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Comment remplir un chèque : les 7 mentions à ne jamais oublier

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans
Mis à jour le 24 avril 2026 · 11 min de lecture
main remplissant un chèque avec un stylo, les champs classiques visibles

Pour remplir un chèque correctement, vous devez compléter sept zones : le montant en chiffres, le montant en lettres, le nom du bénéficiaire, le lieu, la date, votre signature, et le talon du chéquier. L’oubli du lieu ou de la date vous expose à une amende égale à 6 % du montant du chèque (minimum 0,75 €) selon le Code monétaire et financier.

Le cadre légal. Les mentions obligatoires du chèque sont fixées par l’article L131-2 du Code monétaire et financier : dénomination « chèque », mandat de payer, nom du tiré (la banque), lieu de paiement, date et lieu de création, et signature du tireur. En pratique, vous devez compléter le montant (en chiffres et en lettres), le bénéficiaire, le lieu, la date et votre signature.

Source : Legifrance — Code monétaire et financier, articles L131-2 à L131-15

Le chèque est de moins en moins utilisé, mais il reste le moyen de paiement préféré des Français pour certaines opérations : cautions, dépôts de garantie, paiements entre particuliers. Avant de dégainer votre stylo, un petit rappel utile : la France représente toujours une part majoritaire des chèques émis dans l’Union européenne, et les règles de remplissage n’ont pas bougé depuis la loi du 20 mai 2005.

Les 7 étapes pour remplir un chèque sans erreur

Sur un chéquier français, les zones à remplir sont toujours disposées de la même façon, quelle que soit votre banque (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, Caisse d’Épargne, LCL, banque en ligne…). Voici l’ordre logique à suivre — et surtout, pourquoi signer en dernier.

1. Le montant en chiffres (en haut à droite)

Dans la case rectangulaire située en haut à droite, inscrivez la somme exacte, centimes compris. Pour 150 euros pile, écrivez « 150,00 ». Commencez à écrire au plus près du bord gauche de la case et tracez un trait pour combler l’espace restant : cela empêche qu’un fraudeur ajoute un chiffre devant votre montant. La mention « euros » ou le symbole « € » n’est pas obligatoire, mais elle est tolérée.

2. Le montant en lettres (au centre, sur la ligne principale)

C’est l’étape qui fait foi juridiquement. L’article L131-10 du Code monétaire et financier est clair : en cas de différence entre le montant en chiffres et le montant en lettres, c’est le montant en lettres qui sera retenu par la banque. Pour 250,75 €, écrivez « deux cent cinquante euros et soixante-quinze centimes ». N’oubliez pas les centimes, même sur un montant rond (ajoutez « et zéro centime » ou « 00 centimes »). Barrez l’espace restant d’un trait horizontal.

3. Le nom du bénéficiaire (ligne « à l’ordre de »)

Indiquez le nom complet de la personne ou de l’entreprise qui doit encaisser le chèque. Pour un particulier : prénom + nom. Pour une entreprise : dénomination sociale exacte (« SAS Dupont » et non « Dupont »). Vérifiez l’orthographe : une erreur peut bloquer l’encaissement. En cas de doute, demandez l’orthographe exacte au bénéficiaire.

⚠️ Erreur fréquente

Ne laissez JAMAIS la ligne « à l’ordre de » vide. Un chèque sans bénéficiaire est un chèque au porteur : n’importe qui peut inscrire son propre nom et l’encaisser. En cas de perte ou de vol, vos fonds sont perdus.

4. Le lieu d’émission (« fait à »)

Inscrivez la ville où vous vous trouvez au moment de rédiger le chèque. Cette mention est obligatoire au titre du Code monétaire et financier. Son absence peut entraîner le rejet du chèque ou une amende. Si vous êtes à Paris, écrivez « Paris ». Pas besoin de préciser l’arrondissement.

5. La date d’émission

Inscrivez la date réelle du jour où vous remplissez le chèque, au format jour/mois/année (ex. « 21/04/2026 » ou « 21 avril 2026 »). C’est cette date qui déclenche le délai de validité du chèque : 1 an et 8 jours, selon l’article L131-59 du Code monétaire et financier. Au-delà, le bénéficiaire ne pourra plus l’encaisser.

6. La signature (en bas à droite)

Signez en tout dernier, uniquement après avoir relu l’ensemble du chèque. Votre signature doit être identique à celle déposée lors de l’ouverture de votre compte bancaire — c’est elle que la banque compare en cas de doute. Ne signez jamais dans la bande blanche en bas du chèque : cette zone est réservée à la lecture optique des machines de tri.

7. Le talon du chéquier (zone détachable)

Le talon est la partie qui reste attachée à votre chéquier quand vous détachez le chèque. Reportez-y le bénéficiaire, le montant et la date : cela vous permettra de retrouver plus tard à qui vous avez payé quoi, quand vous recevrez votre relevé bancaire. Cette étape n’est pas obligatoire mais elle vous évitera bien des contrôles approximatifs entre relevé de compte et dépenses réelles.

Personne concentrée remplissant un chèque à domicile

Antidate et postdate : ce qui est interdit

Beaucoup pensent qu’ils peuvent postdater un chèque pour gagner du temps avant que leur compte soit débité. C’est faux — et sanctionné.

Ce que dit la loi. L’article L131-31 du Code monétaire et financier précise que « le chèque est payable à vue ». Un chèque présenté au paiement avant la date inscrite est payable le jour même de la présentation. L’antidate ou la postdate est sanctionnée par une amende égale à 6 % du montant du chèque (article L131-69).

Source : Legifrance — Code monétaire et financier, articles L131-31 et L131-69

Conséquence directe : si vous postdatez un chèque du 30 du mois en espérant qu’il soit encaissé après votre salaire, la banque peut parfaitement l’encaisser à la présentation. Si votre compte n’est pas provisionné, vous tombez dans le régime du chèque sans provision : frais bancaires (jusqu’à 30 € pour un chèque inférieur à 50 €, 50 € au-delà, plafonnés par décret), inscription au Fichier central des chèques (FCC) géré par la Banque de France, et interdiction d’émettre des chèques pendant 5 ans si vous ne régularisez pas.

Les 5 erreurs qui font rejeter un chèque

Une étude des motifs de rejet bancaire met en évidence cinq erreurs qui reviennent systématiquement. Les voici, classées par fréquence.

Erreur n°1 : utiliser un stylo effaçable, un crayon ou un feutre fin

Utilisez toujours un stylo bille à encre indélébile, bleue ou noire. Un chèque rempli au crayon ou avec un stylo à encre effaçable peut être falsifié en quelques secondes par modification du montant ou du bénéficiaire.

Erreur n°2 : oublier le lieu ou la date

Ces deux mentions sont obligatoires. Leur absence expose à une amende de 6 % du montant du chèque (minimum 0,75 €) et peut entraîner le rejet par la banque du bénéficiaire.

Erreur n°3 : faire une rature ou une surcharge

Même pour corriger une faute d’orthographe. Un chèque raturé sera souvent refusé par la banque de dépôt, qui y voit un risque de falsification. Mieux vaut écrire « ANNULÉ » en travers du chèque, le conserver, et en refaire un neuf.

Erreur n°4 : laisser un espace libre

Que ce soit avant le montant en chiffres, avant le nom du bénéficiaire ou à la fin de la ligne du montant en lettres : tout espace vierge est une porte ouverte à la fraude. Un trait horizontal barre efficacement l’espace restant.

Erreur n°5 : signer un chèque en blanc

Signer d’avance un chèque pour qu’un tiers le remplisse plus tard est une très mauvaise idée. En cas de perte ou de vol, le porteur peut y inscrire n’importe quel montant. La règle d’or : on ne signe qu’après avoir tout rempli et relu.

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans

J’ai vu un chèque de caution de 1 200 € refusé par une agence immobilière pour une simple rature sur le mois écrit en lettres. Le locataire avait écrit « mars » au lieu de « avril » et avait barré. Le bailleur a exigé un nouveau chèque, ce qui a retardé l’entrée dans le logement de trois jours. Depuis, je remplis toujours mes chèques avec un brouillon à côté — et je ne signe qu’après relecture complète.

Écrire les montants en lettres : les règles à maîtriser

C’est la zone qui génère le plus d’hésitations, car le montant en lettres a une valeur juridique supérieure au montant en chiffres. Quatre règles suffisent.

Règle 1 : les traits d’union. Depuis la réforme orthographique de 1990 (admise par tous les dictionnaires), tous les nombres composés prennent un trait d’union. « Quatre-vingt-dix-neuf euros » s’écrit avec trois traits. L’ancienne orthographe (« quatre-vingt-dix-neuf » avec des espaces) reste acceptée par les banques.

Règle 2 : « vingt » et « cent » avec ou sans « s ». Ces deux mots prennent un « s » uniquement quand ils sont multipliés et non suivis d’un autre nombre. On écrit donc « quatre-vingts euros » (80) mais « quatre-vingt-un euros » (81). De même, « deux cents euros » (200) mais « deux cent cinquante euros » (250).

Règle 3 : les centimes. Vous pouvez écrire les centimes en lettres (« vingt-cinq centimes »), en chiffres (« 25 centimes »), ou utiliser le terme « cents ». Les trois formes sont acceptées par les banques. Ne les oubliez pas, même pour un montant rond : écrivez « cinquante euros et zéro centime » ou « cinquante euros ».

Règle 4 : « mille » est invariable. Contrairement à « cent » et « vingt », « mille » ne prend jamais de « s ». On écrit « deux mille euros » et « trois mille cinq cents euros ».

Le dos du chèque : à quoi sert-il ?

Le dos du chèque est réservé à l’endossement, c’est-à-dire la signature par le bénéficiaire au moment de déposer le chèque à la banque. Concrètement, lorsque vous recevez un chèque et que vous voulez l’encaisser :

Vous signez au dos du chèque. Ensuite, vous inscrivez votre numéro de compte bancaire (à défaut, votre banque l’ajoutera). Vous remettez le chèque à votre banque, en agence, dans une boîte à chèques, ou en ligne avec envoi postal selon votre établissement. Les banques en ligne ont des procédures différentes : certaines, comme Hello bank! ou Monabanq, permettent le dépôt dans des agences partenaires. D’autres, comme N26, n’acceptent tout simplement pas les chèques à l’encaissement.

Carnet sur une table avec carte bancaire et stylo

Validité, opposition et chèque de banque

Un chèque émis en France est valable 1 an et 8 jours à compter de sa date d’émission, selon l’article L131-59 du Code monétaire et financier. Passé ce délai, la banque refusera de l’encaisser. Le bénéficiaire conserve une créance contre l’émetteur pendant 1 an après le délai de présentation, mais il devra alors agir par d’autres voies (mise en demeure, injonction de payer).

En cas de perte ou de vol d’un chèque (ou d’un chéquier complet), faites immédiatement opposition auprès de votre banque. L’article L131-35 du Code monétaire et financier limite les motifs d’opposition à trois cas : perte, vol, ou utilisation frauduleuse du chèque. Une opposition pour un autre motif (conflit avec le bénéficiaire, par exemple) peut être levée par le juge des référés.

Pour les paiements importants (achat de véhicule, acompte immobilier), le chèque de banque est une alternative plus sûre. C’est la banque elle-même qui émet le chèque, après avoir prélevé le montant sur votre compte. Le bénéficiaire est donc certain que le chèque est provisionné. Attention toutefois : les faux chèques de banque existent, il est recommandé de contacter la banque émettrice pour vérifier l’authenticité du chèque avant de remettre le bien.

Questions fréquentes

Peut-on remplir un chèque sans bénéficiaire ?

Légalement oui — l’article L131-6 du Code monétaire et financier prévoit que le chèque sans bénéficiaire vaut comme chèque au porteur. En pratique, c’est fortement déconseillé : en cas de perte ou de vol, n’importe qui peut inscrire son nom et l’encaisser. Ne remettez jamais un chèque sans avoir rempli la ligne « à l’ordre de ».

Que faire en cas d’erreur sur un chèque déjà rempli ?

Ne raturez pas, ne corrigez pas. Écrivez « ANNULÉ » en travers du chèque, conservez-le dans votre chéquier pour votre comptabilité personnelle, et rédigez un nouveau chèque sur le feuillet suivant. Une rature sera souvent interprétée comme une tentative de falsification par la banque de dépôt.

Peut-on faire un chèque au nom de deux bénéficiaires ?

Oui. La Cour de cassation, dans son arrêt n°927 du 27 novembre 2019, a confirmé qu’un chèque rédigé au nom de deux personnes n’est pas une anomalie. En revanche, la banque doit alors s’assurer de l’accord des deux bénéficiaires avant l’encaissement. Utilisez « et » si les deux doivent donner leur accord, « ou » si l’un des deux suffit.

Un commerçant peut-il refuser un paiement par chèque ?

Oui. Un commerçant peut refuser le chèque, ou exiger un montant minimal ou maximal, à condition d’en informer clairement sa clientèle (affichette en magasin, conditions générales de vente sur internet). Seuls les commerçants adhérant à un centre de gestion agréé (CGA) sont tenus d’accepter soit le chèque, soit la carte bancaire — et peuvent donc refuser le chèque à condition d’accepter la carte.

Combien de temps garder les talons de chèque ?

Il est recommandé de conserver les talons de chéquier pendant 5 ans, durée de prescription commune en matière civile. En cas de litige avec un bénéficiaire (paiement contesté, chèque perdu), le talon est votre preuve de la transaction. Classez-les dans un dossier avec vos relevés bancaires.

Que se passe-t-il si j’émets un chèque sans provision ?

La banque peut refuser le paiement après vous avoir informé. Vous encourez des frais de rejet (plafonnés à 30 € pour un chèque inférieur à 50 €, 50 € au-delà), une injonction à régulariser, et l’inscription au Fichier central des chèques (FCC) de la Banque de France. Si vous ne régularisez pas, vous ne pourrez plus émettre de chèques pendant 5 ans sur aucun de vos comptes.

Quelle est la différence entre un chèque barré et un chèque non barré ?

La quasi-totalité des chèques distribués en France sont barrés (deux barres parallèles au recto) : ils ne peuvent être encaissés que par l’intermédiaire d’une banque, ce qui garantit la traçabilité. Les chèques non barrés, plus rares, peuvent en théorie être payés en espèces directement au guichet de la banque émettrice. Ils sont soumis à un droit de timbre fiscal et principalement utilisés entre professionnels.

Sources

Legifrance — Code monétaire et financier, articles L131-2 à L131-15 (création et forme du chèque) : consulter

Legifrance — Code monétaire et financier, articles L131-31 à L131-43 (présentation et paiement) : consulter

Service-Public.fr — Paiement par chèque : consulter

Banque de France — Fichier central des chèques (FCC) : banque-france.fr

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Antoine Mercier

Investisseur particulier · Diplômé en économie (Dauphine)

Antoine investit depuis 12 ans et partage sur Placer Mon Argent ses analyses indépendantes pour vous aider à faire les bons choix financiers.