La fiscalité de l’assurance-vie repose sur un principe simple : vous n’êtes imposé qu’au moment où vous retirez votre argent, et uniquement sur les gains, jamais sur le capital versé. C’est ce mécanisme, doublé d’une imposition allégée après huit ans et d’un régime de transmission à part, qui en fait le placement préféré des Français. En 2026, l’assurance-vie a même échappé à la hausse des prélèvements sociaux qui touche les autres placements financiers. Voici comment elle est imposée, du rachat à la succession.
Comment fonctionne l’imposition de l’assurance-vie
L’assurance-vie est une enveloppe capitalisante. Tant que votre argent reste sur le contrat, vos plus-values ne sont pas imposées : elles continuent de fructifier. L’impôt n’intervient qu’au moment d’un rachat — le terme technique pour un retrait, partiel ou total — et seulement sur la part de gains comprise dans la somme retirée.
Une exception existe sur le fonds euros, dont le capital est garanti : ses intérêts supportent les prélèvements sociaux de 17,2 % chaque année, prélevés automatiquement par l’assureur au 31 décembre. Sur les unités de compte, qui ne garantissent pas le capital, ces prélèvements n’interviennent qu’au moment du rachat.
Seuls les gains sont imposés. L’assurance-vie est une enveloppe capitalisante : tant que vous ne retirez rien, vos plus-values ne sont pas imposées. Seuls les gains compris dans un rachat sont taxés, jamais le capital versé. Sur le fonds euros, les prélèvements sociaux de 17,2 % sont prélevés chaque année. En 2026, l’assurance-vie reste à 17,2 % alors que les autres placements financiers détenus en direct passent à 18,6 %.
Source : economie.gouv.fr — Fiscalité de l’assurance-vie ; LFSS 2026Ce taux de 17,2 % est une bonne nouvelle pour 2026 : alors que la loi de financement de la Sécurité sociale a relevé les prélèvements sociaux à 18,6 % sur la plupart des placements financiers (comptes-titres, PEA, dividendes, plus-values mobilières), l’assurance-vie a été expressément maintenue à 17,2 %. Son avantage relatif sur les autres enveloppes s’en trouve renforcé.

La fiscalité des rachats : avant et après 8 ans
Quand vous effectuez un rachat, l’assureur calcule la part de gains contenue dans la somme retirée. Si vous récupérez 10 000 € sur un contrat composé à 80 % de versements et 20 % de plus-values, seuls 2 000 € de gains sont imposables. Le reste, votre capital, échappe à toute taxation.
Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017, ces gains relèvent du prélèvement forfaitaire unique (PFU), ou flat tax, de 30 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Ce taux s’applique tant que votre contrat a moins de huit ans.
Taux des rachats — primes versées depuis le 27/09/2017. Avant 8 ans : PFU de 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux). Après 8 ans : 7,5 % d’impôt sur la part des primes inférieure à 150 000 €, après un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple), plus 17,2 % de prélèvements sociaux. L’option pour le barème progressif de l’impôt reste possible.
Source : economie.gouv.fr ; article 125-0 A du Code général des impôtsAprès huit ans, le taux d’impôt sur le revenu tombe à 7,5 % pour la part des primes inférieure à 150 000 €, et vous bénéficiez d’un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple marié ou pacsé). Concrètement, sur 6 000 € de gains retirés après huit ans en étant seul, 4 600 € sont effacés par l’abattement : il ne reste que 1 400 € imposés à 7,5 %, soit 105 € d’impôt. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur l’ensemble des gains.
Vous pouvez aussi opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu plutôt que le prélèvement forfaitaire. Ce choix devient intéressant si votre tranche marginale est faible (0 % ou 11 %), mais il s’applique alors à l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l’année. Les foyers dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 25 000 € (50 000 € pour un couple) peuvent par ailleurs demander à être dispensés de l’acompte forfaitaire.
Les abattements de l’assurance-vie : 4 600 € et 152 500 €
Deux abattements portent le même nom mais ne jouent pas du tout au même moment, et la confusion est fréquente. Le premier, de 4 600 € ou 9 200 €, concerne vos rachats de votre vivant après huit ans. Il est annuel et ne porte que sur les gains.
Le second, de 152 500 € par bénéficiaire, concerne la transmission à votre décès. Il s’applique aux capitaux issus des versements réalisés avant vos 70 ans et se cumule pour chaque personne que vous désignez. Nous détaillons les plafonds et le calcul dans notre guide dédié à l’abattement de l’assurance-vie.
⚠️ À ne pas confondre
L’abattement de 4 600 € / 9 200 € s’applique à vos rachats après 8 ans : il est annuel et ne porte que sur les gains. Celui de 152 500 € concerne la transmission au décès : il joue par bénéficiaire, sur les capitaux issus des versements faits avant vos 70 ans. Deux mécanismes distincts, à deux moments différents.
La fiscalité en cas de décès : tout dépend de vos 70 ans
Au décès de l’assuré, les capitaux d’une assurance-vie ne sont pas intégrés à la succession civile : ils sont versés directement aux bénéficiaires désignés dans la clause, en dehors de l’actif successoral (article L.132-12 du Code des assurances). Ils suivent une fiscalité spécifique, qui dépend entièrement de votre âge au moment des versements, et non de la date d’ouverture du contrat.
Pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI), chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €. Au-delà, la fraction taxable est prélevée à 20 % jusqu’à 700 000 €, puis à 31,25 %. Un parent qui transmet 200 000 € à son enfant via ce régime ne laisse imposer que 47 500 € (200 000 − 152 500), soit 9 500 € de prélèvement — contre des droits bien supérieurs dans une succession classique.
Pour les primes versées après 70 ans (article 757 B du CGI), l’abattement tombe à 30 500 €, partagé entre tous les bénéficiaires. Seules les primes sont alors taxées, aux droits de succession classiques selon le lien de parenté : les intérêts et plus-values restent exonérés. Le conjoint ou partenaire de PACS survivant, lui, est totalement exonéré dans tous les cas, quel que soit l’âge aux versements.
Transmission : deux régimes selon l’âge aux versements. Avant 70 ans (art. 990 I) : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % sur la fraction taxable jusqu’à 700 000 €, et 31,25 % au-delà. Après 70 ans (art. 757 B) : abattement global de 30 500 € partagé entre les bénéficiaires, droits de succession classiques sur les seules primes — les gains sont exonérés. Conjoint et partenaire de PACS totalement exonérés.
Source : BOFIP — articles 990 I et 757 B du Code général des impôts
Comment réduire la fiscalité de votre assurance-vie
Quelques principes simples permettent de limiter l’imposition. Le premier est de prendre date tôt : les huit ans courent depuis l’ouverture du contrat, pas depuis vos premiers versements importants. Ouvrir un contrat jeune, même avec quelques centaines d’euros, vous fait gagner l’antériorité fiscale.
Le deuxième consiste à échelonner vos rachats après huit ans pour rester chaque année sous le seuil de l’abattement de 4 600 € ou 9 200 € de gains. En lissant un retrait important sur deux ou trois années civiles, vous pouvez réduire fortement, voire annuler, l’impôt sur le revenu dû sur vos gains.
Pour la transmission, deux leviers se combinent : verser avant 70 ans pour profiter du régime le plus favorable, et désigner plusieurs bénéficiaires, puisque l’abattement de 152 500 € se multiplie par leur nombre. La rédaction de la clause bénéficiaire mérite ici toute votre attention.
Le réflexe que je retiens après douze ans : ouvrir un contrat le plus tôt possible, même avec un versement modeste, pour « prendre date ». Les huit ans démarrent dès l’ouverture, pas le jour où vous y placez une grosse somme. Un contrat ouvert puis laissé de côté à 30 ans vous fait franchir le cap fiscal des 8 ans bien avant un contrat ouvert à 40 ans.
Questions fréquentes
Paie-t-on des impôts sur une assurance-vie sans effectuer de retrait ?
Non, à une exception près. Tant que vous ne réalisez aucun rachat, vos gains ne sont pas imposés à l’impôt sur le revenu. Seuls les intérêts du fonds euros supportent les prélèvements sociaux de 17,2 % chaque année. Les plus-values sur unités de compte ne sont imposées qu’au moment d’un retrait.
Quelle est la fiscalité de l’assurance-vie après 8 ans ?
Après huit ans, les gains compris dans vos rachats bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple). Au-delà, ils sont imposés à 7,5 % pour la part des primes inférieure à 150 000 €, plus 17,2 % de prélèvements sociaux. C’est le seuil clé qui rend l’assurance-vie efficace dans la durée.
L’assurance-vie entre-t-elle dans la succession ?
En principe non : les capitaux sont versés hors succession aux bénéficiaires de la clause. Ils obéissent à une fiscalité propre (articles 990 I et 757 B), distincte des droits de succession classiques. Seules les primes versées après 70 ans, au-delà de l’abattement de 30 500 €, réintègrent l’assiette des droits de succession.
Sources
- economie.gouv.fr — Quelle est la fiscalité de l’assurance-vie ?
- service-public.fr — Comment sont imposés les revenus d’un contrat d’assurance-vie ?
- Legifrance — article 125-0 A du Code général des impôts
- BOFIP — prélèvement de l’article 990 I du CGI (capitaux décès)
- BOFIP — successions et contrats d’assurance (article 757 B du CGI)
Les informations fiscales présentées reflètent la réglementation en vigueur en 2026 et sont susceptibles d’évoluer. Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Avant toute décision, rapprochez-vous d’un professionnel agréé.


