors que les prix montent de 1,5 %). Les deux produisent le même résultat à terme : une érosion du niveau de vie des retraités.

Qui est concerné par la désindexation des retraites ?

Le projet de gel initial visait toutes les pensions de base, soit la quasi-totalité des 17,3 millions de retraités recensés par la Drees fin 2024. Ce sont les pensions versées par la Cnav, les Carsat, la MSA et les régimes de la fonction publique qui auraient été figées. Les députés ont supprimé cette disposition, et la revalorisation légale a été maintenue.

Tous les régimes ne suivent cependant pas les mêmes règles. Les retraites complémentaires Agirc-Arrco du secteur privé ne dépendent pas de la loi : leur revalorisation est décidée par les partenaires sociaux. Faute d’accord, la valeur du point n’a pas bougé au 1er novembre 2025, soit un gel de fait qui pèse surtout sur les anciens cadres, pour qui la complémentaire représente une large part de la pension totale.

Type de pension Règle de revalorisation Situation 2026
Retraite de base (privé, public, MSA) Indexation sur l’inflation (prix hors tabac) +0,9 % au 1er janvier
Complémentaire Agirc-Arrco Décidée par les partenaires sociaux 0 % depuis le 1er nov. 2025
Minima (Aspa, minimum contributif) Indexation sur l’inflation +0,9 % au 1er janvier

Une autre piste, régulièrement évoquée dans les débats, consisterait à cibler les pensions les plus élevées tout en préservant les retraités modestes. Cette modulation reste une hypothèse de travail : à ce jour, aucun gel ciblé n’a été adopté pour 2026.

Quel impact concret sur votre pension ?

Prenons une pension de base de 1 200 € par mois. La revalorisation de 0,9 % appliquée au 1er janvier 2026 représente +10,80 € par mois, soit environ 130 € sur l’année. Modeste, mais positif : sans elle, la pension serait restée figée à son niveau de 2025.

À l’inverse, en cas de désindexation, l’écart se mesure par rapport à l’inflation. Si les prix progressent de 1 % et que la pension est gelée, un retraité touchant 1 500 € perd environ 15 € de pouvoir d’achat par mois, soit près de 180 € sur l’année. La somme paraît limitée une année isolée, mais elle se cumule.

⚠️ À ne pas confondre

Désindexer une pension ne signifie pas la baisser : son montant en euros reste identique. C’est le pouvoir d’achat qui recule, puisque les prix continuent d’augmenter pendant que la pension stagne. Sur plusieurs années consécutives, l’effet se cumule et devient significatif.

C’est précisément la mécanique du temps long qui inquiète. Entre 2014 et 2024, les pensions ont été gelées ou sous-indexées à plusieurs reprises, ce qui s’est traduit par une perte de pouvoir d’achat mesurable pour de nombreux retraités, plus marquée pour ceux dont la complémentaire pèse lourd dans la pension totale.

La désindexation, une vieille habitude budgétaire

L’idée n’a rien d’inédit. Des mesures de sous-indexation ont déjà été appliquées en 2014, 2019 et 2020, le plus souvent dans un contexte de faible inflation qui en atténuait l’effet. Pour 2025, le gouvernement avait même envisagé de décaler la date de revalorisation du 1er janvier au 1er juillet, une forme déguisée de sous-indexation.

Le budget 2026 a poussé la logique plus loin avec un projet de gel total assorti d’une sous-indexation programmée jusqu’en 2030. Ce scénario a été rejeté par l’Assemblée nationale, et la loi de financement de la Sécurité sociale a finalement été adoptée sans gel des pensions de base.

Et pour 2027 ? Ce qui peut encore changer

Le sujet pourrait revenir. La sous-indexation de 0,4 point envisagée pour 2027-2030 a été écartée du budget 2026, mais elle reste dans le débat public, porté par la recherche d’économies sur les comptes sociaux. Rien n’est acté à ce stade, et toute évolution dépendra des arbitrages budgétaires des prochaines lois de finances.

Du côté des complémentaires, la prochaine échéance est connue : le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco doit se réunir à l’automne 2026 pour décider d’une éventuelle revalorisation, applicable au 1er novembre 2026. Là encore, la décision appartient aux partenaires sociaux, et non au Parlement.

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans

Ce que je retiens de la dernière décennie : l’indexation des pensions sur l’inflation n’est jamais totalement acquise. Entre 2014 et 2024, les revalorisations ont été partielles ou nulles à plusieurs reprises. C’est l’une des raisons pour lesquelles je considère qu’une épargne retraite complémentaire n’est pas un luxe, mais une marge de sécurité face aux décisions budgétaires.

Retraité calculant son budget face à l’évolution de ses revenus.

Comment limiter l’impact sur votre retraite ?

La meilleure protection contre une désindexation reste de ne pas dépendre uniquement de la pension publique. Une épargne retraite complémentaire, constituée pendant la vie active, permet d’amortir les années où la revalorisation est faible ou nulle. Le plan d’épargne retraite (PER) et l’assurance-vie figurent parmi les enveloppes les plus utilisées pour cet objectif.

Chaque solution a ses contraintes. Le PER est un placement de long terme dont les sommes sont bloquées jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi (achat de la résidence principale, accidents de la vie). La diversification entre supports garantis et supports plus dynamiques permet d’ajuster le couple rendement-risque selon votre horizon et votre tolérance au risque.

Questions fréquentes

La désindexation des retraites est-elle actée pour 2026 ?

Non. Le gel des pensions de base prévu dans le projet de budget a été supprimé par les députés. Les pensions de base ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026, selon la règle légale d’indexation sur l’inflation. La sous-indexation envisagée jusqu’en 2030 a elle aussi été écartée.

Les retraites complémentaires sont-elles concernées ?

Oui, mais par un autre canal. Les complémentaires Agirc-Arrco ne dépendent pas de la loi : leur revalorisation relève des partenaires sociaux. Faute d’accord, la valeur du point n’a pas été revalorisée au 1er novembre 2025, ce qui équivaut à un gel de fait pour les retraités du privé. La prochaine décision est attendue à l’automne 2026.

Une pension peut-elle baisser à cause de la désindexation ?

Non, pas en valeur. Une pension gelée ou sous-indexée conserve son montant en euros : elle n’est jamais réduite. C’est le pouvoir d’achat qui diminue, car les prix augmentent pendant que la pension reste stable ou progresse moins vite que l’inflation.

Sources

Service-Public.fr — Pensions de retraite de base : quelle revalorisation au 1er janvier 2026 ?
Insee — Quelles règles d’indexation des retraites pour diminuer la sensibilité du système à la croissance ? (Insee Analyses n° 109)
Drees — Les retraités et les retraites, édition 2025

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les données chiffrées (taux de revalorisation, montants de pension) correspondent aux informations en vigueur à la date de publication et sont susceptibles d’évoluer. Avant toute décision concernant votre épargne retraite, rapprochez-vous d’un professionnel agréé.

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Antoine Mercier

Investisseur particulier · Diplômé en économie (Dauphine)

Antoine investit depuis 12 ans et partage sur Placer Mon Argent ses analyses indépendantes pour vous aider à faire les bons choix financiers.