Non. L’assurance-vie échappe à la hausse de la CSG entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Ses gains restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %, alors que la plupart des autres placements financiers passent à 18,6 %. Le législateur a volontairement préservé ce placement.
L’assurance-vie reste à 17,2 %. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 relève la CSG sur certains revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, portant les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. Les contrats d’assurance-vie en sont explicitement exclus et conservent un taux de 17,2 %.
Source : Legifrance — loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026)Ce que prévoit la réforme de 2026
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) crée une nouvelle contribution financière pour l’autonomie, qui relève de fait la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Mécaniquement, le total des prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 % pour les placements concernés.
Cette hausse de 1,4 point tire aussi vers le haut la flat tax (prélèvement forfaitaire unique) appliquée aux dividendes et plus-values : elle grimpe de 30 % à 31,4 %. La mesure s’applique aux produits de placement perçus à partir du 1er janvier 2026, et de façon rétroactive aux revenus du patrimoine perçus dès 2025.
Le détail des 17,2 %. Les prélèvements sociaux de l’assurance-vie se décomposent en 9,2 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité. La hausse de 2026 ne touche que la part CSG des placements visés, qui passe à 10,6 % — l’assurance-vie n’entrant pas dans ce périmètre.
Source : Service-Public.fr — prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placementsPourquoi l’assurance-vie est épargnée
L’exclusion n’est pas un hasard de rédaction : un amendement gouvernemental a inscrit dans la loi une liste limitative de placements maintenus à l’ancien taux. Les contrats d’assurance-vie et de capitalisation y figurent expressément, au nom de la préservation de l’épargne longue.
La même logique protège plusieurs autres enveloppes : le PEL, le CEL, les PEP, les revenus fonciers et les plus-values immobilières restent eux aussi taxés à 17,2 %. L’objectif affiché était de ne pénaliser ni l’investissement locatif ni l’épargne de long terme des ménages.
Quels placements sont concernés, lesquels sont exclus
La hausse cible certains revenus du capital financier, pas l’ensemble de votre épargne. Les salaires et les pensions de retraite ne sont pas touchés par cette mesure : ils relèvent d’un régime de CSG distinct. Voici la ligne de partage entre les placements concernés et ceux qui restent à l’ancien taux.
| Concernés — 18,6 % | Exclus — maintien à 17,2 % |
|---|---|
| Dividendes d’actions | Assurance-vie |
| Plus-values mobilières (compte-titres) | Contrats de capitalisation |
| Intérêts de livrets fiscalisés et comptes à terme | PEL et CEL |
| Gains de PEA (lors du retrait) | PEP |
| Épargne salariale et PER | Revenus fonciers (location nue) |
| Plus-values de cryptomonnaies | Plus-values immobilières |
Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune) restent à part : ils sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux, et ne sont donc concernés ni par l’ancien ni par le nouveau taux. Quant aux pensions de retraite, elles suivent un barème de CSG propre, compris entre 3,8 % et 8,3 % selon le revenu fiscal de référence, que nous détaillons dans notre article sur le taux de CSG des retraites en 2026.
Le cas du PER, à ne pas confondre avec l’assurance-vie
C’est le point qui a nourri le plus de confusion. Beaucoup d’épargnants ont espéré qu’un PER assurantiel, parce qu’il est souscrit auprès d’un assureur, bénéficierait du même traitement de faveur que l’assurance-vie. Ce n’est pas le cas.
Le régime fiscal du PER est autonome : il prime sur la nature de son enveloppe. L’administration fiscale a tranché début 2026 que tous les PER, qu’ils soient bancaires ou assurantiels, subissent la hausse de la CSG. Leurs prélèvements sociaux passent donc bien à 18,6 % sur les gains soumis aux prélèvements sociaux.
⚠️ À ne pas confondre
Un PER souscrit auprès d’un assureur n’est pas traité comme une assurance-vie au sens fiscal. La Direction générale des finances publiques a confirmé en janvier 2026 que tous les PER, assurantiels comme bancaires, sont concernés par la hausse de la CSG : leurs prélèvements sociaux montent à 18,6 %.

Ce que ça change concrètement pour votre assurance-vie
Pour un détenteur d’assurance-vie, la réponse est simple : rien ne change. Les gains de votre contrat continuent d’être ponctionnés à 17,2 % au moment d’un rachat (ou chaque année sur les intérêts du fonds en euros). L’écart se mesure surtout par comparaison avec les autres placements.
Prenons un exemple chiffré. Sur 1 000 € de gains, les prélèvements sociaux représentent 172 € dans une assurance-vie, contre 186 € sur un compte-titres ordinaire — soit 14 € d’écart. Sur 10 000 € de gains, la différence atteint 140 €. Et côté flat tax, l’assurance-vie conserve son total à 30 % avant 8 ans, là où les dividendes passent à 31,4 %.
Cette réforme n’a rien changé à mes versements en assurance-vie, et c’est précisément ce qui m’intéresse : sa fiscalité bouge rarement. Sur mon compte-titres, en revanche, chaque dividende est désormais ponctionné un peu plus. À gain égal, l’écart reste modeste sur un an, mais il se cumule sur la durée. Pour une épargne que je laisse capitaliser, cette stabilité pèse dans mes arbitrages.
Faut-il privilégier l’assurance-vie après cette réforme ?
La réforme renforce un argument déjà connu : la stabilité fiscale de l’assurance-vie. Pendant que la pression monte ailleurs, ce placement conserve son taux et ses atouts de long terme, comme l’abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains après 8 ans de détention.
Cela ne signifie pas que l’assurance-vie convient à tout le monde ni à tous les objectifs. Les unités de compte exposent à un risque de perte en capital, et le bon support dépend de votre horizon et de votre tolérance au risque. Notre analyse souligne surtout que l’écart de fiscalité avec les enveloppes concurrentes s’est creusé — un paramètre de plus à intégrer, parmi d’autres.
Questions fréquentes
La hausse s’applique-t-elle aux contrats d’assurance-vie déjà ouverts ?
Non. L’exclusion vaut pour tous les contrats, anciens comme nouveaux. La date d’ouverture n’a aucune incidence : les gains d’une assurance-vie restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %, quelle que soit l’ancienneté du contrat.
Le fonds en euros de mon assurance-vie est-il concerné ?
Non plus. Les intérêts du fonds en euros, prélevés chaque année par l’assureur, restent taxés à 17,2 %. Le capital du fonds euro reste garanti (hors frais de gestion), même si son taux de rendement n’est pas garanti d’une année sur l’autre.
Mon PER bénéficie-t-il du même traitement que mon assurance-vie ?
Non. Contrairement à l’assurance-vie, le PER est concerné par la hausse, qu’il soit bancaire ou assurantiel. Ses prélèvements sociaux passent à 18,6 % sur les gains soumis aux prélèvements sociaux.
À partir de quand la hausse s’applique-t-elle ?
Pour les produits de placement (dividendes, intérêts, plus-values mobilières), la hausse vaut pour les revenus perçus à compter du 1er janvier 2026. Pour certains revenus du patrimoine, elle s’applique de façon rétroactive aux revenus perçus dès 2025.
Sources
- Legifrance — loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026
- Service-Public.fr — Prélèvements sociaux (CSG, CRDS…) sur les revenus du patrimoine et de placements
- Direction générale des finances publiques (impots.gouv.fr) — Brochure pratique impôt sur le revenu 2026, nouveautés
Les informations présentées dans cet article ont un caractère général et informatif. Elles ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Les unités de compte d’un contrat d’assurance-vie présentent un risque de perte en capital ; leur valeur fluctue avec les marchés. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs.


