En 2026, l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite est maintenu intégralement. Pour la déclaration des revenus 2025, le plancher est fixé à 454 € par pensionné et le plafond à 4 439 € par foyer fiscal, soit une revalorisation de +0,9 % par rapport à 2025. Cet abattement s’applique automatiquement à toutes les pensions imposables : retraite de base, complémentaire (Agirc-Arrco), pensions d’invalidité et de réversion.
Montants 2026 confirmés. La loi de finances 2026, promulguée le 19 février 2026, maintient l’abattement de 10 % sur les pensions avec un plancher de 454 € par pensionné et un plafond de 4 439 € par foyer fiscal. La revalorisation de 0,9 % suit le barème de l’impôt sur le revenu.
Source : Service-Public.fr — Déclarer les pensions de retraite (mise à jour 20 février 2026)Le projet initial du gouvernement Lecornu prévoyait de remplacer cet abattement par un forfait fixe de 2 000 € par retraité. Cette mesure, inscrite à l’article 6 du projet de loi de finances 2026, a été rejetée par l’Assemblée nationale le 13 novembre 2025 par 213 voix contre 17, puis définitivement écartée lors de l’adoption du budget. Résultat : pour la déclaration des revenus 2025, rien n’a changé par rapport au mécanisme existant, hormis la revalorisation annuelle.
Comment se calcule l’abattement de 10 % en 2026
Le principe est mécanique. L’administration fiscale applique 10 % sur le montant brut imposable de l’ensemble de vos pensions, puis encadre le résultat entre deux bornes : un plancher de 454 € par pensionné et un plafond de 4 439 € par foyer fiscal. Le calcul est automatique, vous n’avez aucune démarche à effectuer — les montants sont préremplis par votre caisse de retraite dans les cases 1AS et 1BS de votre déclaration.
Trois cas de figure résument la logique du dispositif. Si votre pension annuelle est très modeste, c’est le plancher de 454 € qui s’applique : un pensionné touchant 3 000 € par an bénéficie de 454 € d’abattement, et non de 300 € (le résultat strict du calcul à 10 %). Pour une pension intermédiaire, l’abattement de 10 % joue sans ajustement : 20 000 € de pension donnent 2 000 € d’abattement, soit une base imposable ramenée à 18 000 €. Au-delà de 44 390 € de pensions cumulées par foyer, le plafond de 4 439 € s’applique et l’économie fiscale cesse de progresser.
⚠️ À ne pas confondre
Le plafond de 4 439 € s’applique par foyer fiscal, pas par personne. Un couple de retraités mariés ou pacsés ne bénéficie pas de 2 × 4 439 €, mais d’un seul plafond global de 4 439 € sur l’ensemble des pensions cumulées. En revanche, le plancher de 454 € s’applique bien à chaque pensionné individuellement.
Historique et évolution des plafonds depuis 2022
Le mécanisme de l’abattement de 10 % est en vigueur depuis 1978, créé en miroir de la déduction forfaitaire pour frais professionnels accordée aux salariés. Ses plafonds sont indexés chaque année sur le barème de l’impôt sur le revenu, lui-même calé sur l’inflation hors tabac. Cette indexation explique l’évolution régulière mais modeste des seuils ces dernières années.
Voici l’évolution des plafonds sur les dernières années de déclaration :
| Année de déclaration | Revenus concernés | Plancher par pensionné | Plafond par foyer | Revalorisation |
|---|---|---|---|---|
| 2026 | Revenus 2025 | 454 € | 4 439 € | +0,9 % |
| 2025 | Revenus 2024 | 450 € | 4 399 € | +1,8 % |
| 2024 | Revenus 2023 | 442 € | 4 321 € | +4,8 % |
| 2023 | Revenus 2022 | 422 € | 4 123 € | +5,4 % |
La revalorisation de 0,9 % en 2026 est nettement plus faible que les hausses observées entre 2022 et 2024, qui dépassaient 4 % à 5 %. Ce ralentissement reflète la décélération de l’inflation française depuis fin 2024. Concrètement, le gain pour un retraité au plafond est de 40 € d’abattement supplémentaire, ce qui représente entre 4 € et 18 € d’économie d’impôt selon votre tranche marginale.
L’abattement spécial des 65 ans et plus : un second avantage cumulable
Beaucoup de retraités l’ignorent : un second abattement, prévu par l’article 157 bis du Code général des impôts, s’ajoute à l’abattement de 10 %. Il est lui aussi maintenu en 2026 et revalorisé de 0,9 %. Cet avantage concerne les contribuables âgés d’au moins 65 ans au 31 décembre 2025 (donc nés avant le 1er janvier 1961), ainsi que les titulaires d’une pension militaire d’invalidité d’au moins 40 %, d’une pension d’invalidité pour accident du travail d’au moins 40 %, ou de la carte mobilité inclusion mention invalidité avec un taux d’incapacité d’au moins 80 %.

Les montants pour la déclaration 2026 sont les suivants : 2 822 € si votre revenu net global (après abattement de 10 %) est inférieur à 17 670 €, et 1 411 € si ce revenu est compris entre 17 670 € et 28 430 €. Au-delà de 28 430 € de revenu net global, l’abattement spécial ne s’applique pas. Pour un couple où les deux conjoints remplissent les conditions, le montant est doublé : un couple modeste peut donc retrancher jusqu’à 5 644 € supplémentaires de sa base imposable.
Abattement spécial 157 bis — montants 2026. 2 822 € par personne éligible si le revenu net global est inférieur ou égal à 17 670 €. 1 411 € par personne éligible si ce revenu est compris entre 17 670 € et 28 430 €. Au-delà : pas d’abattement. Le dispositif est doublé pour un couple si les deux conjoints remplissent les conditions.
Source : Article 157 bis du Code général des impôts — LegifranceCombinés, les deux abattements peuvent faire basculer un foyer modeste sous le seuil d’imposition. Pour un retraité seul de plus de 65 ans percevant 16 000 € de pension annuelle, l’abattement de 10 % ramène la base à 14 400 €, puis l’abattement spécial de 2 822 € la fait descendre à 11 578 €. Combiné à la décote applicable aux contribuables modestes, ce niveau de revenu imposable aboutit fréquemment à un impôt nul.
Effet de seuil : le piège du revenu fiscal de référence
L’abattement spécial des 65 ans crée un effet de seuil brutal qui mérite une attention particulière. Le passage de 2 822 € à 1 411 €, puis à 0 €, ne se fait pas progressivement : il s’agit de paliers nets. Conséquence : un euro de pension supplémentaire au mauvais moment peut vous faire perdre 1 411 € d’abattement d’un coup, soit une perte d’économie fiscale qui dépasse largement le gain de pension.
Le même phénomène existe sur les taux de CSG, qui dépendent du revenu fiscal de référence. En 2026, le taux de CSG sur les pensions est de 0 % en dessous de 13 048 € de RFR pour une part, 3,8 % entre 13 048 € et 17 057 €, 6,6 % entre 17 057 € et 26 469 €, et 8,3 % au-delà. Une revalorisation de pension qui vous fait franchir un seuil peut entraîner une hausse de CSG supérieure au gain de pension lui-même. C’est l’une des raisons pour lesquelles il faut surveiller son RFR à la veille d’une revalorisation annuelle.
Pour mon père, retraité de 71 ans avec une pension nette autour de 17 500 €, j’ai pris le réflexe de vérifier chaque année son revenu net global après abattement de 10 %. Une année, une rente complémentaire mal optimisée l’a fait basculer juste au-dessus du seuil de 17 670 € : il a perdu 1 411 € d’abattement spécial pour 200 € de revenu supplémentaire. Depuis, on regarde ensemble la déclaration ligne par ligne avant qu’elle parte.
Pensions concernées et exclusions
L’abattement de 10 % s’applique à l’ensemble des pensions imposables au sens de l’article 158 du Code général des impôts : retraite de base (CNAV, MSA), retraite complémentaire (Agirc-Arrco, Ircantec, RAFP), pensions de réversion, pensions d’invalidité, pensions alimentaires perçues, et rentes viagères à titre gratuit. Le plancher et le plafond sont communs à l’ensemble de ces revenus — vous ne bénéficiez pas d’un plafond par catégorie.
Certains revenus sont en revanche exclus du dispositif. L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse), l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI), les rentes versées en réparation d’accidents du travail et certaines allocations de veuvage sont exonérées d’impôt sur le revenu : elles n’entrent donc pas dans le calcul. Les capitaux issus d’un Plan d’Épargne Retraite (PER) lors du déblocage en capital ne bénéficient pas non plus de l’abattement de 10 %, contrairement aux sorties en rente viagère qui sont, elles, traitées comme des pensions classiques. Si votre pension de réversion vient s’ajouter à votre propre pension, sachez que le minimum contributif obéit à des règles de cumul spécifiques qu’il faut bien distinguer de l’abattement fiscal.
Exemple chiffré : impact sur l’impôt à payer
Pour bien mesurer l’effet de l’abattement, prenons trois cas concrets calculés sur la base du barème 2026 (revenus 2025) après revalorisation de 0,9 %.
Cas 1 — Retraité seul, pension annuelle de 18 000 €. L’abattement de 10 % réduit la base imposable à 16 200 €. Sur une part fiscale, et après application du barème progressif (tranche à 11 % au-delà de 11 497 €) et de la décote, l’impôt dû s’élève à environ 225 €. Sans l’abattement de 10 %, l’impôt aurait été d’environ 425 €, soit une économie de 200 €.
Cas 2 — Retraité seul de plus de 65 ans, pension de 18 000 €. L’abattement de 10 % ramène la base à 16 200 €, puis l’abattement spécial 157 bis (montant 2 822 € car le revenu est inférieur à 17 670 €) la fait descendre à 13 378 €. Après application du barème et de la décote, l’impôt devient quasiment nul. Le cumul des deux dispositifs efface plus de 4 600 € de base imposable.
Cas 3 — Couple de retraités, pensions cumulées de 50 000 €. L’abattement théorique à 10 % serait de 5 000 €, mais le plafond de 4 439 € s’applique. La base imposable s’établit à 45 561 €. Si les deux conjoints ont plus de 65 ans, l’abattement 157 bis ne s’applique pas non plus car le revenu net global dépasse le seuil de 28 430 €. Pour ce profil, seul l’abattement de 10 % joue.
Perspectives : la réforme reviendra-t-elle en 2027 ?
La suppression évitée en 2026 ne signifie pas que le débat est clos. La Cour des comptes a chiffré à 4,5 milliards d’euros par an le coût de l’abattement de 10 % pour les finances publiques, et plusieurs rapports — notamment du Conseil des prélèvements obligatoires et du Conseil d’orientation des retraites — pointent depuis plusieurs années le caractère « anti-progressif » du dispositif : 44 % du coût bénéficierait aux 10 % de retraités les plus aisés.

La pression budgétaire ne va pas s’atténuer. La trajectoire de réduction du déficit public et les engagements européens pourraient remettre la question à l’agenda du projet de loi de finances 2027. Le Sénat avait d’ailleurs déjà proposé une voie médiane lors des débats de fin 2025 : conserver le mécanisme des 10 % mais abaisser le plafond à 3 000 € au lieu de 4 439 €. Cette piste pourrait revenir. Toute prévision reste cependant conditionnelle — la composition politique de l’Assemblée et la mobilisation des associations de retraités ont déjà fait reculer le gouvernement une fois.
Questions fréquentes
L’abattement de 10 % a-t-il été supprimé pour 2026 ?
Non. La proposition de remplacer l’abattement de 10 % par un forfait de 2 000 € par retraité, inscrite à l’article 6 du projet de loi de finances 2026, a été rejetée par l’Assemblée nationale le 13 novembre 2025 par 213 voix contre 17. La loi de finances 2026, promulguée le 19 février 2026, a définitivement écarté la mesure. L’abattement est intégralement maintenu et même revalorisé de 0,9 %.
Faut-il faire une démarche pour bénéficier de l’abattement ?
Non, aucune démarche n’est nécessaire. L’abattement de 10 % est appliqué automatiquement par l’administration fiscale sur le montant des pensions préremplies par votre caisse de retraite dans les cases 1AS et 1BS de votre déclaration. L’abattement spécial 157 bis est également automatique dès lors que vous remplissez les conditions d’âge ou d’invalidité et que votre revenu reste sous les plafonds. Le seul réflexe utile consiste à vérifier que les montants préremplis correspondent bien à ce que vos caisses de retraite vous ont effectivement versé.
Les pensions de réversion ouvrent-elles droit à l’abattement ?
Oui. Les pensions de réversion sont traitées fiscalement comme les autres pensions de retraite et bénéficient de l’abattement de 10 % dans les mêmes conditions. Elles entrent dans le calcul global du foyer fiscal, avec le même plafond de 4 439 € et le même plancher de 454 € par pensionné. Si vous cumulez votre propre pension et une pension de réversion, les deux s’additionnent pour le calcul de l’abattement.
Le plafond de 4 439 € est-il par personne ou par foyer ?
Le plafond de 4 439 € s’applique strictement par foyer fiscal, pas par personne. Pour un couple de retraités mariés ou pacsés dont les pensions cumulées dépassent 44 390 €, l’abattement total reste plafonné à 4 439 €. En revanche, le plancher de 454 € est bien dû à chaque pensionné individuellement, ce qui protège les très petites pensions au sein d’un foyer.
Le capital versé par un PER est-il concerné ?
Non. Les capitaux issus d’un Plan d’Épargne Retraite (PERin, Pereco, Pero) débloqués en une fois ne bénéficient pas de l’abattement de 10 % lors de leur imposition au titre des pensions. En revanche, si vous choisissez une sortie en rente viagère, celle-ci est traitée comme une pension classique et ouvre droit à l’abattement de 10 % dans les conditions habituelles.
Comment vérifier que l’abattement a bien été appliqué ?
Sur votre avis d’imposition, repérez la ligne « déduction 10 % ou frais réels » dans la rubrique des pensions et rentes. Le montant qui y figure correspond à l’abattement effectivement appliqué. Vous pouvez le recalculer simplement : 10 % du total de vos pensions imposables, ramené entre 454 € (par pensionné) et 4 439 € (par foyer). Si l’écart est significatif, contactez votre centre des finances publiques pour faire corriger.
L’abattement vaut-il aussi pour les pensions d’invalidité ?
Oui. L’abattement de 10 % s’applique à toutes les pensions imposables au sens de l’article 158 du CGI, y compris les pensions d’invalidité versées par les régimes obligatoires. Attention à ne pas confondre avec les pensions militaires d’invalidité ou les rentes pour accident du travail, qui suivent un régime fiscal spécifique et peuvent ouvrir droit, sous conditions, à l’abattement spécial 157 bis.
Que se passe-t-il si je perçois ma retraite à l’étranger ?
L’abattement de 10 % s’applique aux pensions de source française imposables en France, que vous soyez résident fiscal français ou non. En revanche, l’abattement spécial 157 bis est en principe réservé aux contribuables domiciliés fiscalement en France, sauf cas particulier des « non-résidents Schumacker » au sens de la jurisprudence européenne. Si vous percevez une retraite française tout en résidant à l’étranger, vérifiez la convention fiscale entre la France et votre pays de résidence.
Sources
- Service-Public.fr — Impôt sur le revenu : déclarer les pensions de retraite (mise à jour 20 février 2026, à jour de la loi de finances pour 2026)
- Legifrance — Loi de finances pour 2026 (parue au Journal officiel du 20 février 2026)
- BOFiP — Abattements spéciaux pour personnes âgées, invalides ou enfants à charge ayant fondé un foyer distinct (article 157 bis du CGI)
- Article 158, 5-a du Code général des impôts — base légale de l’abattement de 10 % sur les pensions
- Article 157 bis du Code général des impôts — abattement spécial pour personnes âgées ou invalides
Les informations présentées dans cet article ont une portée générale et ne constituent pas un conseil fiscal ou en investissement personnalisé. Les montants et seuils sont valables pour la déclaration 2026 des revenus 2025, à jour de la loi de finances pour 2026 promulguée le 19 février 2026. Pour toute situation particulière, consultez un professionnel agréé ou le service des impôts dont vous dépendez.

