Le plafond de versement du Livret A est de 22 950 € en 2026, un montant inchangé depuis 2012. Une fois ce plafond atteint, vous ne pouvez plus alimenter votre livret, mais les intérêts continuent de s’accumuler et votre argent reste disponible à tout moment. Plusieurs solutions permettent de continuer à épargner, en commençant par les autres livrets défiscalisés avant de viser des placements potentiellement plus rémunérateurs. Voici l’ordre logique pour savoir où placer son argent selon votre situation et votre horizon.
Plafonds et taux des livrets réglementés au 1er février 2026. Livret A : plafond 22 950 €, taux 1,5 % (soit 344 € d’intérêts par an au plafond). LDDS : plafond 12 000 €, taux 1,5 %. LEP : plafond 10 000 €, taux 2,5 % sous conditions de revenus. Ces trois livrets sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. Prochaine révision des taux : 1er août 2026.
Source : Service-Public.fr et economie.gouv.fr — taux et plafonds de l’épargne réglementéeVotre Livret A est plein : ce que cela change concrètement
Le plafond de 22 950 € concerne uniquement vos versements. Les intérêts crédités chaque 31 décembre s’ajoutent au capital et peuvent porter votre solde au-delà de cette limite, sans que votre banque vous demande de retirer l’excédent. Vous ne pouvez simplement plus effectuer de nouveaux dépôts tant que le solde dépasse le plafond.
Depuis le 1er février 2026, le taux du Livret A est de 1,5 %, contre 1,7 % entre août 2025 et janvier 2026. Sur un livret au plafond, cela représente environ 344 € d’intérêts annuels. Avec une inflation autour de 0,8 % fin 2025, le rendement réel reste légèrement positif, mais l’écart est faible. Pour suivre l’évolution de ce taux et ses prochaines révisions, consultez notre page dédiée au taux du Livret A.
Le Livret A garde tout son sens pour l’épargne de précaution : disponible immédiatement, garanti par l’État, sans fiscalité. En revanche, dès qu’il sert de placement principal sur plusieurs années, son rendement devient sous-optimal face à d’autres supports. C’est précisément le moment de diversifier.
Première étape : remplir vos autres livrets réglementés
Avant de regarder des placements fiscalisés ou risqués, la priorité est d’épuiser l’épargne réglementée restante. Elle combine le même triple avantage que le Livret A : capital garanti, liquidité totale et exonération fiscale. Deux livrets prennent le relais en premier.
Le LDDS, le prolongement naturel du Livret A
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) fonctionne exactement comme le Livret A : même taux de 1,5 %, même exonération, fonds disponibles à tout moment. Son plafond est de 12 000 €. En cumulant Livret A et LDDS pleins, vous placez donc jusqu’à 34 950 € en épargne réglementée totalement défiscalisée. Si vous n’en avez pas encore, il s’ouvre dans n’importe quelle banque.
Pour un couple, l’enveloppe double : chaque membre détient ses propres livrets, soit potentiellement 2 Livrets A et 2 LDDS, et jusqu’à 69 900 € placés sans risque ni fiscalité avant même de regarder ailleurs.

Le LEP, le mieux rémunéré — si vous y êtes éligible
Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) affiche le meilleur taux garanti du marché réglementé : 2,5 % net, soit un point de plus que le Livret A, pour un plafond de 10 000 €. Au plafond, il rapporte environ 250 € par an, contre 150 € pour la même somme sur un Livret A. Son seul frein est une condition de revenus : il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain seuil.
Beaucoup de Français éligibles n’ont pas ouvert leur LEP alors qu’ils y ont droit. Si c’est votre cas, c’est la première solution à activer avant même de saturer votre Livret A, puisque son rendement est supérieur.
Conditions de revenus pour le LEP en 2026 (métropole). Le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser 23 028 € pour une personne seule (1 part), 35 326 € pour un couple (2 parts) et 47 624 € pour un couple avec deux enfants (3 parts). La banque vérifie le revenu fiscal de référence de l’année N-2 ou N-1. Un seul LEP par personne, deux au maximum par foyer.
Source : Service-Public.fr — plafonds de revenus du LEP 2026Avant d’investir, sécurisez votre épargne de précaution
Atteindre le plafond du Livret A ne signifie pas qu’il faut tout investir ailleurs. La règle de base reste de conserver une épargne de précaution équivalente à trois à six mois de dépenses courantes, immédiatement disponible pour les imprévus. C’est le rôle des livrets : un coussin liquide, pas un moteur de rendement.
Une fois ce matelas constitué, seul le surplus a vocation à partir vers des placements moins liquides ou plus risqués. Investir de l’argent dont vous pourriez avoir besoin à court terme dans un support bloqué ou volatil est l’erreur la plus fréquente à ce stade.
⚠️ Erreur fréquente
Ne placez jamais votre épargne de précaution sur un support à capital non garanti (actions, SCPI, unités de compte) ou bloqué (compte à terme) pour quelques dixièmes de point de rendement supplémentaires. Conservez d’abord l’équivalent de trois à six mois de dépenses sur vos livrets avant d’investir le reste.
Où placer le surplus au-delà des livrets
Au-delà de l’épargne réglementée, le bon support dépend de votre horizon de placement et de votre tolérance au risque. Plus vous acceptez d’immobiliser votre argent longtemps, plus le rendement potentiel monte — au prix d’une disponibilité et d’une sécurité moindres.
Court terme : super-livrets et comptes à terme
Les super-livrets (ou livrets boostés) affichent des taux promotionnels de 4 % à 5 % brut, mais seulement sur 2 à 4 mois ; ensuite, le taux de base retombe souvent autour de 1 à 1,6 %. Surtout, leurs intérêts sont fiscalisés : la flat tax de 31,4 % s’applique en 2026. Sur une année complète, leur rendement net dépasse rarement de beaucoup celui du Livret A — il faut au moins 2,19 % brut sur l’année pour faire mieux.
Le compte à terme verrouille au contraire un taux fixe garanti (de l’ordre de 2,4 % brut sur les durées longues début 2026) en échange d’un blocage des fonds sur une durée définie. Il est pertinent pour une somme dont vous n’aurez pas besoin avant l’échéance, dans un contexte où les taux ont plutôt tendance à baisser.
⚠️ Point de vigilance
Ne vous fiez pas au taux promotionnel affiché en gros sur un super-livret : seul le rendement net après fiscalité sur l’année complète compte. Un taux boosté de 5 % brut sur 2 mois ne pèse que quelques semaines dans l’année. Comparez toujours en net, et attention au calcul des intérêts par quinzaine, qui peut amputer le rendement d’un versement mal calé dans le mois.
Moyen et long terme : l’assurance-vie en fonds euros
Pour une épargne destinée au moyen et long terme, l’assurance-vie en fonds euros est redevenue compétitive. Son rendement moyen a atteint 2,65 % en 2025 selon l’ACPR, net de frais de gestion, soit nettement plus que le Livret A. Le fonds euros bénéficie d’une garantie en capital grâce au mécanisme de cliquet : le rendement servi chaque année est définitivement acquis.
L’assurance-vie conserve aussi un avantage fiscal : ses prélèvements sociaux restent à 17,2 % en 2026, alors qu’ils montent à 18,6 % sur la plupart des autres placements financiers. Après 8 ans de détention, les rachats bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple). Pour viser davantage de rendement, le contrat peut intégrer des unités de compte, mais celles-ci ne garantissent pas le capital et sont soumises aux fluctuations des marchés.
Long terme et recherche de rendement : SCPI, PEA, ETF
Pour un horizon de 8 ans et plus et une acceptation du risque, les supports investis en immobilier ou en actions offrent un potentiel supérieur. Les SCPI ont distribué un rendement moyen de 4,91 % en 2025 selon l’ASPIM, mais leur capital n’est pas garanti : le prix moyen des parts a reculé de 3,45 % sur l’année, ramenant la performance globale réelle à +1,46 %. La liquidité n’est pas assurée et l’horizon recommandé est d’au moins 8 à 10 ans.
Le PEA et les ETF permettent d’investir en actions avec une fiscalité avantageuse après 5 ans pour le PEA. Le potentiel de rendement est le plus élevé, mais les investissements en actions comportent un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ces supports n’ont de sens que pour la part de votre épargne que vous pouvez laisser investie longtemps, sans y toucher.
La fiscalité à connaître avant de choisir
C’est souvent la fiscalité qui départage deux placements. Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) sont totalement exonérés. À l’inverse, les livrets bancaires, comptes à terme et la plupart des revenus de placements subissent la flat tax, dont le taux a augmenté en 2026.
Cette hausse rend l’écart entre un taux brut et un taux net plus important qu’avant. Un super-livret à 4 % brut ne rapporte donc qu’environ 2,74 % net, à comparer au 1,5 % entièrement net du Livret A. C’est ce calcul, et non le pourcentage affiché, qui doit guider votre choix.
Flat tax 2026. Les livrets bancaires et comptes à terme sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), après la hausse de la CSG au 1er janvier 2026. L’assurance-vie et les revenus fonciers font exception : leurs prélèvements sociaux restent à 17,2 %. L’épargne réglementée demeure totalement exonérée.
Source : Service-Public.fr — fiscalité des placements financiersConstruire votre stratégie selon votre profil
La logique la plus solide est celle de la pyramide d’épargne, par couches successives. À la base, l’épargne de précaution liquide et garantie : Livret A, LDDS, LEP. Au-dessus, les projets à 1-3 ans : comptes à terme, super-livrets bien calés. Plus haut, les projets à plus de 3-8 ans : assurance-vie en fonds euros. Au sommet, la part la plus risquée pour le long terme : unités de compte, SCPI, PEA.
Chaque produit joue alors un rôle distinct, et vous évitez l’erreur classique consistant à tout laisser dormir sur des livrets au plafond — ou, à l’inverse, à investir en bourse de l’argent dont vous aurez besoin dans six mois. L’objectif n’est pas de choisir un placement, mais de répartir intelligemment.

Dans ma propre organisation, je traite le Livret A et le LDDS comme une simple trésorerie de précaution, jamais comme un placement de rendement. Un détail que beaucoup ignorent : les intérêts des livrets se calculent par quinzaine. Un versement effectué le 16 du mois ne commence à produire des intérêts que le 1er du mois suivant. Verser avant le 15 (ou avant le 30) plutôt qu’après peut représenter quelques dizaines d’euros par an sur des montants élevés.
Questions fréquentes
Peut-on dépasser le plafond de 22 950 € grâce aux intérêts ?
Oui. Le plafond ne concerne que vos versements. Les intérêts crédités chaque année s’ajoutent au capital et peuvent porter le solde au-delà de 22 950 € sans pénalité. Vous ne pourrez simplement plus effectuer de nouveaux dépôts tant que le solde reste au-dessus du plafond.
Le plafond du Livret A va-t-il être relevé en 2026 ?
Aucune mesure officielle ne prévoit de relèvement du plafond en 2026. Il est inchangé depuis octobre 2012, à 22 950 €. Des discussions reviennent régulièrement sur un éventuel relèvement vers 25 000 ou 30 000 €, mais aucune n’a abouti à ce jour.
Peut-on détenir deux Livrets A ?
Non, une même personne ne peut détenir qu’un seul Livret A, toutes banques confondues. En revanche, il n’y a aucune limite au niveau du foyer : chaque membre d’un couple peut avoir le sien, et un livret peut être ouvert pour chaque enfant, ce qui multiplie le plafond familial.
Faut-il fermer son Livret A si le taux est bas ?
Non. Même à 1,5 %, le Livret A reste la base de votre épargne de sécurité : liquide, garanti, sans fiscalité. L’enjeu n’est pas de le fermer, mais de ne pas y laisser dormir une somme supérieure à votre besoin de précaution, et d’orienter le surplus vers des placements adaptés à votre horizon.
Sources
- Service-Public.fr — Baisse des taux du Livret A et du LEP au 1er février 2026
- Service-Public.fr — Livret d’épargne populaire (LEP) : conditions et plafonds 2026
- economie.gouv.fr — Tout savoir sur les produits d’épargne réglementée
- ASPIM — Taux de distribution des SCPI 2025
- ACPR — Rendement moyen des fonds en euros 2025 (2,65 %)
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Les placements en unités de compte, SCPI et actions comportent un risque de perte en capital. Avant toute décision, il peut être utile de consulter un professionnel agréé.


