L’acte de notoriété est le document qui prouve votre qualité d’héritier après un décès. Établi par un notaire, il vous permet de débloquer les comptes bancaires du défunt, de percevoir une pension de réversion ou de modifier une carte grise. Il devient obligatoire dès que la succession dépasse 5 965 €.
Seuil de 5 965 € Depuis le 1er janvier 2026, l’acte de notoriété est requis dès que la succession atteint 5 965 €. En dessous de ce montant, une attestation signée par tous les héritiers suffit. L’acte est dressé en application de l’article 730-1 du Code civil.
Source : Service-Public.fr — Preuve de la qualité d’héritier (fiche F12697)Le rôle de l’acte de notoriété : prouver que vous êtes héritier
Quand une personne décède, ses héritiers ne peuvent pas accéder librement à son patrimoine : tant que rien ne prouve leur qualité, les comptes bancaires restent bloqués. L’acte de notoriété sert précisément à lever ce blocage. C’est un moyen de preuve : il atteste, vis-à-vis des banques, assureurs, caisses de retraite et administrations, que vous figurez bien parmi les ayants droit.
Sa force juridique est solide. L’article 730-3 du Code civil précise que l’acte fait foi jusqu’à preuve contraire des déclarations qu’il contient. Et l’article 730-4 protège les tiers de bonne foi — votre banque, par exemple — qui versent les fonds à un héritier muni de l’acte, même si un autre héritier se manifeste plus tard.
Concrètement, une fois l’acte en main, vous pouvez enchaîner les démarches qui étaient jusque-là impossibles : débloquer ou clôturer les comptes du défunt, percevoir une pension de réversion ou un capital décès, récupérer les sommes d’une assurance-vie, changer le titulaire d’une carte grise, ou encore résilier les abonnements (énergie, téléphone, assurance habitation).
Quand l’acte de notoriété est-il obligatoire ?
L’acte n’est pas systématique. Pour les petites successions, une attestation gratuite signée par les héritiers peut suffire. Le recours au notaire s’impose en revanche dans plusieurs situations précises, qui se cumulent souvent dans une même succession.
| Situation | Acte de notoriété requis ? |
|---|---|
| Succession de 5 965 € ou plus | Oui |
| Présence d’un bien immobilier | Oui |
| Héritier mineur ou majeur protégé | Oui |
| Testament, donation entre époux ou contrat de mariage | Oui |
| Recherche d’héritiers par un généalogiste | Oui |
| Succession inférieure à 5 965 €, sans bien immobilier ni testament | Non — attestation des héritiers |
La répartition entre héritiers que fixe l’acte dépend du lien de parenté et de la présence éventuelle d’un conjoint. Quand le conjoint survivant opte pour l’usufruit, par exemple, la succession se partage entre usufruit et nue-propriété — un mécanisme que nous détaillons dans notre guide sur l’usufruit et la nue-propriété en succession. L’acte de notoriété acte alors la part de chacun selon cette répartition.
Acte de notoriété ou attestation des héritiers : quelle différence ?
Sous le seuil de 5 965 €, la loi autorise une procédure allégée : une attestation signée par l’ensemble des héritiers. Elle remplace l’ancien certificat d’hérédité, que certaines mairies délivraient et qui n’a plus cours. Cette attestation est gratuite, puisque les héritiers la rédigent eux-mêmes, mais elle suppose qu’il n’existe ni testament, ni bien immobilier, ni contestation.
| Critère | Attestation des héritiers | Acte de notoriété |
|---|---|---|
| Montant de la succession | Moins de 5 965 € | 5 965 € ou plus |
| Qui l’établit | Les héritiers eux-mêmes | Le notaire |
| Coût | Gratuit (hors FCDDV) | 69,23 € TTC + frais annexes |
| Bien immobilier accepté | Non | Oui |
| Testament accepté | Non | Oui |
Dès qu’un bien immobilier entre dans la succession, ou qu’un testament existe, l’attestation ne suffit plus : seul l’acte de notoriété, suivi des actes notariés correspondants, permet de poursuivre. C’est la raison pour laquelle la grande majorité des successions impliquant un logement passent par le notaire.
Comment obtenir un acte de notoriété ?
Vous choisissez librement votre notaire — aucune règle ne vous impose celui d’une commune particulière. Tout ayant droit peut faire la demande : un enfant, le conjoint survivant, un frère, une sœur. L’acte peut être lancé à la requête d’un seul héritier, même si les autres seront ensuite identifiés.
Le notaire a besoin de pièces justificatives pour vérifier la dévolution : l’acte de décès du défunt, et les documents d’état civil prouvant votre lien de parenté (acte de naissance, livret de famille). Il interroge ensuite le fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV) pour s’assurer qu’aucun testament n’a été déposé.
À la signature, les héritiers affirment sous serment qu’à leur connaissance, aucun autre ayant droit ne peut prétendre à la succession. Réunir tous les documents en amont accélère nettement la procédure, comme je l’explique ci-dessous.
Au décès de mon père, ce qui m’a fait gagner le plus de temps a été de réunir tous les documents d’état civil avant le premier rendez-vous : acte de décès, livret de famille, actes de naissance de chaque héritier. Le notaire a pu lancer l’interrogation du fichier des testaments dans la foulée, et nous avons évité deux allers-retours. Anticipez aussi le délai bancaire : même avec l’acte en main, le déblocage effectif des comptes prend souvent quelques semaines.

Combien coûte un acte de notoriété ?
Le tarif de l’acte est réglementé, donc identique d’un notaire à l’autre. L’émolument est fixé à 57,69 € HT, soit 69,23 € TTC. C’est le coût de l’acte lui-même, défini par le Code de commerce.
À cette base s’ajoutent des frais annexes : les émoluments de formalités, les copies authentiques, d’éventuels droits d’enregistrement et l’interrogation du FCDDV (18 € depuis la métropole). La facture finale dépend du nombre de copies et de formalités ; vous pouvez demander au notaire un devis écrit détaillé avant de vous engager.
69,23 € TTC pour l’acte L’émolument réglementé du notaire pour l’acte de notoriété s’élève à 57,69 € HT, soit 69,23 € TTC. S’y ajoutent les émoluments de formalités, les copies et, le cas échéant, l’interrogation du fichier des testaments, facturée 18 € depuis la France métropolitaine.
Source : Service-Public.fr — Coût de l’acte de notoriété (fiche F12697)Acte de notoriété et acceptation de la succession
Un point que beaucoup d’héritiers méconnaissent : signer l’acte de notoriété ne signifie pas que vous acceptez la succession. L’acte établit votre qualité d’héritier, rien de plus. Vous gardez ensuite votre option successorale : accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l’actif net (utile si vous redoutez des dettes), ou renoncer.
Cette distinction compte quand la succession comporte des dettes : recueillir l’acte ne vous engage pas encore sur le passif. En revanche, la déclaration faite au notaire doit être exacte — dissimuler un héritier ou un bien expose à de lourdes sanctions.
⚠️ À ne pas confondre
Signer un acte de notoriété ne vaut pas acceptation de la succession : vous conservez votre droit d’option, accepter, accepter à concurrence de l’actif net ou renoncer (article 730-2 du Code civil). À l’inverse, une fausse déclaration faite sciemment sur l’identité des héritiers ou la composition de la succession expose au recel successoral prévu à l’article 778 du Code civil, avec dommages et intérêts à la clé.
Questions fréquentes
Qui peut demander un acte de notoriété ?
Tout ayant droit à la succession peut en faire la demande : un enfant, le conjoint survivant, un parent, un frère ou une sœur, ou un légataire désigné par testament. La demande d’un seul héritier suffit à lancer la procédure ; le notaire identifie ensuite l’ensemble des héritiers et établit l’acte au nom de tous.
L’acte de notoriété est-il obligatoire pour débloquer une assurance-vie ?
L’assurance-vie est en principe hors succession et se règle directement entre l’assureur et le bénéficiaire désigné. Mais en pratique, l’assureur réclame souvent un acte de notoriété ou un certificat équivalent pour vérifier la qualité des bénéficiaires, surtout lorsque la clause vise « mes héritiers » sans les nommer.
Que se passe-t-il si un héritier refuse de signer ?
L’acte requiert l’affirmation des héritiers, et un blocage est possible si l’un d’eux refuse de coopérer. Le notaire peut alors s’appuyer sur des témoins qui connaissaient le défunt, ou faire intervenir un généalogiste successoral pour confirmer la dévolution. En cas de conflit persistant, le recours au juge devient parfois nécessaire.
Combien de temps faut-il pour obtenir l’acte ?
Tout dépend de la complexité familiale et de la rapidité avec laquelle vous fournissez les pièces. Quand le dossier est simple et complet, l’acte peut être établi en quelques jours à quelques semaines. L’interrogation du fichier des testaments et la collecte des actes d’état civil constituent les principales étapes qui rallongent le délai.
L’acte de notoriété remplace-t-il la déclaration de succession aux impôts ?
Non. Ce sont deux démarches distinctes. L’acte de notoriété prouve qui hérite ; la déclaration de succession déposée à l’administration fiscale sert à calculer les éventuels droits. Cette déclaration reste obligatoire dans les délais légaux lorsque les conditions l’exigent, même en présence d’un acte de notoriété.
Sources
- Service-Public.fr — Comment prouver que l’on est héritier d’une succession (fiche F12697, vérifiée le 1er janvier 2026)
- Legifrance — Code civil, articles 730 à 730-5 (preuve de la qualité d’héritier)
- Notaires de France — Définition de l’acte de notoriété
- Legifrance — Code de commerce, articles A444-53 à A444-58 (tarifs des notaires)


