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Fiscalité

Flat tax 2026 : taux, fonctionnement et pièges à connaître

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Antoine Mercier · Investisseur depuis 12 ans
Mis à jour le 7 mai 2026 · 11 min de lecture
Gros plan d’un tableau avec calculs fiscaux, pourcentages écrits à la main

Depuis le 1er janvier 2026, la flat tax est passée de 30 % à 31,4 % sur la majorité des revenus du capital. La cause : une hausse de 1,4 point de la CSG votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Toutes vos questions, en réponses directes et chiffrées.

Le chiffre clé. Depuis le 1er janvier 2026, le taux du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) est de 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), contre 30 % auparavant. Le taux d’IR n’a pas bougé : seule la CSG a augmenté de 1,4 point.

Source : Service-Public.fr — Évolution du taux du Prélèvement Forfaitaire Unique

Qu’est-ce que la flat tax exactement ?

La flat tax, officiellement appelée Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), est un impôt à taux fixe qui frappe les revenus du capital — dividendes, intérêts, plus-values mobilières — par défaut au moment de leur perception. Instaurée par la loi de finances pour 2018 sous Emmanuel Macron, elle a remplacé un système où ces revenus étaient soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, souvent jugé peu lisible et désincitatif à l’investissement.

Le PFU se compose toujours de deux briques distinctes : l’impôt sur le revenu d’un côté (12,8 %), les prélèvements sociaux de l’autre (CSG, CRDS et prélèvement de solidarité). C’est uniquement la deuxième brique qui a évolué en 2026, et seule la CSG est concernée — la CRDS (0,5 %) et le prélèvement de solidarité (7,5 %) restent à leur niveau antérieur.

Pourquoi la flat tax passe-t-elle à 31,4 % en 2026 ?

L’origine est strictement budgétaire. La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, adoptée définitivement par l’Assemblée nationale le 16 décembre 2025, a relevé le taux de CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, soit une hausse de 1,4 point. Cette mesure vise à financer la branche autonomie de la Sécurité sociale, dans un contexte de tension sur le déficit public.

Mécaniquement, les prélèvements sociaux globaux passent de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus du capital concernés. La part « impôt sur le revenu » du PFU reste inchangée à 12,8 %. Le calcul est donc : 12,8 % + 18,6 % = 31,4 %. Sur 1 000 € de gain, l’addition passe de 300 € à 314 € — une hausse de 14 € pour 1 000 €, soit environ 4,7 % de pression fiscale supplémentaire sur ces revenus.

Décomposition du PFU 2026. 12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux. Ces 18,6 % se décomposent en CSG (10,6 %), CRDS (0,5 %) et prélèvement de solidarité (7,5 %). La CSG est partiellement déductible du revenu imposable (6,8 %), mais uniquement si vous optez pour le barème progressif.

Source : Service-Public.fr — Revenus de capitaux mobiliers

Quels placements sont concernés par la hausse à 31,4 % ?

La hausse touche la majorité des revenus financiers détenus hors enveloppe fiscale. Concrètement, sont passés à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 : les dividendes versés sur un compte-titres ordinaire (CTO), les intérêts de comptes à terme et de super-livrets bancaires fiscalisés, les plus-values de cession d’actions, d’obligations et de parts sociales, les gains sur crypto-actifs, ainsi que les plus-values d’épargne salariale (PEE, PERCO en cas de déblocage hors cadre dérogatoire).

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) est aussi concerné : à la sortie en capital, la part « gains » subit désormais le PFU à 31,4 %. Les versements déduits restent imposables au barème, mais les plus-values capitalisées dans le contrat passent au nouveau taux. Pour les SCPI détenues en direct, la situation est plus nuancée : les revenus fonciers ne sont pas concernés (ils restent au barème + 17,2 % de PS), mais les plus-values de cession de parts suivent le régime des plus-values immobilières, distinct du PFU.

Quels placements échappent à la hausse ?

Plusieurs enveloppes ont été explicitement exclues de la hausse de CSG par le législateur. Elles conservent le taux global de 30 % (12,8 % + 17,2 %) ou un régime totalement dérogatoire. Ce sont aujourd’hui les outils à privilégier pour limiter la pression fiscale sur votre épargne.

Placements épargnés par la hausse de CSG. L’assurance-vie (gains soumis au PFU à 30 % en cas de rachat sur les versements post-2017), les PEL et CEL ouverts avant 2018, les PEP, les revenus fonciers (loyers de location nue ou via SCPI en direct), les plus-values immobilières, et bien sûr les livrets réglementés totalement exonérés (Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune).

Source : LFSS 2026 — texte adopté le 16 décembre 2025

L’assurance-vie est le grand gagnant de cette réforme. Le gouvernement l’a explicitement protégée pour ne pas désinciter à l’épargne longue : les rachats sur versements postérieurs au 27 septembre 2017 restent soumis à un PFU de 30 %, et après 8 ans, le taux d’IR tombe à 7,5 % avec un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains. Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) restent totalement exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux.

Le PEA est-il concerné ?

Le Plan d’Épargne en Actions conserve son avantage majeur : l’exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans de détention. Mais il n’échappe pas à la hausse de CSG. Concrètement, en cas de retrait après 5 ans, vos gains restent exonérés des 12,8 % d’IR forfaitaire, mais les prélèvements sociaux applicables passent de 17,2 % à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026.

Pour un retrait avant 5 ans, le PFU plein de 31,4 % s’applique et le plan est clôturé. Le PEA reste donc l’enveloppe la plus efficace pour échapper à l’impôt sur le revenu sur les actions et les ETF européens éligibles, mais l’avantage en prélèvements sociaux s’est érodé. Sur 10 000 € de gains après 5 ans, vous payez désormais 1 860 € de PS contre 1 720 € auparavant — soit 140 € de plus.

Homme d’affaires analysant des graphiques financiers sur une tablette

Comment se calcule concrètement la flat tax ?

Le mécanisme se déroule en deux temps. Au moment du versement du dividende ou de l’intérêt, l’établissement payeur prélève automatiquement un acompte appelé Prélèvement Forfaitaire Non Libératoire (PFNL) de 12,8 %, ainsi que les prélèvements sociaux à la source (18,6 %). C’est ce qu’on appelle le « prélèvement au fil de l’eau ».

L’année suivante, lors de la déclaration de revenus, l’administration applique le PFU définitif à 31,4 %. Si vous n’avez rien fait, l’acompte couvre exactement le PFU et il n’y a pas de régularisation. Si vous optez pour le barème progressif (case 2OP du formulaire 2042), l’acompte de 12,8 % devient un crédit d’impôt qui se déduit de votre IR final — avec remboursement si l’acompte excède l’impôt dû.

⚠️ Délai à respecter

Pour être dispensé du PFNL de 12,8 % (acompte), votre revenu fiscal de référence doit être inférieur à 25 000 € pour une personne seule (50 000 € pour un couple). La demande doit être adressée à votre banque ou courtier avant le 30 novembre de l’année précédant celle du versement. Pour bénéficier d’une dispense en 2026, il fallait en faire la demande avant le 30 novembre 2025.

Faut-il opter pour le barème progressif (case 2OP) ?

L’option pour le barème progressif s’exerce lors de la déclaration annuelle, en cochant la case 2OP du formulaire 2042. Cette option est globale. Elle s’applique à tous vos revenus du capital de l’année (dividendes, intérêts, plus-values), pas à un seul produit. Elle est aussi réversible d’année en année, vous pouvez donc choisir le PFU une année et le barème la suivante.

L’arbitrage dépend de votre tranche marginale d’imposition (TMI). Pour une TMI à 0 % ou 11 %, le barème est presque toujours plus avantageux. Vous bénéficiez de l’abattement de 40 % sur les dividendes et de la CSG déductible (6,8 %), deux avantages perdus avec le PFU. Pour une TMI à 30 %, le calcul devient plus serré et dépend du type de revenu. Pour une TMI à 41 % ou 45 %, le PFU à 31,4 % reste presque toujours préférable.

Exemple chiffré. Pour 1 000 € de dividendes perçus en 2026 par un contribuable en TMI 11 % : avec le PFU, l’imposition totale est de 314 €. Avec le barème, l’abattement de 40 % ramène la base IR à 600 €, dont on déduit la CSG déductible (68 €), soit 532 € imposés à 11 % = 58,52 € d’IR + 186 € de PS = 244,52 €. Économie : environ 70 €. Pour le même contribuable en TMI 30 %, le barème devient désavantageux pour les dividendes (l’IR seul atteint 159,60 €).

Source : Service-Public.fr — Barème IR 2026, Loi de finances du 19 février 2026

Historique de la flat tax depuis 2018

La flat tax a connu peu d’évolutions depuis sa création. Instaurée à 30 % au 1er janvier 2018 par la loi de finances pour 2018, elle a conservé ce taux pendant exactement huit ans. Elle devient ainsi un repère stable pour les épargnants. La hausse à 31,4 % en 2026 est la première modification structurelle du dispositif, et elle vient des prélèvements sociaux — pas de l’impôt sur le revenu.

Avant 2018, les revenus du capital étaient soumis au barème progressif obligatoire, ce qui pouvait conduire à des taux marginaux supérieurs à 60 % pour les plus hauts revenus en additionnant IR (45 %), CSG (15,5 % à l’époque) et CEHR. La flat tax avait été conçue pour ramener la France dans la moyenne européenne et inciter à l’investissement productif. La hausse de 2026 reste relativement modérée à l’échelle internationale : l’Allemagne taxe les dividendes à 26,375 %, l’Italie à 26 %, la Belgique à 30 %.

Cas particulier des plus-values 2025 : la « rétroactivité fiscale »

Un point peu connu mérite votre attention. La hausse de CSG s’applique différemment selon le type de revenu. Pour les produits de placement (dividendes, intérêts), elle ne touche que les revenus perçus à partir du 1er janvier 2026. Mais pour les revenus du patrimoine visés à l’article L.136-6 du Code de la sécurité sociale — notamment les plus-values mobilières, les gains crypto et les revenus de location meublée — elle s’applique rétroactivement aux revenus 2025.

Concrètement, si vous avez vendu des actions ou des cryptos en 2025 et réalisé une plus-value, la DGFiP régularisera automatiquement la CSG en prélevant la différence. Cette rétroactivité, bien que légale, fait l’objet de débats juridiques sur la sécurité fiscale. Vous n’avez rien à recalculer vous-même : l’administration s’en charge sur la base de l’IFU (Imprimé Fiscal Unique) transmis par votre courtier.

Comment réduire l’impact de la hausse sur votre épargne ?

Plusieurs leviers permettent de neutraliser ou de limiter l’effet du nouveau PFU. Le premier est de privilégier les enveloppes fiscales : assurance-vie pour les supports diversifiés, PEA pour les actions européennes et ETF éligibles, PER pour la phase d’épargne retraite. Ces enveloppes capitalisent sans frottement fiscal annuel — l’imposition n’intervient qu’au retrait, et souvent à un taux réduit.

Le deuxième levier est l’arbitrage annuel PFU/barème. Si votre TMI est à 0 % ou 11 %, vérifiez systématiquement chaque année si la case 2OP réduit votre imposition globale — ce qui est presque toujours le cas. Le troisième levier est la répartition entre rémunération et dividendes pour les dirigeants de société : avec un PFU à 31,4 %, l’écart avec une rémunération salariée s’est resserré, et le calcul global doit intégrer les droits sociaux (retraite, chômage) ouverts par le salaire.

⚠️ Point de vigilance

L’option pour le barème progressif est globale : elle s’applique à TOUS vos revenus du capital de l’année (dividendes, intérêts, plus-values mobilières), pas à un seul. Avant de cocher la case 2OP, faites une simulation complète sur l’ensemble de votre portefeuille. Le simulateur officiel sur impots.gouv.fr permet de tester les deux options en quelques minutes.

Que se passe-t-il si je suis non-résident fiscal ?

Si vous résidez fiscalement hors de France, vous n’êtes pas concerné par la hausse de CSG. La règle fiscale française veut que les non-résidents soient exonérés de CSG et CRDS sur leurs revenus du capital de source française : seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû. La part « impôt sur le revenu » du PFU peut, elle, être remplacée par une retenue à la source spécifique selon les conventions fiscales bilatérales en vigueur.

Pour les résidents fiscaux français en revanche, la règle est unifiée : que vous soyez salarié, retraité, indépendant ou dirigeant, le PFU à 31,4 % s’applique de la même manière sur vos revenus du capital, quel que soit votre niveau de revenu. Le seul levier qui reste est l’option pour le barème via la case 2OP, ou le placement dans une enveloppe fiscale protectrice.

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Questions fréquentes

La flat tax sera-t-elle pérenne à 31,4 % ?

Le texte de la LFSS 2026 n’a pas prévu de date d’expiration pour la hausse de CSG : elle est inscrite dans la loi de manière permanente. Pour qu’elle baisse, il faudrait un nouveau vote législatif, ce qui paraît peu probable à court terme dans le contexte budgétaire actuel. Selon notre analyse, cette nouvelle norme à 31,4 % devrait s’installer durablement comme le nouveau taux de référence de la fiscalité de l’épargne.

Le PFU s’applique-t-il aux gains sur Bitcoin et autres cryptos ?

Oui, depuis le 1er janvier 2023, les plus-values sur cryptoactifs réalisées à titre occasionnel par des particuliers sont soumises au PFU à 31,4 % en 2026. Les investissements en crypto-actifs comportent un risque de perte en capital élevé et ce marché reste volatil. L’option pour le barème progressif est ouverte, comme pour les plus-values mobilières.

Les intérêts de mon Livret A passent-ils aussi à 31,4 % ?

Non. Le Livret A, le LDDS, le LEP et le Livret Jeune sont totalement exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. La hausse de CSG ne les concerne en aucune façon. Au 1er février 2026, le taux du Livret A est de 1,7 % net (source : Banque de France). C’est précisément cette exonération qui rend les livrets réglementés intéressants face à un PFU désormais alourdi sur les autres placements bancaires.

Si j’ai déjà coché la case 2OP les années précédentes, faut-il la décocher en 2026 ?

L’option n’est plus irrévocable depuis la loi de finances pour 2026. Vous pouvez l’exercer ou la révoquer chaque année selon ce qui est le plus avantageux. Refaites une simulation pour 2025 : avec un TMI à 11 %, la case 2OP reste généralement gagnante. Avec une TMI à 30 % et au-delà, le PFU classique redevient souvent préférable, malgré la hausse à 31,4 %.

Mon assurance-vie est-elle vraiment épargnée par la hausse ?

Oui — sur la part « impôt sur le revenu ». L’assurance-vie a été explicitement exclue de la hausse de CSG par le législateur : les rachats sur versements post-2017 restent au PFU de 30 %, et après 8 ans, vous bénéficiez de l’abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) et du taux réduit à 7,5 %. Les unités de compte ne garantissent pas le capital investi.

Sources

Service-Public.fr — Évolution du taux du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) · Service-Public.fr — Impôt sur le revenu : revenus d’épargne et de placement · Service-Public.fr — Barème de l’impôt sur le revenu 2026 · Economie.gouv.fr — Calcul de l’impôt 2026 · DGFiP — Simulateur IR 2026 · Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025 · Loi de finances pour 2026 du 19 février 2026.

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Antoine Mercier

Investisseur particulier · Diplômé en économie (Dauphine)

Antoine investit depuis 12 ans et partage sur Placer Mon Argent ses analyses indépendantes pour vous aider à faire les bons choix financiers.