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Hausse de la CSG sur les revenus du capital : ce qui change en 2026

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans
Mis à jour le 7 mai 2026 · 11 min de lecture
rue française avec agence bancaire, distributeur automatique et passants de différentes générations.

Depuis le 1er janvier 2026, la CSG sur certains revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 %, soit une hausse de 1,4 point. Le taux global des prélèvements sociaux atteint désormais 18,6 % sur les placements concernés (contre 17,2 % auparavant), et le PFU (« flat tax ») grimpe mécaniquement de 30 % à 31,4 %. Cette mesure ne touche pas tous les placements : l’assurance-vie, les livrets réglementés, le PEL, le CEL et les revenus fonciers en sont expressément exclus.

La donnée clé. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, article 12) crée une « contribution financière pour l’autonomie » (CFA) de 1,4 point qui s’ajoute à la CSG sur certains revenus du capital. Le taux global des prélèvements sociaux passe ainsi de 17,2 % à 18,6 %, et le PFU de 30 % à 31,4 %.

Source : Service-Public Entreprendre — Évolution du taux du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU)

Pourquoi cette hausse a été votée

L’origine de la mesure est budgétaire. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a entériné la suspension de la réforme des retraites de 2023, dont le coût est estimé à 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard d’euros en 2027 selon le gouvernement. Pour compenser, le législateur a créé une nouvelle contribution financière pour l’autonomie (CFA) qui vient s’ajouter à la CSG sur les revenus du capital.

Concrètement, cette CFA de 1,4 point est affectée à la branche autonomie de la Sécurité sociale. Elle vise à financer durablement le recrutement de personnels en EHPAD et l’accompagnement des personnes âgées dépendantes. C’est donc une hausse fléchée, pas une augmentation diffuse des prélèvements obligatoires.

Le rendement attendu de la mesure avoisine 1,5 milliard d’euros de recettes annuelles. Le périmètre initial, plus large, aurait rapporté environ 3 milliards, mais l’amendement gouvernemental n° 1104 adopté le 4 décembre 2025 a réduit l’assiette en excluant l’assurance-vie, l’épargne logement et l’immobilier locatif. C’est ce compromis qui a été promulgué.

Quels revenus sont concernés par la hausse à 18,6 %

Le taux global de 18,6 % (10,6 % de CSG + 0,5 % de CRDS + 7,5 % de prélèvement de solidarité) s’applique désormais aux revenus du capital qui ne figurent pas dans la liste limitative des exclusions. Le législateur a visé en priorité l’épargne financière détenue hors enveloppes fiscales avantageuses.

Sont notamment concernés par la hausse :

  • les dividendes d’actions et autres revenus de valeurs mobilières ;
  • les plus-values de cession de valeurs mobilières et de droits sociaux ;
  • les intérêts des livrets bancaires non réglementés, des comptes à terme et des comptes courants rémunérés ;
  • les revenus et plus-values logés dans un compte-titres ordinaire ;
  • les revenus et plus-values d’un PEA et d’un PEA-PME ;
  • les plus-values de cession d’actifs numériques (cryptomonnaies, jetons) ;
  • les produits d’épargne salariale (PEE, PEI, Perco) lors du déblocage ;
  • les revenus des loueurs en meublé non professionnels (LMNP) ;
  • les rentes viagères à titre onéreux et les plus-values professionnelles à long terme.

Pour les investissements en actions, en ETF ou en cryptomonnaies, le risque de perte en capital reste entier — la hausse de la CSG ne fait que diminuer marginalement le rendement net en cas de gain, mais ne modifie en rien le risque sous-jacent.

⚠️ À ne pas confondre

La hausse à 10,6 % concerne uniquement la CSG sur les revenus du capital. La CSG appliquée aux salaires (9,2 %) et aux pensions de retraite (de 0 % à 8,3 % selon le revenu fiscal de référence) n’est pas modifiée par cette réforme. Si vous êtes salarié ou retraité, votre fiche de paie ou votre pension nette ne change pas du fait de la CSG.

homme quinquagénaire consultant ses relevés d’épargne et graphiques fiscaux sur sa tablette dans une cuisine moderne.

Quels placements échappent à la hausse

L’amendement gouvernemental n° 1104 a énuméré une liste limitative de placements qui restent à l’ancien taux de 17,2 % de prélèvements sociaux (9,2 % de CSG). Cette liste, codifiée à l’article L. 136-8, IV du Code de la sécurité sociale, vise à protéger l’épargne populaire et l’investissement immobilier locatif.

Sont expressément exclus de la hausse :

  • les contrats d’assurance-vie et les bons et contrats de capitalisation, quelle que soit leur date d’ouverture ;
  • les plans d’épargne logement (PEL) et les comptes d’épargne logement (CEL) ;
  • les plans d’épargne populaire (PEP) — qui ne sont plus commercialisés depuis 2003 mais subsistent dans certains foyers ;
  • les revenus fonciers issus de la location nue ;
  • les plus-values immobilières.

À ces exclusions s’ajoutent les placements totalement défiscalisés qui n’étaient déjà soumis à aucun prélèvement social : Livret A, LDDS, LEP et Livret Jeune. Pour ces livrets, rien ne change — ni CSG, ni CRDS, ni prélèvement de solidarité. Le taux du Livret A reste fixé par la formule de calcul de la Banque de France et l’avantage net pour l’épargnant est intégralement préservé.

Le cas du PER mérite un développement spécifique tant il a alimenté les débats. Le texte ne mentionne pas explicitement le PER dans la liste des exclusions, mais le ministère des Comptes publics a confirmé à MoneyVox que les PER assurantiels — qui constituent la grande majorité des plans d’épargne retraite individuels — sont assimilés à des contrats d’assurance-vie au sens large et restent à 17,2 %. Pour les PER bancaires, plus proches d’un compte-titres dans leur fonctionnement, l’incertitude persiste : ils sont susceptibles d’être soumis au nouveau taux de 18,6 %, sans que cela ait été tranché de manière explicite. Si vous détenez un PER bancaire, le mieux est de vérifier auprès de votre établissement.

Liste des exclusions à 17,2 %. Le Code de la sécurité sociale (art. L. 136-8, IV nouveau) maintient le taux de 9,2 % de CSG — soit 17,2 % de prélèvements sociaux globaux — pour les revenus issus des contrats d’assurance-vie et de capitalisation, des PEL et CEL ouverts dans certaines conditions, des PEP, des revenus fonciers et des plus-values immobilières.

Source : Service-Public.fr — Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placements

Date d’application : un calendrier en deux temps

La hausse n’a pas la même date d’application selon la nature du revenu. Cette distinction technique a une conséquence concrète sur ce que vous payerez en 2026, et il faut la comprendre pour anticiper.

Pour les produits de placement (dividendes, intérêts, produits perçus au fil de l’eau), le nouveau taux de 18,6 % s’applique aux revenus encaissés à compter du 1er janvier 2026. Concrètement, un dividende versé le 15 janvier 2026 supportera 18,6 % de prélèvements sociaux ; un dividende versé le 28 décembre 2025 reste à 17,2 %.

Pour les revenus du patrimoine (plus-values mobilières, revenus locatifs LMNP, rentes viagères), la hausse s’applique à compter de l’imposition des revenus 2025. Autrement dit, une plus-value de cession d’actions réalisée en juillet 2025 — donc avant l’entrée en vigueur de la loi — sera bien taxée à 18,6 % au moment de sa déclaration au printemps 2026. C’est l’effet rétroactif souvent évoqué dans la presse spécialisée.

Si vous avez déjà payé des acomptes de prélèvements sociaux sur vos revenus du patrimoine 2025, un complément de régularisation sera très probablement à régler en septembre 2026, à hauteur du delta de 1,4 point. Mieux vaut le savoir avant que l’avis ne tombe.

Ce que la hausse change pour votre rendement net

L’augmentation de 1,4 point peut sembler modeste, mais elle réduit le rendement net des placements concernés de manière non négligeable. Le calcul est mécanique : 1,4 point de prélèvements sociaux supplémentaires, c’est 1,4 % de votre gain qui part à la Sécurité sociale au lieu de rester sur votre compte.

Prenons un exemple concret. Sur un compte-titres ordinaire qui dégage 5 000 € de dividendes en 2026, le PFU s’applique au taux de 31,4 % au lieu de 30 %. Vous payez désormais 1 570 € d’imposition globale au lieu de 1 500 € — soit 70 € de prélèvements en plus sur l’année. Sur un PEA hors enveloppe fiscale (avant 5 ans), une plus-value de 10 000 € génère 1 860 € de prélèvements sociaux contre 1 720 € précédemment, soit 140 € de différence.

Côté placements préservés, le rendement net est inchangé. Un fonds euro d’assurance-vie qui sert 2,8 % brut conserve la même fiscalité de prélèvements sociaux. C’est l’un des arguments qui peut renforcer l’attrait de l’assurance-vie et du PER assurantiel dans une stratégie d’épargne longue, à condition que le profil et les objectifs s’y prêtent.

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans

Sur mon propre portefeuille, la hausse représente concrètement environ 200 € de prélèvements en plus sur les dividendes 2026 perçus dans mon compte-titres. Ce n’est pas un séisme, mais cela me confirme l’intérêt de loger les actions à dividendes dans une enveloppe PEA après 5 ans (hors prélèvements sociaux à 18,6 % sur les retraits) plutôt que sur un CTO. Pour les ETF capitalisants, je continue de privilégier l’assurance-vie qui reste à 17,2 %.

Perspectives : la hausse peut-elle s’étendre ?

La dualité de taux instaurée par la LFSS 2026 est inédite : pour la première fois depuis la création de la CSG en 1991, le taux applicable aux revenus du capital n’est plus uniforme. Cette complexité ouvre potentiellement la voie à des évolutions futures, dans un sens ou dans l’autre, en fonction des arbitrages budgétaires.

Plusieurs pistes circulent déjà dans la sphère parlementaire et chez les économistes : alignement progressif de l’assurance-vie sur le taux majoré, extension de la CFA aux revenus fonciers en cas de besoin de financement supplémentaire de la branche autonomie, ou au contraire retour à l’unicité du taux par souci de lisibilité. Aucune de ces évolutions n’est formellement actée à ce jour.

La prochaine échéance sera la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, dont les premiers arbitrages seront connus à l’automne 2026. À surveiller en particulier : le maintien ou non de l’exclusion de l’assurance-vie, et le sort définitif du PER bancaire dont le statut reste flou.

Ce que vous pouvez faire concrètement

Face à cette nouvelle donne fiscale, quelques réflexes patrimoniaux peuvent atténuer l’impact de la hausse — sans bouleverser une stratégie existante. La logique reste la même : adapter le contenant fiscal au type de revenu généré.

Pour les épargnants détenant un compte-titres ordinaire avec une part importante de revenus financiers, une réflexion sur le transfert progressif vers une assurance-vie ou un PEA peut être pertinente, en tenant compte des frais et des plus-values latentes. Le PEA reste fiscalement attrayant après 5 ans malgré la hausse à 18,6 % sur les prélèvements sociaux : l’exonération d’impôt sur le revenu (12,8 % de PFU économisés) compense largement les 1,4 point supplémentaires.

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Pour ceux qui ont une activité LMNP, l’impact est plus marqué : le résultat fiscal 2025 sera taxé à 18,6 % en 2026, sans possibilité d’anticipation. Un point avec votre comptable ou votre conseiller pour vérifier le régime applicable (micro-BIC vs réel) peut s’avérer utile, sans que cela constitue un conseil personnalisé. Notre analyse sur le rendement réel des super-livrets peut également vous donner un point de comparaison sur les placements à intérêts taxables.

Enfin, pour les détenteurs de PER bancaires dans l’incertitude, attendre les éventuelles instructions fiscales avant de procéder à un quelconque arbitrage paraît raisonnable. Une bascule prématurée vers un PER assurantiel, si elle est mal calibrée, peut générer des frais de transfert supérieurs à l’économie fiscale espérée.

Questions fréquentes

La hausse de la CSG s’applique-t-elle au Livret A ?

Non. Le Livret A, comme le LDDS, le LEP et le Livret Jeune, est totalement exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Il n’y a donc ni CSG à 9,2 %, ni CSG à 10,6 % sur ses intérêts. Le taux du Livret A continue d’être fixé deux fois par an par la Banque de France selon une formule basée sur l’inflation et les taux interbancaires.

Mon assurance-vie est-elle concernée par la hausse ?

Non, votre assurance-vie reste à 17,2 % de prélèvements sociaux (9,2 % de CSG). L’amendement gouvernemental adopté en décembre 2025 a explicitement exclu « les revenus issus des contrats d’assurance-vie » et « les produits attachés aux bons ou contrats de capitalisation, ainsi qu’aux placements de même nature ». Cette exclusion vaut pour les fonds euros comme pour les unités de compte, quelle que soit la date d’ouverture du contrat.

Comment savoir si mon PER est concerné ?

La distinction se fait selon la nature de votre PER. Un PER assurantiel (souscrit auprès d’une compagnie d’assurance ou d’une mutuelle, structuré comme une assurance-vie) reste à 17,2 %, comme l’a confirmé le ministère des Comptes publics. Un PER bancaire (proposé par une banque, fonctionnant comme un compte-titres dédié) est susceptible d’être soumis au taux majoré de 18,6 %, mais cette interprétation reste à confirmer par instruction fiscale. Vérifiez la nature de votre contrat dans vos conditions générales ou auprès de votre gestionnaire.

La hausse touche-t-elle les plus-values immobilières ?

Non. Les plus-values immobilières et les revenus fonciers issus de la location nue restent au taux de 17,2 % (9,2 % de CSG). En revanche, les revenus tirés de la location meublée non professionnelle (LMNP) sont concernés par la hausse à 18,6 % et l’application est rétroactive sur les revenus 2025.

Vais-je payer un complément en septembre 2026 ?

Très probablement, si vous avez perçu en 2025 des revenus du patrimoine concernés par la hausse (plus-values mobilières, revenus LMNP). Les acomptes de prélèvements sociaux que vous avez déjà payés en 2025 ont été calculés au taux de 17,2 %. La régularisation au taux de 18,6 % interviendra à l’occasion de votre avis fiscal de l’automne 2026, avec un complément à régler.

Le PFU passe-t-il automatiquement à 31,4 % pour tous les revenus ?

Non. Le PFU à 31,4 % ne s’applique qu’aux revenus concernés par la hausse de la CSG. Pour les placements exclus (assurance-vie hors PFU optionnel, PEL, PEP), le PFU global reste à 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). C’est désormais un PFU à deux vitesses, ce qui ajoute de la complexité à la lecture de la fiscalité française du capital.

La CSG déductible change-t-elle aussi ?

La part déductible de la CSG reste fixée à 6,8 points, quelle que soit la version de la CSG applicable (9,2 % ou 10,6 %). Vous pouvez donc déduire 6,8 % du montant des revenus concernés de votre revenu imposable l’année suivant le paiement de la CSG, à condition que ces revenus soient soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu et non au PFU.

Sources

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Antoine Mercier

Investisseur particulier · Diplômé en économie (Dauphine)

Antoine investit depuis 12 ans et partage sur Placer Mon Argent ses analyses indépendantes pour vous aider à faire les bons choix financiers.