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Je suis né en 1965 : à quel âge la retraite ?

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans
Mis à jour le 2 mai 2026 · 11 min de lecture

Si vous êtes né en 1965, votre âge légal de départ à la retraite dépend du trimestre de naissance et de la date à laquelle votre pension prend effet. Avant le 1er septembre 2026, l’âge reste fixé à 63 ans et 3 mois avec 172 trimestres requis. À partir du 1er septembre 2026, la suspension de la réforme s’applique : 62 ans et 9 mois pour les nés du 1er janvier au 31 mars, 63 ans pour les nés du 1er avril au 31 décembre.

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  <p><strong>Loi de référence.</strong> La suspension partielle de la réforme des retraites de 2023 est inscrite à l'article 105 de la loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026). Les nouvelles règles s'appliquent aux pensions prenant effet entre le 1er septembre 2026 et le 1er janvier 2028. Avant cette date, les paramètres de la réforme dite "Borne" continuent de s'appliquer.</p>
  <span class="pma-src">Source : Service-Public.fr — Suspension de la réforme des retraites</span>
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Votre âge de départ : ce que dit le tableau officiel

La génération 1965 est aujourd’hui scindée en deux sous-groupes par la suspension de la réforme. Cette division n’existait pas dans le calendrier initial de la réforme de 2023, où tous les nés en 1965 partaient à 63 ans et 3 mois avec 172 trimestres validés. Le découpage par trimestre civil de naissance a été introduit par amendement à l’Assemblée nationale en novembre 2025.

Concrètement, si votre pension prend effet à partir du 1er septembre 2026, voici ce que prévoit le tableau publié par l’Assurance retraite :

  • Né entre le 1er janvier et le 31 mars 1965 : âge légal à 62 ans et 9 mois, durée d’assurance ramenée à 170 trimestres
  • Né entre le 1er avril et le 31 décembre 1965 : âge légal à 63 ans, durée d’assurance ramenée à 171 trimestres

Pour les nés au premier trimestre 1965, le gain est double par rapport au calendrier initial : six mois d’âge légal en moins et deux trimestres de cotisation économisés. Pour les nés après le 1er avril 1965, le gain est plus modéré : trois mois sur l’âge légal et un trimestre sur la durée d’assurance.

<div class="pma-attention">
  <p class="pma-attention-title">⚠️ Délai à respecter</p>
  <p>La suspension ne s'applique qu'aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Si vous êtes né au premier trimestre 1965 et que vous atteignez 62 ans et 9 mois avant cette date, vous ne pouvez pas bénéficier des nouvelles règles : votre pension liquidée avant septembre 2026 reste régie par le calendrier de la réforme de 2023 (63 ans et 3 mois, 172 trimestres). L'Assurance retraite invite à patienter quelques mois si la perte est significative.</p>
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Avant et après la suspension : les chiffres comparés

Pour bien mesurer ce que change la LFSS 2026, il faut comparer ce que prévoyait initialement la réforme Borne et ce qui s’applique depuis. La logique d’origine portait l’âge légal à 64 ans pour les nés en 1968 et la durée d’assurance à 172 trimestres dès la génération 1965. Le gel temporaire décalé d’un an ces curseurs.

Le tableau ci-dessous récapitule, génération par génération, l’évolution prévue à partir du 1er septembre 2026 selon les chiffres publiés par l’Assurance retraite :

Année de naissanceÂge légal (réforme 2023)Âge légal (suspension)Trimestres requis
196362 ans et 9 mois62 ans et 9 mois170
196463 ans62 ans et 9 mois170 (au lieu de 171)
1965 (janv. à mars)63 ans et 3 mois62 ans et 9 mois170 (au lieu de 172)
1965 (avril à déc.)63 ans et 3 mois63 ans171 (au lieu de 172)
196663 ans et 6 mois63 ans et 3 mois172
196763 ans et 9 mois63 ans et 6 mois172
196864 ans63 ans et 9 mois172
196964 ans64 ans172

On voit que les générations 1965 et 1966 avaient été parmi les plus pénalisées par la réforme Borne — saut de 2 trimestres en un an de génération. La suspension corrige une partie de ce déséquilibre, sans le supprimer totalement. Pour un né en mars 1965, le départ peut intervenir fin 2027 au lieu de mi-2028 dans la version d’origine.

Décote, surcote et taux plein automatique

Atteindre l’âge légal ne suffit pas pour toucher une retraite à taux plein. Il faut aussi avoir validé le nombre de trimestres requis pour votre génération. Si ce n’est pas le cas, vous avez deux options : continuer à travailler pour compléter votre durée d’assurance, ou liquider quand même votre pension en acceptant une décote.

La décote applicable au régime général s’élève à 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres (soit -25 % au maximum). Trois trimestres manquants représentent une décote de 3,75 % à vie sur la pension de base — un manque à gagner qui peut peser plusieurs centaines d’euros par an sur l’ensemble de la retraite.

<div class="pma-info">
  <p><strong>Taux plein automatique à 67 ans.</strong> À partir de 67 ans, votre pension est calculée au taux maximum quel que soit votre nombre de trimestres validés. La suspension de la réforme ne modifie pas cet âge plancher, qui reste fixé à 67 ans pour toutes les générations nées à partir de 1955.</p>
  <span class="pma-src">Source : L'Assurance retraite — Mon âge de départ</span>
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À l’inverse, si vous continuez à travailler au-delà de l’âge légal une fois le nombre de trimestres requis atteint, vous bénéficiez d’une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire cotisé. Pour un né en 1965 ayant 171 trimestres à 63 ans, prolonger d’un an l’activité après cette date peut représenter +5 % de pension à vie.

Carrière longue : partir avant 62 ans, est-ce encore possible ?

Le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue reste accessible aux nés en 1965 qui ont commencé à travailler tôt. La logique du dispositif est inchangée : il faut avoir validé 5 trimestres (ou 4 si vous êtes né au dernier trimestre civil) avant la fin de l’année civile de vos 16, 18, 20 ou 21 ans, et justifier d’un nombre minimum de trimestres cotisés ou réputés cotisés.

La suspension de la réforme produit ici un effet partiel pour les nés en 1965. Pour la durée d’assurance exigée, l’alignement avec le taux plein s’applique : 170 trimestres pour les nés au premier trimestre, 171 trimestres pour les nés à partir d’avril. En revanche, sur l’âge minimum de départ anticipé, seuls les nés à partir du 1er décembre 1965 voient leur âge abaissé selon le projet de décret de mars 2026 — les autres avaient déjà atteint le seuil applicable au 1er septembre 2026.

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    <div class="pma-terrain-avatar">A</div>
    <p class="pma-terrain-meta">Antoine Mercier <span>· Investisseur depuis 12 ans</span></p>
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  <p>J'accompagne plusieurs proches nés en 1965 dans leurs simulations sur l'espace personnel de l'Assurance retraite. Le piège récurrent que je vois : confondre trimestres "validés" et trimestres "cotisés". Pour un départ au taux plein classique, les deux comptent. Pour la carrière longue, seuls les cotisés et certains assimilés sont retenus — les périodes de chômage non indemnisé ou les trimestres assimilés au-delà du plafond peuvent ne pas suffire. Vérifier son relevé de carrière à 55 ans est un réflexe utile.</p>
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Et la retraite complémentaire Agirc-Arrco ?

Tout ce qui précède concerne la retraite de base versée par l’Assurance retraite (régime général des salariés). Mais pour la majorité des actifs du privé, la retraite finale combine cette pension de base avec celle de la complémentaire Agirc-Arrco.

La complémentaire applique ses propres règles : l’âge de départ est aligné sur celui du régime général, mais Agirc-Arrco a renoncé à son coefficient de solidarité (la décote temporaire de 10 % pendant 3 ans qui s’appliquait jusqu’en 2023 aux assurés ne décalant pas leur départ). Désormais, partir au taux plein du régime général donne accès au taux plein complémentaire, sans malus.

Il reste indispensable de demander les deux pensions séparément : la base via lassuranceretraite.fr, la complémentaire via agirc-arrco.fr. Une demande effectuée 4 à 6 mois avant la date de départ souhaitée évite les ruptures de revenu.

Que faire concrètement si vous êtes né en 1965 ?

Trois actions à mener dans l’ordre si la retraite approche :

1. Vérifier votre relevé de carrière. Connectez-vous à votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr et contrôlez chaque ligne. La Cour des comptes a relevé qu’environ un retraité sur dix percevait en 2024 une pension sous-évaluée. Les trimestres oubliés (jobs étudiants, chômage non indemnisé, périodes à l’étranger) doivent être régularisés avant la liquidation, à partir de 55 ans.

2. Simuler votre âge de départ optimal. Le service en ligne « Obtenir mon âge de départ à la retraite » intègre depuis février 2026 les paramètres post-suspension. Il calcule votre âge au plus tôt, votre âge à taux plein et le nombre de trimestres manquants. Pour un né au premier trimestre 1965 ayant 168 trimestres en mars 2027, la simulation indiquera précisément la date à laquelle attendre 170 trimestres devient pertinent.

3. Préparer le complément financier. Que vous partiez à 62 ans et 9 mois ou à 63 ans, votre pension sera vraisemblablement inférieure à votre dernier salaire d’activité — le taux de remplacement médian se situe autour de 60 à 75 % du dernier revenu net pour un salarié du privé. Si vous n’avez pas constitué d’épargne dédiée, les six derniers mois avant le départ sont l’occasion de faire le point sur l’apport possible d’un PER ou d’une assurance-vie pour lisser les revenus à la retraite.

<div class="pma-attention">
  <p class="pma-attention-title">⚠️ Erreur fréquente</p>
  <p>Les caisses adressent des courriers aux assurés concernés par la LFSS 2026 pour leur proposer de réviser leur date de liquidation. Ne pas répondre dans les 30 jours peut figer une décision défavorable. Si vous recevez un tel courrier et avez un doute, prenez rendez-vous avec un conseiller retraite avant la date butoir mentionnée. La Commission de Recours Amiable peut être saisie dans les 2 mois suivant une notification contestée.</p>
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Perspectives : la suspension durera-t-elle ?

La LFSS 2026 prévoit explicitement que la suspension s’applique aux pensions prenant effet entre le 1er septembre 2026 et le 1er janvier 2028. Sans nouvelle loi avant fin 2027, le calendrier de la réforme Borne reprendra automatiquement à partir de 2028, ce qui ramènerait l’âge légal à 64 ans pour les nés à partir de 1968.

L’incertitude politique autour de l’élection présidentielle de 2027 rend toute prévision hasardeuse. Le coût du gel est estimé par le gouvernement à 400 millions d’euros en 2026 et 1,8 milliard en 2027 ; un maintien au-delà nécessiterait un nouvel arbitrage budgétaire. Pour les nés en 1965 dont la pension prend effet en 2027 ou début 2028, les paramètres actuels sont sécurisés ; pour les générations suivantes, le futur reste à écrire.

Questions fréquentes

Si je suis né en mars 1965, à quel âge précisément puis-je partir ?

Si votre pension prend effet à partir du 1er septembre 2026, vous pouvez partir à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres validés. Pour un né en mars 1965, cela correspond à un départ possible à compter de décembre 2027. Si vous liquidez avant le 1er septembre 2026, l’ancien régime s’applique : 63 ans et 3 mois et 172 trimestres.

Et si je suis né en juin 1965 ?

Vous relevez du second sous-groupe : 63 ans d’âge légal et 171 trimestres requis pour le taux plein, à condition que votre pension prenne effet au 1er septembre 2026 ou après. Pour un né en juin 1965, l’âge de 63 ans est atteint en juin 2028. Si la suspension n’est pas prolongée par une loi votée avant fin 2027, le calendrier de la réforme Borne reprend automatiquement à compter du 1er janvier 2028 — la liquidation à 63 ans en juin 2028 se ferait alors selon les anciens paramètres (172 trimestres, 63 ans et 3 mois). À surveiller de près.

Le taux plein automatique reste-t-il à 67 ans ?

Oui. La suspension ne modifie pas l’âge d’obtention automatique du taux plein, qui reste fixé à 67 ans pour toutes les générations nées à partir de 1955. Si vous atteignez 67 ans sans avoir le nombre de trimestres requis, votre pension est calculée sans décote — mais sur la base des seuls trimestres effectivement validés, ce qui réduit son montant.

Combien de trimestres ai-je au juste ?

Le nombre de trimestres figurant sur votre relevé de carrière est consultable gratuitement sur lassuranceretraite.fr (espace personnel) ou sur info-retraite.fr. Une vérification ligne par ligne est recommandée à partir de 55 ans, âge auquel les régularisations deviennent possibles. Les périodes de service militaire, chômage indemnisé, maladie longue ou éducation d’enfants peuvent générer des trimestres assimilés — encore faut-il qu’ils apparaissent.

Que se passe-t-il pour ma retraite Agirc-Arrco ?

Votre complémentaire suit l’âge de départ du régime de base. Le coefficient de solidarité (malus de 10 % pendant 3 ans) qui pénalisait les départs au taux plein non décalés a été supprimé fin 2023 : partir à votre âge légal donne désormais accès au taux plein complémentaire sans pénalité. La demande s’effectue séparément sur agirc-arrco.fr.

Puis-je racheter des trimestres pour partir plus tôt ?

Oui, sous conditions. Le rachat Fillon permet de racheter jusqu’à 12 trimestres correspondant à des années d’études supérieures ou des années incomplètes. Le coût varie selon votre âge et vos revenus — entre 1 000 € et plus de 6 000 € par trimestre. Le rachat est intéressant fiscalement (déductible du revenu imposable) mais à étudier au cas par cas : pour un nombre faible de trimestres manquants à 67 ans, l’effet du taux plein automatique le rend souvent inutile.

La pension de base sera-t-elle revalorisée en 2026 ?

Oui. La proposition de gel des retraites n’a pas été retenue dans la LFSS 2026. Les pensions de base ont été revalorisées au 1er janvier 2026, sur la base de l’inflation hors tabac. Les modalités précises de revalorisation 2027 dépendront de la prochaine loi de financement.

Sources

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Antoine Mercier

Investisseur particulier · Diplômé en économie (Dauphine)

Antoine investit depuis 12 ans et partage sur Placer Mon Argent ses analyses indépendantes pour vous aider à faire les bons choix financiers.