Si vous êtes né en 1963, il vous faut 170 trimestres — soit 42 ans et 6 mois de cotisation — pour partir à la retraite à taux plein. Votre âge légal de départ est fixé à 62 ans et 9 mois, quel que soit votre mois de naissance. Ces deux chiffres découlent directement de la réforme des retraites de 2023, et la suspension votée fin 2025 ne change rien pour votre génération.
L’essentiel pour la génération 1963. 170 trimestres requis pour le taux plein (régime général, fonctionnaires sédentaires, indépendants). Âge légal : 62 ans et 9 mois. Taux plein automatique sans condition de trimestres : 67 ans. Carrière longue possible à 60 ans si 168 trimestres cotisés avant le 1er septembre 2023 et début d’activité avant 20 ans.
Source : L’Assurance retraite — Mon âge de départ à la retraite170 trimestres : ce que ça représente concrètement
Le chiffre de 170 trimestres correspond à la durée d’assurance exigée pour obtenir votre retraite de base à taux plein de 50 % dans le régime général (salariés du privé). Cette durée est la même pour les fonctionnaires de catégorie sédentaire et pour les indépendants affiliés au régime des artisans-commerçants. Traduit en années de cotisation, cela représente 42 ans et 6 mois d’activité validée.
La génération 1963 a hérité d’une augmentation de 2 trimestres par rapport à la génération 1960 (qui n’avait besoin que de 167 trimestres). Cet allongement progressif — d’un trimestre supplémentaire par génération — est l’un des deux piliers de la réforme des retraites du 14 avril 2023, avec le recul de l’âge légal. L’Assurance retraite confirme ces chiffres sur son portail officiel.
Tous les trimestres comptent pour atteindre les 170 : les trimestres cotisés (périodes de travail rémunérées), les trimestres assimilés (chômage indemnisé, maladie, maternité, service militaire) et les trimestres de majoration liés aux enfants (8 trimestres par enfant pour les mères, partageables avec le père depuis 2010). C’est la durée d’assurance totale, tous régimes confondus, qui est retenue.
Votre âge légal : 62 ans et 9 mois
Pour la génération 1963, l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 62 ans et 9 mois. C’est l’âge minimum auquel vous pouvez demander la liquidation de vos droits, hors dispositifs de départ anticipé. Concrètement, si vous êtes né en janvier 1963, vous atteignez cet âge en octobre 2025 ; si vous êtes né en juillet 1963, ce sera en avril 2026.
La retraite prend toujours effet le 1er jour du mois qui suit votre date anniversaire des 62 ans et 9 mois. Exemple : vous êtes né le 19 juillet 1963, vous atteignez 62 ans et 9 mois le 19 avril 2026, votre retraite peut démarrer au 1er mai 2026. L’administration ne fait pas d’exception à cette règle du 1er du mois, même si vous atteignez l’âge le 1er exactement.
⚠️ À ne pas confondre
La suspension de la réforme votée fin 2025 dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 ne concerne PAS la génération 1963. Elle s’applique uniquement aux personnes nées entre 1964 et 1968 qui prendront leur retraite après le 1er septembre 2026. Si vous êtes né en 1963, vos conditions restent celles fixées par la réforme d’avril 2023 : 170 trimestres et 62 ans 9 mois.
L’historique : comment on est passé de 167 à 170 trimestres
La montée en charge de la durée d’assurance s’est faite progressivement sur plusieurs réformes. La loi Touraine de 2014 prévoyait déjà un allongement à raison d’un trimestre par génération à partir de 1961. La réforme de 2023 a accéléré ce calendrier pour atteindre 172 trimestres dès la génération 1965, au lieu de 1973 dans la version initiale de la loi Touraine.
Voici l’évolution sur les générations proches de 1963, pour situer votre exigence dans le temps :
| Année de naissance | Âge légal | Trimestres requis | Équivalent en années |
|---|---|---|---|
| 1960 | 62 ans | 167 | 41 ans 9 mois |
| 1961 (avant le 1er sept.) | 62 ans | 168 | 42 ans |
| 1961 (à partir du 1er sept.) | 62 ans 3 mois | 169 | 42 ans 3 mois |
| 1962 | 62 ans 6 mois | 169 | 42 ans 3 mois |
| 1963 | 62 ans 9 mois | 170 | 42 ans 6 mois |
| 1964 | 62 ans 9 mois (suspension) | 170 | 42 ans 6 mois |
| 1965 (1er trim.) | 62 ans 9 mois (suspension) | 170 | 42 ans 6 mois |
| 1965 (à partir du 2e trim.) | 63 ans | 171 | 42 ans 9 mois |
Ce tableau met en lumière une particularité de la génération 1963 : elle reste pleinement soumise à la réforme de 2023 alors que les générations 1964 et 1965 bénéficient d’un freinage avec la loi de 2026. Vous êtes la dernière génération pour laquelle la réforme s’applique intégralement, car votre départ se fait nécessairement avant le 1er septembre 2026.
Les trois façons d’obtenir le taux plein
Si vous êtes né en 1963, vous pouvez obtenir le taux plein de 50 % (régime général) par trois voies distinctes, chacune avec ses conditions propres. Comprendre ces trois portes d’entrée est essentiel pour construire votre stratégie de départ.
1. Atteindre 170 trimestres à l’âge légal ou après
C’est la voie classique. Dès que vous avez cumulé 170 trimestres ET atteint vos 62 ans et 9 mois, vous pouvez partir à taux plein. Si vous avez vos trimestres avant l’âge légal, vous devez quand même attendre 62 ans et 9 mois (sauf dispositif de départ anticipé). Si vous continuez au-delà avec les trimestres complets, vous déclenchez une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire cotisé, qui majore votre pension à vie.
2. Partir à 67 ans sans condition de trimestres
L’âge du taux plein automatique reste fixé à 67 ans pour tous, quelle que soit votre durée d’assurance. Si vous n’avez que 150 trimestres à 67 ans, vous obtenez quand même le taux plein de 50 % — sans décote. Votre pension sera toutefois proratisée : elle sera calculée sur la base de 150/170 (soit 88 % du montant maximal possible), mais sans la pénalité supplémentaire de la décote.
3. Bénéficier d’un dispositif de départ anticipé
Plusieurs dispositifs ouvrent le droit à un départ avant 62 ans et 9 mois avec le taux plein : la carrière longue (détaillée plus bas), l’incapacité permanente d’au moins 20 % reconnue au titre d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, le handicap (à partir de 55 ans avec 50 % d’incapacité), et le compte professionnel de prévention (C2P) pour les travaux pénibles.
Carrière longue : la porte à 60 ans si vous remplissez la clause de sauvegarde
Si vous avez commencé à travailler jeune, vous pouvez partir dès 60 ans au titre de la carrière longue, grâce à la clause de sauvegarde spécifiquement créée pour les générations 1961 (à partir de septembre), 1962 et 1963. Cette clause permet d’échapper au recul de l’âge légal pour les assurés qui remplissaient déjà les conditions de la réglementation antérieure.
Les deux conditions cumulatives pour bénéficier de la clause de sauvegarde sont strictes. D’abord, avoir validé 5 trimestres avant la fin de l’année de vos 20 ans (4 trimestres suffisent si vous êtes né entre octobre et décembre 1963). Ensuite, avoir cotisé 168 trimestres avant le 1er septembre 2023 — la date d’entrée en vigueur de la réforme. Les deux conditions doivent être remplies ensemble.
⚠️ Point de vigilance carrière longue
Si vous remplissez les conditions, votre retraite de base est calculée sans décote, mais avec une proratisation 168/170. Pour un salaire annuel moyen de 30 000 €, cela donne : 30 000 × 50 % × 168/170 = 14 823 € brut annuel. Si vous décalez votre départ pour atteindre 170 trimestres, vous récupérez 176 € par an sur votre pension de base.
La demande de la clause de sauvegarde n’est pas automatique. Vous devez l’adresser expressément à votre CARSAT par courrier manuscrit, en demandant le bénéfice de cette dérogation. Sans cette demande, votre caisse applique par défaut les nouvelles règles (départ à 60 ans et 3 mois avec 170 trimestres). Il n’existe pas de formulaire officiel pour cette demande.
Si vous êtes né entre septembre et décembre 1963, vous êtes dans la situation la plus délicate : sans la clause, vous devriez attendre 60 ans et 3 mois. Avec la clause, vous pouvez partir à 60 ans pile, ce qui représente un gain concret de 3 mois de pension.
Et les autres régimes ? Complémentaire Agirc-Arrco, fonctionnaires, indépendants
Les 170 trimestres s’appliquent au régime de base de la Sécurité sociale (CNAV pour les salariés, MSA pour les agriculteurs, SSI pour les indépendants). Les retraites complémentaires fonctionnent selon une logique différente.
Pour l’Agirc-Arrco (complémentaire des salariés du privé), le système est en points. Vos points accumulés tout au long de votre carrière sont convertis en pension. Vous pouvez liquider votre Agirc-Arrco à 62 ans et 9 mois (votre âge légal), à taux plein si vous avez le taux plein au régime de base. Sinon, un coefficient de minoration temporaire peut s’appliquer jusqu’à vos 67 ans.
Pour les fonctionnaires de catégorie sédentaire nés en 1963, les règles sont alignées : 170 trimestres tous régimes confondus, âge légal à 62 ans et 9 mois, taux plein automatique à 67 ans. La pension est calculée sur les 6 derniers mois de traitement indiciaire brut, hors primes. Les fonctionnaires de catégorie active (policiers, douaniers, pompiers…) et super-active bénéficient d’âges de départ plus précoces, mais doivent aussi valider 170 trimestres pour le taux plein sans décote.
Pour les indépendants affiliés à la SSI (ex-RSI), les conditions de durée d’assurance sont identiques à celles du régime général : 170 trimestres. Si vous avez eu une carrière mixte salarié-indépendant, c’est le total tous régimes qui compte.

Ce que ça change concrètement pour vous en 2026
Si vous êtes né en 1963 et que vous n’avez pas encore liquidé vos droits, trois scénarios s’offrent à vous en fonction de votre durée d’assurance à l’âge légal. Anticiper permet d’éviter une décote de 1,25 % par trimestre manquant, plafonnée à 25 % de votre pension — une pénalité appliquée à vie.
Premier scénario : vous avez vos 170 trimestres à 62 ans et 9 mois. Vous pouvez partir avec le taux plein. Si vous continuez à travailler, chaque trimestre supplémentaire déclenche une surcote de 1,25 % (soit 5 % par année complète cotisée en plus). Un an de travail supplémentaire augmente donc votre pension à vie de 5 %.
Deuxième scénario : il vous manque quelques trimestres. Vous avez trois options. Prolonger votre activité pour atteindre 170 trimestres. Accepter la décote en partant quand même (1,25 % par trimestre manquant). Attendre 67 ans pour obtenir le taux plein automatique, avec proratisation mais sans décote. La bonne option dépend de l’écart : si vous êtes à 166-168 trimestres, prolonger est souvent plus rentable qu’attendre 67 ans.
Dans mon entourage, plusieurs personnes nées en 1963 ont découvert tardivement qu’il leur manquait 2 à 4 trimestres pour le taux plein. Le réflexe commence toujours par télécharger votre relevé de carrière sur info-retraite.fr au moins 2 ans avant votre âge légal. C’est gratuit, ça prend 15 minutes, et ça vous évite de partir avec une décote que vous ne pourrez plus jamais corriger.
Troisième scénario : vous êtes éligible à la carrière longue. Vous pouvez partir dès 60 ans avec la clause de sauvegarde. La demande se fait par courrier à la CARSAT. Attention : la pension de base est proratisée 168/170, même si vous ajoutez des trimestres après. La complémentaire Agirc-Arrco, elle, reste calculée sur l’intégralité de vos points acquis, sans pénalité si vous avez le taux plein au régime de base.
Préparer votre départ : les étapes essentielles
À partir de 55 ans, il est pertinent de faire un premier bilan retraite. Votre relevé de carrière (disponible sur info-retraite.fr) recense tous les trimestres validés dans l’ensemble de vos régimes. Vérifiez qu’aucune période n’est oubliée : apprentissage, service militaire, congés maternité, périodes à l’étranger avec convention bilatérale.
À 60 ans, si vous envisagez un départ anticipé carrière longue, faites une simulation précise sur le portail de l’Assurance retraite. Le service « Demander ma retraite » permet de déposer votre dossier 6 mois avant la date souhaitée de départ. N’attendez pas : les délais de traitement peuvent atteindre 4 mois.
Si vous prévoyez une retraite complète au taux plein mais avec des revenus modestes, pensez à vérifier votre éligibilité au minimum contributif (pour les salariés) ou au minimum garanti (pour les fonctionnaires). Ces dispositifs peuvent majorer automatiquement votre pension si vous avez une carrière complète à bas salaire. Pour préparer financièrement la transition, il peut également être pertinent de regarder les avantages du Plan Épargne Retraite (PER) pour optimiser votre fiscalité sur les dernières années d’activité.

Questions fréquentes
Puis-je racheter des trimestres si je suis né en 1963 ?
Oui, si vous avez entre 20 et 67 ans. Le rachat de trimestres (versement pour la retraite) concerne deux types de périodes : les années d’études supérieures (dans la limite de 12 trimestres) et les années incomplètes (moins de 4 trimestres validés dans l’année). Le coût varie selon votre âge et vos revenus : plus vous êtes proche de la retraite, plus c’est cher. Comptez entre 1 500 € et 6 000 € par trimestre. Le rachat est déductible fiscalement, ce qui peut réduire le coût net de 30 à 45 % selon votre tranche marginale d’imposition.
Que se passe-t-il si je continue à travailler après 62 ans et 9 mois avec mes 170 trimestres ?
Chaque trimestre cotisé au-delà déclenche une surcote de 1,25 %, soit 5 % de pension en plus par année complète travaillée. La surcote n’est pas plafonnée : vous pouvez travailler 2 ans, 3 ans ou plus. Cette majoration s’applique à vie à votre retraite de base. Attention : seuls les trimestres cotisés après l’âge légal et après avoir atteint 170 trimestres comptent pour la surcote.
Mon conjoint né en 1964 a-t-il les mêmes conditions que moi ?
Non. Votre conjoint bénéficie de la suspension de la réforme votée fin 2025 s’il liquide sa retraite après le 1er septembre 2026. Dans ce cas, il aura besoin de 170 trimestres (au lieu de 171) et pourra partir à 62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans). Si en revanche il liquide avant le 1er septembre 2026, ce sont les règles de la réforme 2023 qui s’appliquent : 171 trimestres et 63 ans.
La retraite progressive est-elle possible si je suis né en 1963 ?
Oui, à partir de 60 ans et 9 mois (2 ans avant votre âge légal), à condition d’avoir validé au moins 150 trimestres tous régimes confondus. La retraite progressive permet de réduire votre temps de travail (entre 40 % et 80 % d’un temps plein) tout en percevant une fraction de votre pension. Les trimestres travaillés pendant cette période continuent à s’accumuler, ce qui peut vous permettre d’atteindre les 170 trimestres pour le taux plein définitif.
Les trimestres pour enfants s’ajoutent-ils aux 170 ?
Oui. La majoration de durée d’assurance (MDA) accorde 4 trimestres par enfant au titre de la maternité ou de l’adoption, plus 4 trimestres par enfant au titre de l’éducation, soit 8 trimestres par enfant. Depuis 2010, ces 4 trimestres d’éducation peuvent être partagés avec le père. Pour une mère de 2 enfants, cela représente jusqu’à 16 trimestres (4 ans) qui viennent compléter sa durée d’assurance sans cotisation correspondante.
Ma pension sera-t-elle plafonnée ?
Oui. Votre retraite de base du régime général est plafonnée au PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale), soit environ 47 000 € brut annuel en 2026. Concrètement, même avec un très haut salaire, votre pension de base Sécurité sociale ne dépassera pas 50 % du PASS, soit environ 1 960 € brut mensuel. Les cadres et hauts revenus compensent cette limite par leur complémentaire Agirc-Arrco, qui n’est pas plafonnée de la même manière et représente souvent plus de 50 % de la pension totale.
Sources
Les informations de cet article s’appuient sur les sources officielles suivantes :
- L’Assurance retraite — Mon âge de départ à la retraite
- Info-retraite — Réforme des retraites : âge légal de départ
- Service-Public.fr — Combien de trimestres pour une retraite à taux plein ?
- Service-Public.fr — Retraite de base d’un fonctionnaire : taux plein et taux maximum
- Service des Retraites de l’État — L’âge de la retraite au taux plein
- L’Assurance retraite — Retraite anticipée pour carrière longue
- Agirc-Arrco — L’âge de la retraite à taux plein au régime général
- Décret n° 2023-436 du 3 juin 2023 relatif aux dispositifs de solidarité et aux modalités d’application de la réforme des retraites (Journal officiel)
- Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (suspension partielle de la réforme)


