Sur le long terme, les actions cotées arrivent en tête, avec un rendement annuel moyen historique de l’ordre de 8 à 10 % brut selon les indices. À court terme et sur 2025, les supports les plus rémunérateurs ont été les SCPI (4,91 % de taux de distribution moyen), les meilleurs fonds euros (3,5 à 4,1 %), puis les livrets réglementés. Mais ces chiffres ne disent rien sans le risque associé : aucun placement ne rapporte plus que les actions, et aucun n’expose autant le capital.
Cette hiérarchie est documentée par les régulateurs et fédérations (ACPR, ASPIM, Banque de France). Reste à articuler ces rendements bruts avec votre horizon, votre tolérance au risque et la fiscalité applicable. C’est ce que cette analyse détaille, classe d’actifs par classe d’actifs.
Repère 2025 — rendements moyens nets de frais de gestion Actions (MSCI World, moyenne historique long terme) : ~8 % brut. SCPI : 4,91 % (taux de distribution moyen). Fonds euros assurance-vie : 2,65 % (moyenne ACPR). Livret A : 1,5 % (depuis le 1er février 2026). LEP : 2,5 %. PEL ouvert depuis le 1er janvier 2026 : 2 %.
Sources : ACPR (rapport assurance-vie 2025), ASPIM (bilan SCPI 4T 2025), Banque de France, Service-Public.frLe classement par rendement brut en 2025
Comparer les placements par leur rendement seul est trompeur — un Livret A à 1,5 % garantit le capital, un ETF actions à 8 % long terme ne le garantit jamais. Mais pour répondre directement à la question posée, voici les ordres de grandeur observés en 2025, du plus rémunérateur au moins rémunérateur, en distinguant rendement brut et niveau de risque.
Sur l’année 2025 isolée, l’ordre n’est pas le même que sur 30 ans. Les actions américaines (S&P 500) ont fini l’année en territoire positif en dollar mais ont été pénalisées par la chute du dollar face à l’euro pour un investisseur français. Le MSCI World a connu un premier semestre 2025 négatif (-4,32 %) avant de se redresser. Côté placements à capital garanti, le Livret A a servi 2,2 % en moyenne sur 2025, avant la baisse à 1,5 % au 1er février 2026.
Les actions : le meilleur rendement long terme
Sur les très longues périodes, les actions cotées sont la classe d’actifs la plus performante. Le S&P 500 affiche depuis 1928 une performance annuelle moyenne de 9,6 % brut, soit environ 6,5 % nette d’inflation. Le MSCI World, plus diversifié géographiquement (23 pays développés), tourne autour de 8 % par an depuis 1987. Aucune autre classe d’actifs accessible aux particuliers ne s’en approche sur le long terme.
Le revers est connu : la volatilité. Le MSCI World a perdu près de 19 % en 2022, et le S&P 500 a connu des reculs annuels supérieurs à 30 % à plusieurs reprises depuis sa création. C’est la rançon de la performance — un capital qui peut tomber de 30 ou 40 % sur un mauvais millésime, avec une récupération qui prend généralement 12 à 36 mois. Pour cette raison, l’horizon minimum recommandé est de 8 ans, idéalement plus.
L’enveloppe la plus efficace pour investir en actions en France est le PEA (Plan d’Épargne en Actions). Après 5 ans de détention, les plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus). Plafond : 150 000 €. Pour les marchés hors zone européenne, le compte-titres ordinaire (CTO) reste nécessaire, mais avec une fiscalité au PFU de 30 % sur les plus-values.
⚠️ Point de vigilance
Les investissements en actions comportent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Une chute de 30 % à 40 % en cours de cycle est statistiquement normale et fait partie intégrante du couple rendement/risque des actions.
Les SCPI : 4,91 % de distribution en 2025
Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier ont distribué un taux moyen de 4,91 % en 2025, en progression de 0,19 point par rapport à 2024 (4,72 %), selon les données ASPIM publiées en février 2026. Les SCPI diversifiées tirent la moyenne vers le haut avec un taux de distribution de 6 %, devant la logistique (5,6 %) et les SCPI hôtels-tourisme (5,1 %).

Attention à ne pas confondre taux de distribution (le revenu versé) et performance globale annuelle (taux de distribution + variation du prix de part). En 2025, la performance globale moyenne du marché ressort à seulement 1,46 % car le prix de part moyen a reculé de 3,45 % sur l’année. Autrement dit : les loyers ont bien été versés, mais la valeur des parts a baissé pour une partie du marché — surtout les SCPI bureaux et résidentielles.
Les SCPI restent un placement long terme (8 à 10 ans recommandés minimum) avec une liquidité limitée. Les frais d’entrée (8 à 12 % en moyenne) érodent les premières années. Et certaines SCPI ont connu en 2024-2025 des tensions sur les retraits, avec des parts en attente de cession. Pour aller plus loin sur le sujet, vous pouvez consulter notre méthode d’estimation du rendement SCPI.
L’assurance-vie : 2,65 % en moyenne sur le fonds euro, jusqu’à 4,10 % sur les meilleurs contrats
Le fonds euro est le compartiment à capital garanti de l’assurance-vie. Selon le rapport ACPR publié le 14 mars 2026, le rendement moyen 2025 ressort à 2,65 % net de frais de gestion, stable pour la troisième année consécutive. Les unités de compte (UC) — supports investis sur les marchés sans garantie — ont quant à elles servi 4,7 % en moyenne sur 2025.
L’écart entre la moyenne et les meilleurs contrats est massif. CORUM Life affiche 4,10 %, Ampli Mutuelle 3,75 %, MER Horizon+ 3,70 %, Carac 3,55 %. Sur 50 000 € placés, la différence entre un contrat moyen et un meilleur contrat représente plus de 700 € par an, capitalisée sur 10 ans c’est plus de 9 000 € d’écart. Le choix du contrat compte autant — voire plus — que celui de la classe d’actifs.
L’autre atout de l’assurance-vie est fiscal. Après 8 ans de détention, vous bénéficiez d’un abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) sur les gains avant imposition. C’est aussi un outil de transmission privilégié grâce aux abattements applicables aux capitaux versés aux bénéficiaires en cas de décès.
Les placements bancaires garantis : 1,5 % à 2,5 %
Depuis le 1er février 2026, le taux du Livret A et du LDDS est fixé à 1,5 %, contre 1,7 % depuis août 2025 selon les données officielles publiées par la Banque de France. Le LEP (Livret d’Épargne Populaire), réservé aux ménages modestes, conserve un taux préférentiel à 2,5 % grâce à un coup de pouce gouvernemental — la formule de calcul stricte aurait donné 1,9 %.
Le PEL (Plan d’Épargne Logement) ouvert depuis le 1er janvier 2026 sert 2 % brut, fiscalisé au PFU de 30 %. Le CEL est passé à 1 %. Les comptes à terme proposés par certaines banques offrent des taux entre 2,5 % et 3 % sur des durées de 1 à 5 ans, en contrepartie d’un blocage des fonds. Les intérêts sont soumis au PFU de 30 %, soit un rendement net qui se rapproche du Livret A à durée comparable.
Ces supports ont une vocation claire : l’épargne de précaution. Trois à six mois de dépenses, accessibles immédiatement, à l’abri des fluctuations de marché. Au-delà, leur rendement net d’inflation devient marginal et ne permet pas de faire fructifier un capital. Pour un capital plus important, l’arbitrage doit se faire vers d’autres supports — c’est tout l’objet de notre guide sur quel placement pour 100 000 euros.
Taux des livrets réglementés au 1er février 2026 Livret A : 1,5 %. LDDS : 1,5 %. LEP : 2,5 % (sous conditions de revenus). Livret Jeune : minimum 1,5 % (libre selon les banques). CEL : 1 %. PEL ouvert depuis le 1er janvier 2026 : 2 % brut. La prochaine révision interviendra le 1er août 2026.
Source : Service-Public.gouv.fr — Arrêté du 28 janvier 2026Le PER : un rendement boosté par l’avantage fiscal à l’entrée
Le Plan d’Épargne Retraite n’a pas de rendement intrinsèque — il fonctionne comme une enveloppe qui contient des fonds euros et des unités de compte, exactement comme une assurance-vie. Sa spécificité est fiscale : les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond annuel.
Concrètement, un contribuable dans la tranche marginale à 30 % qui verse 5 000 € sur son PER récupère 1 500 € d’économie d’impôt immédiate. C’est un rendement déguisé qui s’ajoute à la performance des supports choisis. Pour une tranche à 41 %, l’économie monte à 2 050 € sur les 5 000 € versés. La contrepartie : les fonds sont bloqués jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi : achat résidence principale, accidents de la vie). Notre analyse détaillée des avantages du Plan Épargne Retraite couvre les arbitrages entre déduction immédiate et fiscalité de sortie.
Comparatif synthétique des rendements 2025
| Placement | Rendement 2025 | Capital | Horizon | Fiscalité |
|---|---|---|---|---|
| Actions (PEA / ETF) | ~8 % long termemoyenne historique | Non garanti | 8 ans + | PS 17,2 % après 5 ans (PEA) |
| SCPI | 4,91 %TD moyen | Non garanti | 8-10 ans | Revenus fonciers |
| UC en assurance-vie | 4,7 %moyenne 2025 | Non garanti | 8 ans + | Avantageuse après 8 ans |
| Fonds euro (top contrats) | 3,5 à 4,1 %net de frais | Garanti | Moyen-long terme | Avantageuse après 8 ans |
| Fonds euro (moyenne) | 2,65 %ACPR 2025 | Garanti | Moyen-long terme | Avantageuse après 8 ans |
| LEP | 2,5 %février 2026 | Garanti | Court terme | Exonéré |
| PEL (depuis 01/2026) | 2 %brut | Garanti | 4 ans min | PFU 30 % |
| Livret A / LDDS | 1,5 %février 2026 | Garanti | Court terme | Exonéré |
Comment choisir selon votre profil
La question du « placement qui rapporte le plus » dépend en réalité de trois variables : votre horizon (combien de temps pouvez-vous immobiliser les fonds), votre tolérance au risque (acceptez-vous de voir votre capital baisser temporairement de 30 %) et votre fiscalité (votre tranche marginale). Sans ces données, comparer un Livret A à 1,5 % et un ETF à 8 % long terme n’a pas de sens.

Pour un horizon court (moins de 3 ans) ou de l’épargne de précaution, les livrets réglementés et fonds euros restent les seuls supports cohérents. Sur 5 à 8 ans, le fonds euro et les SCPI peuvent prendre une part croissante. Au-delà de 8 ans, l’arbitrage en faveur des actions via PEA devient pertinent — c’est l’horizon qui lisse statistiquement la volatilité.
L’autre logique est la diversification. Plutôt que chercher un unique placement champion, l’AMF rappelle qu’un portefeuille équilibré combine plusieurs briques selon l’horizon. Concrètement : 3 à 6 mois de dépenses sur Livret A pour la précaution, un fonds euro pour le moyen terme, du PEA ou de l’assurance-vie en UC pour le long terme, et éventuellement des SCPI pour les revenus immobiliers récurrents.
En 12 ans d’investissement, j’ai constaté une chose simple : la classe d’actifs qui rapporte le plus n’est pas celle qu’on regarde sur 12 mois, mais celle qu’on tient sur 15 ans. Mon PEA, ouvert en 2014 et alimenté en ETF Monde, m’a servi un rendement annualisé largement supérieur à mes fonds euros pourtant correctement choisis. Mais entre 2020 et 2022, j’ai vu mon capital reculer de 28 % en quelques semaines. Si vous ne pouvez pas dormir avec ça, les actions ne sont pas pour vous — peu importe le rendement long terme affiché.
Questions fréquentes
Quel est le placement le plus rentable sans risque ?
En 2026, les placements à capital garanti les plus rémunérateurs sont, par ordre décroissant : le LEP à 2,5 % (réservé aux ménages modestes), les meilleurs fonds euros en assurance-vie qui dépassent 3,5 % nets de frais sur des contrats comme CORUM Life (4,10 %), Ampli (3,75 %) ou Carac (3,55 %), puis le PEL ouvert depuis 2026 à 2 % brut. Le Livret A à 1,5 % ferme la marche des supports liquides. Aucun ne bat l’inflation de manière significative — leur fonction est de préserver le capital, pas de le faire fructifier.
Quel placement choisir pour un débutant ?
Pour un premier investissement au-delà de l’épargne de précaution, l’assurance-vie multi-supports reste le compromis le plus accessible : capital garanti sur la poche fonds euro, exposition aux marchés via les UC selon votre profil, fiscalité allégée après 8 ans, et déblocage possible à tout moment. Pour viser plus de performance long terme, le PEA avec un ETF MSCI World ou S&P 500 est la voie classique des investisseurs particuliers, à condition d’accepter la volatilité et un horizon de 8 ans minimum.
Quel placement pour générer des revenus mensuels ?
Pour des revenus réguliers, les SCPI versent généralement des dividendes trimestriels (parfois mensuels), avec un taux de distribution moyen de 4,91 % en 2025. L’immobilier locatif direct génère des loyers mensuels, mais avec une charge de gestion et une concentration de risque. Le crowdfunding immobilier verse des coupons réguliers mais sur un horizon de 12 à 36 mois et avec un risque de perte totale du capital. Pour un capital garanti, les comptes à terme à intérêts mensuels existent mais avec des taux modestes (2,5 à 3 %).
Quel placement bat l’inflation en 2026 ?
Avec une inflation française autour de 0,9 % en 2025 selon l’Insee, la quasi-totalité des placements affichent un rendement réel positif en 2026. Le LEP (2,5 %), les meilleurs fonds euros (3,5 à 4 %), les SCPI (4,91 %) et les actions long terme battent largement l’inflation. Seul le Livret A à 1,5 % ne dégage qu’un rendement réel de 0,6 point — il préserve le pouvoir d’achat sans le développer. Cette équation peut changer rapidement si l’inflation remonte.
Faut-il privilégier rendement ou sécurité ?
Ce n’est pas une alternative mais une répartition. Une partie du patrimoine doit rester liquide et sans risque (épargne de précaution sur Livret A / LEP, à hauteur de 3 à 6 mois de dépenses). Le reste peut être progressivement orienté vers des supports plus rémunérateurs selon votre horizon. La logique de diversification rappelée par l’AMF reste la base : ne jamais concentrer son patrimoine sur un seul produit ou une seule classe d’actifs.
Sources
Banque de France — Rémunération des livrets d’épargne réglementée au 1er février 2026
Service-Public.gouv.fr — Livret A et LEP : baisse des taux à compter du 1er février 2026
ASPIM — Bilan SCPI 2025 — Communiqué du 10 février 2026
ACPR — Rapport sur la revalorisation des contrats d’assurance-vie en France, publié le 14 mars 2026
France Assureurs — Communiqué Bercy du 15 janvier 2026
Insee — Inflation annuelle France 2025
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les rendements mentionnés sont nets de frais de gestion mais bruts de prélèvements sociaux et de fiscalité, sauf mention contraire. Les investissements en actions, unités de compte, SCPI et autres supports non garantis comportent un risque de perte en capital. Avant toute décision, consultez un professionnel agréé.


