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Fiscalité

Impôt sur la Fortune Improductive : Ce Qui Change par Rapport à l’IFI

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans
Mis à jour le 22 juin 2026 · 7 min de lecture
Analyse de documents fiscaux et calculs liés à une déclaration de patrimoine.

Non, l’impôt sur la fortune improductive n’a pas remplacé l’IFI. Le dispositif a bien été voté en première lecture à l’Assemblée nationale le 31 octobre 2025, mais il n’a pas été retenu dans la version finale de la loi de finances pour 2026. En 2026, c’est donc toujours l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), dans sa forme habituelle, qui s’applique.

L’impôt sur la fortune improductive n’est pas entré en vigueur. La loi de finances pour 2026, adoptée définitivement le 2 février 2026 et validée par le Conseil constitutionnel le 19 février 2026, n’a pas retenu cette réforme. L’IFI s’applique à l’identique : seuil de 1,3 million d’euros, barème de 0,5 % à 1,5 %, patrimoine immobilier uniquement.

Source : Service-Public.gouv.fr — Calcul de l’IFI (mis à jour le 6 mars 2026)

Impôt sur la fortune improductive et IFI : de quoi parle-t-on ?

L’IFI existe depuis 2018. Il a remplacé l’ISF en restreignant l’assiette au seul patrimoine immobilier : résidences, biens locatifs, parts de SCI ou de SCPI. Les placements financiers, eux, sont sortis du calcul à cette occasion.

L’impôt sur la fortune improductive repose sur une logique différente. Il ne s’agit plus de taxer un type d’actif (l’immobilier), mais sa fonction économique. Le principe : épargner ce qui finance l’économie réelle, comme les entreprises ou les logements loués, et taxer ce qui est jugé « dormant » — or, objets précieux, liquidités. C’est ce changement de philosophie qui explique le mot « improductive ».

Ce que prévoyait la réforme (et qui n’a pas été retenu)

Le projet, porté à l’origine par le député Jean-Paul Mattei puis largement remanié, prévoyait d’abandonner le barème progressif de l’IFI au profit d’un taux unique de 1 %. Le seuil d’entrée a fait débat : l’amendement initial visait 2 millions d’euros, avant qu’un sous-amendement ne rétablisse 1,3 million d’euros, créant au passage une ambiguïté dans le texte.

Surtout, l’assiette s’élargissait à des actifs jusque-là hors champ : fonds euros de l’assurance-vie, cryptomonnaies, or, bijoux, voitures de collection, œuvres d’art. Les fonds euros étaient le point le plus sensible, car ils concernent des millions d’épargnants. Si vous détenez plusieurs contrats, notre guide sur le fait d’avoir plusieurs assurances-vie détaille les règles applicables — qui, elles, n’ont pas bougé.

⚠️ À ne pas confondre

Un texte voté en première lecture n’est pas une loi. Plusieurs articles publiés fin 2025 ont présenté le taux de 1 %, la taxation des fonds euros ou des cryptomonnaies comme actés. Ces mesures ont été débattues, puis écartées du texte final. Aucune n’est applicable au titre de l’année 2026.

Petit historique : de l’ISF à l’IFI

L’idée de distinguer capital « productif » et « improductif » n’est pas neuve : elle traversait déjà les débats sur l’ISF dans les années 1980. En 2018, le gouvernement a supprimé l’ISF pour le remplacer par l’IFI, recentré sur l’immobilier, avec l’objectif affiché d’orienter l’épargne des plus aisés vers l’investissement productif.

Depuis 2019, le Sénat adopte presque chaque année un amendement visant à élargir cette assiette ou à recréer une forme d’impôt sur la fortune. À chaque fois, la mesure a disparu du texte budgétaire final. L’épisode du PLF 2026 s’inscrit dans cette série : un vote en première lecture, des versions concurrentes entre l’Assemblée et le Sénat, puis l’abandon lors de l’adoption définitive du budget. La nouveauté tient à l’ampleur du débat et à sa médiatisation, pas au résultat.

L’IFI aujourd’hui : seuil, barème et biens concernés

Vous êtes redevable de l’IFI si votre patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d’euros au 1er janvier. Une fois ce seuil franchi, le calcul démarre à 800 000 € et suit un barème progressif par tranches, sur le même principe que l’impôt sur le revenu.

Barème IFI 2026 (inchangé depuis 2018). 0 % jusqu’à 800 000 € · 0,50 % de 800 000 à 1 300 000 € · 0,70 % de 1 300 000 à 2 570 000 € · 1 % de 2 570 000 à 5 000 000 € · 1,25 % de 5 000 000 à 10 000 000 € · 1,50 % au-delà. Le calcul commence à 800 000 € une fois le seuil de 1,3 million d’euros dépassé.

Source : impots.gouv.fr — Calcul de l’IFI (art. 977 du CGI)

Plusieurs règles allègent la note. La résidence principale bénéficie d’un abattement de 30 % sur sa valeur vénale. Une décote s’applique entre 1,3 et 1,4 million d’euros pour lisser l’effet de seuil. Et un don à une fondation reconnue d’utilité publique réduit l’IFI de 75 % du montant versé, dans la limite de 50 000 € de réduction.

Concrètement, pour un patrimoine immobilier net de 1,5 million d’euros, l’administration calcule : 800 000 € à 0 %, puis 500 000 € à 0,5 %, puis 200 000 € à 0,7 %, soit 3 900 € d’IFI. L’impôt ne touche qu’une minorité de foyers, ceux dont le seul patrimoine immobilier dépasse le seuil.

Contribuable échangeant avec un expert sur les évolutions de la fiscalité du patrimoine.

Ce que ça change concrètement pour vous

Pour 2026, la réponse est directe : rien ne change. Vos fonds euros, vos cryptomonnaies, votre or ou vos liquidités ne sont pas soumis à l’IFI. L’assurance-vie reste hors du champ de l’impôt, à l’exception des éventuels supports immobiliers (SCPI, OPCI) qu’elle contient, déjà pris en compte au titre de l’IFI immobilier.

Si vous aviez envisagé d’arbitrer un fonds euros vers des unités de compte dans le seul but d’échapper à la réforme, cette urgence n’a plus lieu d’être. Le choix entre fonds euros et UC redevient ce qu’il doit être : un arbitrage entre rendement, risque et horizon. Pour mémoire, le fonds euros bénéficie d’une garantie en capital (hors frais de gestion), tandis que les unités de compte ne garantissent pas le capital investi et restent soumises aux fluctuations des marchés.

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans

J’ai suivi le budget 2026 amendement par amendement, et j’ai vu beaucoup de lecteurs s’inquiéter pour leur assurance-vie. Mon principe reste le même : on ne réorganise jamais son épargne sur la foi d’un texte voté en première lecture. Tant qu’une loi n’est pas promulguée, elle n’a aucune portée fiscale. Arbitrer un fonds euros dans l’urgence pour éviter une taxe qui n’existe pas, c’est prendre un risque réel pour fuir un risque imaginaire.

Et après 2026 ? Les perspectives

Rien n’interdit au débat de resurgir. Le Sénat porte cette réforme avec constance, et la situation budgétaire pousse régulièrement à chercher de nouvelles recettes. Une version amendée pourrait revenir dans un futur projet de loi de finances, à l’horizon 2027 ou au-delà.

D’ici là, la prudence consiste à raisonner sur le cadre en vigueur, pas sur des projets. Si une réforme devait être adoptée, elle ne s’appliquerait qu’à compter de l’année suivant sa promulgation, ce qui laisse le temps d’ajuster son allocation sans précipitation.

Questions fréquentes

L’impôt sur la fortune improductive existe-t-il en 2026 ?

Non. Le dispositif a été voté en première lecture à l’Assemblée nationale, puis dans une autre version au Sénat, mais il n’a pas été repris dans la loi de finances pour 2026 adoptée définitivement le 2 février 2026. Seul l’IFI classique, limité à l’immobilier, s’applique.

Les fonds euros de l’assurance-vie sont-ils concernés par l’IFI ?

Non. Les fonds euros et, plus largement, les placements financiers restent hors du champ de l’IFI en 2026. Leur intégration figurait dans le projet d’impôt sur la fortune improductive, qui n’a pas été adopté. Seuls les supports immobiliers logés dans un contrat (SCPI, OPCI) entrent dans l’assiette.

Quelle différence entre ISF, IFI et impôt sur la fortune improductive ?

L’ISF, supprimé en 2018, taxait l’ensemble du patrimoine. L’IFI ne vise que l’immobilier. L’impôt sur la fortune improductive, resté à l’état de projet, aurait taxé les actifs jugés non productifs — or, liquidités, fonds euros, objets de valeur — quelle que soit leur nature.

À partir de quel montant est-on redevable de l’IFI ?

Vous devenez redevable lorsque votre patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d’euros au 1er janvier. Le calcul de l’impôt s’effectue ensuite par tranches à partir de 800 000 €, avec un abattement de 30 % sur la résidence principale.

Sources

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Placer Mon Argent est un site éditorial indépendant, sans statut de conseiller en investissements financiers. Les données fiscales citées sont celles en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer lors des prochaines lois de finances. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs.

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Antoine Mercier

Investisseur particulier · Diplômé en économie (Dauphine)

Antoine investit depuis 12 ans et partage sur Placer Mon Argent ses analyses indépendantes pour vous aider à faire les bons choix financiers.