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Assurance-vie

Abattement Assurance Vie : 4 600 € et 9 200 € Après 8 Ans

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans
Mis à jour le 18 juin 2026 · 6 min de lecture
Épargnante analysant un dossier d’assurance-vie et ses avantages fiscaux.

Après 8 ans de détention, votre contrat d’assurance-vie ouvre droit à un abattement annuel sur les gains que vous retirez : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. En dessous de ce seuil, la part de gains rachetée échappe à l’impôt sur le revenu. Au-delà, elle est taxée à 7,5 %, et les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas.

L’essentiel. Après 8 ans, un contrat d’assurance-vie donne droit à un abattement annuel de 4 600 € de gains pour une personne seule et 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Au-delà, les gains sont imposés à 7,5 % jusqu’à 150 000 € de versements, puis 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent sur la totalité des gains, sans abattement.

Source : impots.gouv.fr — Imposition des produits d’assurance-vie

Sur quoi porte exactement l’abattement

L’abattement ne s’applique jamais sur la totalité du retrait, mais uniquement sur la part de gains qu’il contient. Quand vous effectuez un rachat partiel, chaque euro retiré se compose d’une fraction de capital (l’argent que vous avez versé) et d’une fraction de plus-values. Le capital n’est jamais imposé : seule la part de gains entre dans l’assiette de l’impôt, et c’est sur elle que joue l’abattement.

La règle de calcul est fixée par l’administration fiscale. La part imposable d’un rachat se détermine ainsi : montant du rachat × (gains totaux du contrat ÷ valeur totale du contrat). Cette formule explique pourquoi un retrait de plusieurs milliers d’euros ne génère souvent qu’une fraction imposable réduite — surtout sur un contrat récemment alimenté.

Calcul de la part imposable. Part imposable = montant du rachat × (gains du contrat ÷ valeur totale du contrat). Exemple : sur un contrat de 50 000 € contenant 10 000 € de gains, un retrait de 5 000 € contient 1 000 € de gains imposables. C’est sur ces 1 000 € que s’applique l’abattement, pas sur les 5 000 €.

Source : impots.gouv.fr — Calcul du montant imposable

Comment se déclenche la taxation après 8 ans

Depuis la réforme de 2018, le traitement fiscal dépend de la date de vos versements. Pour les primes versées à partir du 27 septembre 2017, l’imposition se fait en deux temps. L’assureur prélève d’abord un prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL) de 7,5 % sur les gains au moment du rachat. L’année suivante, lors de votre déclaration, l’impôt définitif est recalculé après application de l’abattement, et le trop-perçu vous est restitué.

Le taux de 7,5 % s’applique tant que l’ensemble de vos versements ne dépasse pas 150 000 €. Au-delà de ce seuil, la fraction de gains correspondant aux primes excédant 150 000 € passe à 12,8 %. Vous pouvez aussi opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu si c’est plus favorable, en cochant la case 2OP de votre déclaration.

Pour les versements antérieurs au 27 septembre 2017, le régime est différent : vous pouvez choisir le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 7,5 % après 8 ans. Attention, dans ce cas l’abattement ne s’applique pas automatiquement : il faut reporter le montant brut des gains en case 2DH pour récupérer l’avantage sous forme de crédit d’impôt.

Couple, plusieurs contrats, seuil de 150 000 €

Plusieurs idées reçues circulent sur cet abattement. D’abord, il est global : si vous détenez trois contrats de plus de 8 ans, l’abattement reste de 4 600 € au total pour l’ensemble de vos rachats de l’année, pas 4 600 € par contrat. Ensuite, il est annuel et non reportable : une année sans rachat est une année d’abattement définitivement perdue.

Le doublement à 9 200 € suppose une imposition commune (mariage ou PACS), même si chaque conjoint détient ses propres contrats. Enfin, le seuil de 150 000 € s’apprécie sur les versements, pas sur la valeur du contrat : un contrat de 200 000 € alimenté par 130 000 € de primes reste intégralement au taux de 7,5 %. L’assurance-vie répond ici à une logique propre, à ne pas confondre avec celle de l’assurance-décès, dont le fonctionnement est très différent.

⚠️ Erreur fréquente

« Exonéré d’impôt » ne veut pas dire « zéro prélèvement ». L’abattement ne concerne que l’impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur la totalité des gains rachetés, même quand ceux-ci sont inférieurs à 4 600 €. Autre piège : l’abattement n’est pas reportable d’une année sur l’autre.

Conseiller financier présentant les règles d’abattement fiscal liées à l’assurance-vie.

Ce que l’abattement change concrètement

Prenons un cas chiffré. Une personne seule, contrat de plus de 8 ans, retire dans l’année un rachat contenant 6 000 € de gains. L’abattement de 4 600 € ramène la base imposable à 1 400 €, taxés à 7,5 % : soit 105 € d’impôt sur le revenu. À cela s’ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 % calculés sur les 6 000 € de gains, soit 1 032 €. Sans abattement, l’impôt sur le revenu aurait porté sur la totalité.

Pour un couple, l’effet est encore plus net. Un rachat contenant 9 200 € de gains est totalement exonéré d’impôt sur le revenu grâce à l’abattement doublé. Restent uniquement les prélèvements sociaux. C’est ce mécanisme qui fait de l’assurance-vie de plus de 8 ans l’une des enveloppes les mieux traitées pour générer un complément de revenu peu fiscalisé.

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans

Quand je dois sortir une grosse somme, je la fractionne sur deux années civiles : un rachat fin décembre, un autre début janvier. À un mois d’écart seulement, l’abattement joue deux fois. Sur un retrait de gains de 9 000 € en couple, ce simple découpage efface entièrement l’impôt sur le revenu, là où un rachat unique en aurait laissé une partie taxable.

Dernier réflexe utile : si votre revenu fiscal de référence est modeste, vous pouvez demander une dispense du prélèvement à la source. Le seuil est de 25 000 € de RFR (année N-2) pour une personne seule et 50 000 € pour un couple. Sans cette dispense, l’assureur prélève le PFNL de 7,5 % d’office, somme qui ne vous sera remboursée que l’année suivante.

Questions fréquentes

L’abattement de 4 600 € s’applique-t-il à chaque contrat ?

Non. L’abattement est global : il vaut 4 600 € au total (ou 9 200 € en couple) pour l’ensemble de vos rachats de l’année, tous contrats confondus. Détenir plusieurs assurances-vie ne multiplie pas l’avantage. En revanche, étaler vos retraits sur plusieurs années civiles permet de bénéficier de l’abattement à chaque exercice.

Payer 0 € d’impôt signifie-t-il aucun prélèvement ?

Non, et c’est la confusion la plus courante. Même quand vos gains rachetés restent sous le seuil de l’abattement, les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent sur la totalité de la plus-value. L’abattement neutralise l’impôt sur le revenu, pas les prélèvements sociaux.

Faut-il attendre 8 ans pile ou que le contrat soit ouvert depuis longtemps ?

C’est l’ancienneté du contrat qui compte, décomptée à partir de sa date d’ouverture, et non l’ancienneté des versements. Un contrat ouvert il y a 9 ans donne droit à l’abattement, même pour des sommes versées récemment. Avant 8 ans, les gains sont imposés à 12,8 % (plus 17,2 % de prélèvements sociaux), sans abattement.

Les prélèvements sociaux ont-ils augmenté en 2026 ?

Non. Pour l’assurance-vie, le taux global de prélèvements sociaux reste fixé à 17,2 % en 2026. La hausse de CSG évoquée sur certains revenus du capital ne concerne pas les contrats d’assurance-vie.

Sources

impots.gouv.fr — Imposition des produits des contrats d’assurance-vie depuis le 1er janvier 2018
economie.gouv.fr — La fiscalité de l’assurance-vie

Cet article est fourni à titre informatif et reflète la réglementation fiscale en vigueur en juin 2026, susceptible d’évoluer. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Ce contenu ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.

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Antoine Mercier

Investisseur particulier · Diplômé en économie (Dauphine)

Antoine investit depuis 12 ans et partage sur Placer Mon Argent ses analyses indépendantes pour vous aider à faire les bons choix financiers.