Chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € sur sa part avant tout calcul d’impôt, le conjoint marié ou pacsé est totalement exonéré, et au-delà des abattements le barème en ligne directe va de 5 % à 45 %. C’est l’essentiel à retenir, mais le montant exact dépend entièrement de votre lien de parenté avec le défunt.
Plus le lien est éloigné, plus l’abattement fond et plus le taux grimpe : un frère ou une sœur ne déduit que 15 932 €, un neveu 7 967 €, et une personne sans lien de parenté seulement 1 594 € avant d’être taxée à 60 %. Voici le détail complet, héritier par héritier.
Abattement en ligne directe : 100 000 € Chaque enfant déduit 100 000 € de sa part par parent. En dessous de ce montant, aucun droit de succession n’est dû. Le conjoint survivant marié et le partenaire de PACS sont, eux, totalement exonérés quel que soit le montant reçu.
Source : Service-Public.fr — Droits de succession (art. 779 et 796-0 bis du CGI)Les abattements par lien de parenté
L’abattement est une somme déduite de la part d’héritage avant l’application du barème. Il est personnel : chaque héritier dispose du sien, fixé selon son degré de parenté avec le défunt. Tant que la part reçue reste sous l’abattement, aucun droit n’est dû.
Ces montants sont fixés par l’article 779 du Code général des impôts et n’ont pas été revalorisés depuis 2011. Le tableau ci-dessous récapitule l’abattement applicable à chaque type d’héritier en 2026.
| Lien de parenté avec le défunt | Abattement (succession) |
|---|---|
| Conjoint marié ou partenaire de PACS | Exonération totale |
| Enfant, parent (ligne directe) | 100 000 € |
| Petit-enfant (sans représentation) | 1 594 € |
| Frère ou sœur | 15 932 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € |
| Personne handicapée (cumulable) | 159 325 € |
| Autre héritier / sans lien de parenté | 1 594 € |
Deux points méritent attention. D’abord, l’abattement personnes handicapées de 159 325 € se cumule avec l’abattement lié au statut d’héritier : un neveu handicapé déduit donc 7 967 € + 159 325 €. Ensuite, l’abattement de l’enfant ne se transmet pas à un autre héritier s’il n’est pas utilisé — il est propre à chaque couple parent-enfant.
Le barème des droits de succession
Une fois l’abattement déduit, le solde — la part nette taxable — est soumis au barème. Celui-ci dépend lui aussi du lien de parenté, et il est progressif en ligne directe : chaque tranche est imposée à son propre taux, pas l’ensemble de la part au taux le plus élevé atteint.
Pour les enfants, parents et petits-enfants (ligne directe), le barème va de 5 % à 45 % selon ce tableau, inchangé depuis la loi de finances 2026.
| Part nette taxable (après abattement) | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
La tranche à 20 % couvre une fourchette très large, de 15 932 € à 552 324 € : elle concerne la majorité des successions de patrimoine moyen, ce qui explique qu’un héritier paie souvent un taux effectif bien inférieur à 20 % sur le total reçu.
Pour les frères et sœurs, l’abattement tombe à 15 932 € et le barème ne compte que deux tranches : 35 % jusqu’à 24 430 € de part taxable, puis 45 % au-delà. Plus loin dans la famille, le taux devient fixe : 55 % pour les neveux, nièces et parents jusqu’au 4ᵉ degré (cousins germains), et 60 % pour les héritiers au-delà du 4ᵉ degré ou sans lien de parenté, dont les concubins.
| Héritier | Abattement | Taux |
|---|---|---|
| Frère / sœur | 15 932 € | 35 % puis 45 % (au-delà de 24 430 €) |
| Neveu / nièce, parent jusqu’au 4ᵉ degré | 7 967 € (neveu/nièce) | 55 % |
| Au-delà du 4ᵉ degré, concubin, tiers | 1 594 € | 60 % |
Comment calculer les droits, étape par étape
Le calcul suit toujours la même logique, quel que soit l’héritier. On détermine d’abord la part nette reçue (les biens, moins les dettes déductibles), on applique l’abattement personnel, puis le barème sur le reste. Voici trois exemples chiffrés pour fixer les ordres de grandeur.
Un enfant hérite de 250 000 €. Après l’abattement de 100 000 €, la base taxable est de 150 000 €. En appliquant le barème progressif tranche par tranche, les droits s’élèvent à environ 28 194 €, soit un taux effectif d’à peine plus de 11 % sur la somme reçue.
Un frère hérite de 100 000 €. Après l’abattement de 15 932 €, la base est de 84 068 €. Le calcul (24 430 € à 35 %, le reste à 45 %) donne environ 35 388 € de droits — près de trois fois plus que pour un enfant à montant équivalent.
Un neveu hérite de 50 000 €. Après l’abattement de 7 967 €, les 42 033 € restants sont taxés à 55 %, soit 23 118 € de droits. L’écart de traitement entre un enfant et un collatéral est l’une des principales raisons d’anticiper sa transmission.

Cas particuliers à connaître
Le sort des petits-enfants surprend souvent. S’ils héritent directement de leurs grands-parents, ils ne bénéficient que de l’abattement résiduel de 1 594 €. Mais s’ils viennent par représentation d’un parent décédé avant le grand-parent, ils se partagent l’abattement de 100 000 € qu’aurait eu ce parent et profitent du barème en ligne directe.
Autre point régulièrement confondu : l’abattement petit-enfant de 31 865 € existe bien, mais il ne s’applique qu’aux donations, pas aux successions. Le mélanger avec le régime successoral conduit à des estimations fausses.
⚠️ À ne pas confondre
Un concubin (couple non marié et non pacsé) n’a aucune exonération : il est taxé à 60 % après un abattement de seulement 1 594 €. Sur un héritage de 300 000 €, cela représente près de 179 000 € de droits, là où un simple PACS aurait tout effacé. La déclaration de succession doit par ailleurs être déposée dans les 6 mois suivant le décès.
Un barème figé depuis 2011
Les abattements et le barème n’ont pas été revalorisés depuis la loi de finances 2011, et la loi de finances 2026 ne les a pas modifiés. En parallèle, les prix de l’immobilier et l’inflation cumulée ont fortement progressé sur la période.
Conséquence mécanique : une part croissante de successions dépasse désormais l’abattement de 100 000 € et devient imposable, simplement parce que la valeur des biens a augmenté pendant que les seuils restaient figés. C’est un effet de « gel » qui alourdit l’imposition réelle sans qu’aucun taux n’ait changé. Une revalorisation est régulièrement évoquée dans le débat public, mais rien n’est acté à ce jour.
Réduire les droits : donation, assurance-vie, immobilier
Plusieurs leviers légaux permettent d’alléger la facture. Le plus connu est la donation anticipée : l’abattement de 100 000 € par enfant se reconstitue tous les 15 ans. Donner tôt, puis transmettre le reste au décès, permet de cumuler plusieurs abattements sur une vie.
L’assurance-vie dispose d’un régime fiscal distinct : les capitaux transmis aux bénéficiaires bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. C’est l’outil le plus utilisé pour transmettre à un concubin ou un proche non parenté, autrement taxé à 60 %.
Pour le patrimoine immobilier, des techniques comme le démembrement de propriété (transmettre la nue-propriété en conservant l’usufruit) réduisent la base taxable au décès. Nous détaillons ces mécanismes dans notre guide sur comment limiter les droits de succession sur un bien immobilier.
En discutant transmission autour de moi, la confusion qui revient le plus souvent est de croire que l’abattement de 100 000 € vaut « une fois pour toute la fratrie ». Il est en réalité de 100 000 € par enfant et par parent. Pour une famille de trois enfants, c’est 300 000 € transmis par chaque parent sans droits — soit 600 000 € au total sur les deux successions. Le second réflexe utile, c’est de vérifier la date des donations passées : passé 15 ans, l’abattement repart à zéro.
Questions fréquentes
Quel montant peut-on hériter sans payer de droits de succession ?
Chaque enfant peut recevoir jusqu’à 100 000 € par parent sans aucun droit. Le conjoint marié ou pacsé n’en paie aucun, quel que soit le montant. Pour un frère ou une sœur, le seuil tombe à 15 932 € ; pour un neveu, à 7 967 €.
Le conjoint paie-t-il des droits de succession ?
Non. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession, sans plafond. Le partenaire de PACS doit toutefois être désigné par testament pour hériter.
L’abattement de 100 000 € se renouvelle-t-il ?
En succession, l’abattement s’applique une fois au décès. Mais en donation, il se reconstitue tous les 15 ans : un parent peut donner 100 000 € à chaque enfant, puis recommencer 15 ans plus tard, et l’abattement successoral reste intact si le délai est respecté.
Comment sont taxés les frères et sœurs ?
Après un abattement de 15 932 €, la part taxable est imposée à 35 % jusqu’à 24 430 € puis à 45 % au-delà. Une exonération totale existe, mais sous trois conditions cumulatives strictes : avoir vécu avec le défunt les 5 années précédant le décès, être célibataire, veuf, divorcé ou séparé, et avoir plus de 50 ans ou être infirme.
Quel est le taux pour un héritier sans lien de parenté ?
Un tiers ou un concubin est taxé à 60 % après un abattement de seulement 1 594 €. C’est le taux le plus élevé du barème successoral, ce qui rend l’assurance-vie particulièrement pertinente pour transmettre à un proche non apparenté.
Quand faut-il payer les droits de succession ?
La déclaration de succession et le paiement des droits doivent intervenir dans les 6 mois suivant le décès en France métropolitaine (1 an si le décès a lieu à l’étranger). Un paiement fractionné ou différé peut être accordé sous conditions, notamment pour les biens peu liquides.
Sources
- Service-Public.fr — Droits de succession : montants et barème (F35794)
- Service-Public.fr — Droits de succession 2026 : barème non modifié
- BOFiP — Abattements sur la part nette (art. 779 CGI)
- Notaires de France — Ordre des héritiers et barème des droits
Cet article fournit une information générale sur la fiscalité des successions. Il ne constitue pas un conseil fiscal ou patrimonial personnalisé. Les montants et barèmes cités sont ceux en vigueur en juin 2026 et peuvent évoluer. Chaque situation successorale étant particulière, consultez un notaire avant toute décision de transmission.


